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même temps il établissait trois camps, en Flandre, sur la Sarre et en Franche-Comté. L'Empereur ne fut pas dupe de ces offres inquiétantes : si Ton ne pouvait prouver Ten tente de Louis XIV avec la Porte, le roi avouait hautement celle qu'il entretenait avec Tœkœli et les mécontents de Hongrie. Léopold préféra solliciter le secours du roi de Pologne. Vainement Louis XIV fit ses efforts pour retenir Sobieski, lui rappelant, avec une sagacité prophétique, que les vrais ennemis de la Pologne étaient TAutriche, le Brandebourg et la Moscovie (les trois co-partageants de 1772). Sobieski, entraîné par Tesprit de croisade, persuadé par la cour de Rome, fit alliance avec l'Empereur et se hâta d*opérer sa jonction avec le duc de Lorraine *. Le 9 septembre, .on émissaire de Starhembei^, traversant le Danube à la nage, apportait au duc ce messagç désespéré : « Il n*y a plus un moment à perdre. » Le il, l'armée de secours, où figuraient les margraves de Bade, le prince de Savoie, les princes électoraux de Bavière et de Saxe, les ducs d'Eisenach, Lauenbourg, Holstein, Wurtemberg, Brunswick-Lûnebourget six maréchaux d*Empire, prit position sur le Kahlenberg.
Au matin du 12 septembre 1683, Sobieski fit célébrer l'office divin à un autel élevé sur le Leopoldsberg, servit lui-même la messe et arma son fils chevalier. Puis l'armée chrétienne assaillit le camp du grand-vizir. Ce fut surtout la ciiarge de Sobieski et de sa cavalerie polonaise qui décida la victoire. •10 000 Turcs restèrent sur le champ de bataille, avec 300 canons, 5000 tentes, entre autres celle du grand-vizir, avec d'immenses richesses, et tous les drapeaux, sauf l'Etendard du Prophète.
Ainsi s'évanouirent les rêves de conquête caressés par le grand-vizir. S'il eût consenti à donner l'assaut avant l'arrivée de l'armée de secours, Vienne eût été emportée; mais il réprima l'ardeur des janissaires, parce qu'il voulait les frustrer du butin et se le réserver tout entier. Vaincu, il fit une retraite désordonnée sur Raab, puis sur Bude. Au passage du Danube, près de Parkany, il fut assailli par les Polonais et perdit 9200 hommes (9 octobre). Sobieski, le serrant de près, surprit