‹ Histoire générale du IV siècle á nos joursChapitre 129 sur 167 · Voir ci-flessotis, l. VU, chap. vi (Vlndoustan · texte numérisé non relu

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//. — Organisation de Vampire mongol.

Caractères du gouvernement mongol. — Les Mongols, en réalité des Turcs, avaient conquis Tlndoustan comme lef Turcs ottomans avaient conquis l'Europe du Sud-Est. Le problème de gouvernement sur le pays conquis était encore plus ardu pour ceux-là que pour ceux-ci. La péninsule indoue a^'ùt une superficie et une population décuples de celles que présentait aux Ottomans la péninsule des Balkans. Les Ottomans étaient, par rapport à leurs sujets chrétiens, dans la proportion d*un contre dix; les Mongols et les autres musulmans de rinde étaient, par rapport aux païens, dans la proportion d un contre deux cents. Ce qu'avait pu se permettre le Grand-Turc envers ses sujets non-musulmans était donc interdit au Grand- Mogol. Celui-là put s'emparer des plus belles églises chr^ tiennes, empêcher la construction de nouveaux sanctuaires, interdire le son des cloches et les autres manifestations extérieures du culte : celui de Dehli ne put usurper une seule pagode, ni mettre un frein aux constructions nouvelles, ni réduire le pullulement des brahmanes, pandous, moines, fakirs, courtisanes sacrées, ni s'opposer aux cérémonies imposantes dos Kallrs et aux pèlerinages colossaux. II ne songea mt^me pas. coinnu» tirent les Anglais, à prohiber les pratiques les plus barbants (»l les plus répugnantes à sa foi de nuisulnian, les >/////< des veuves, les pénitences féroces, les meurtres et les suicides pieux, les écrasements sous le char de Vichnou, les sacrilices buniîiins dans les repaires des Négritos, les infanticides des nobles l{a(lj|)outes, l'abandon des cadavres aux tlots du Ganj^ et à la gueule d(\s crocodiles. A p(Mne savait-il ce <iui se passait dans les chî\teaux forts du Hadjpoutaiia et dans les cantons montagneux du Gondouana. Il ne put frapper ses sujets ni de la loi (le saug (lu Devvln'trmc, ni, sauf à partir d'Aureng-Zob, J(' riiumilianle (capitulation du HJézffe/i. Le Hadjpoutana, le Pendjal». I(î Malva, le Hérar, le Dekkan lui étaient beaucoup inoins soninis (pic ne le furent au (rrand-Tuir la Mor('»e, les pays serl)(^.

ORGANISATION DE L'EMPIRë MONGOL 879

albanais, bulgares, et même les Roumanies. Dans sa capilale, sa cour musulmane élait comme submergée dans la grouillante multitude de la plèbe indoue. Le Padishah de Stamboul pouvait sévir contre les chiites; celui de Dehli élait forcé de vivre avec les Persans hérétiques qui recrutaient son armée, son état-major, lui donnèrent ses plus belles victoires, lui fournirent ses poètes, ses architectes et ses artistes.

L*homme de sang turc, qui, à Constantinople, restait un musulman convaincu et un scrupuleux orthodoxe, perdit à Dehli sa rudesse originelle, son fanatisme, presque sa foi, el, sous Tinfluence du climat et du milieu social, tendit à devenir un Indou. Il prit goût à la vie molle, aux étoffes légères, à tout le luxe, à, toute la luxure de Tlnde. Son sang même se modifia : les femmes hérétiques de la Perse et païennes de Tlnde peuplèrent le harem impérial; les empereurs Djâhan-Gir, Shah-Djahan, Shah-Alam, sont fils de princesses radj pontes, et, par leurs mères, arrière-petits-fîls de la Lune ou du Soleil. Pour les religions de leurs peuples, non-seulement ils durent être tolérants, mais ils manifestèrent de la curiosité ou de Tinclination, comme Akbar, comme Shah-Djahan, comme les fils aînés de celui-ci. Sans la réaction puritaine d*Aureng-Zeb, la dynastie» régnante se serait peut-être indoin'sée de religion comme de mœurs. Malgré tout, le Grand-Mogol, s'il accepte ses sujets, n'est point accepté par eux. Comme l'a bien remarqué Bcrnior, il reste dans Tlnde « un étranger ». Son pouvoir ne peut se maintenir que par la force des armes. Et môme cette force militaire lui est en grande partie procurée, comme elle lest aujourd'hui aux Anglais, par ses sujets ou vassaux non-musulmans. L empire ne put durer quand le sabre des Radjpoutcs lui fît défaut et quand celui des Mahrattes se tourna contre lui.

Pouvoir de l'empereur mongol. — L autorité du Grand- Mogol était despotique par toutes ses origines : par le fait de la conquête, par la tradition turque, parla tradition des anciennes royautés du pays. Elle n'avait pas même celte limitation que le pouvoir du Grand-Turc trouvait dans l'autorité du corps des oulémas et dans les fèlouas du grand-moufti : le confrère de celui-ci dans Tlnde, le ('(ider-djdhnn, semble n'avoir jamais cii

d'influence. Le despotisme du souverain n*est pas non plus tempéré par Topinion musulmane du peuple de sa capitale, puisque celui-ci est en immense majorité païen. Ce qu*élail le peuple d'une capitale indoue, Bernier nous le montre assez clairement : c'est une plèbe qui ne vit que par les dépenses de la cour et de Tarmée, un peuple de fournisseurs, tout prêt à émigrer avec le souverain et qui, dans les grands déplacements de la cour, encombre le camp impérial de 3 ou 400 000 suivants. Donc rien ne fait obstacle aux volontés les plus déraisonnables du prince : rien que les conspirations de la cour, la trahison des ministres, les révoltes de Tarmée» des grands, des provinces. Son pouvoir est une question de force.

La noblesse d'empire; le régime des terres. — La noblesse indigène existait par elle-même, car elle tenait au vieux sol indou, par les châteaux forts des radjas, nominalement subordonnés aux gouverneurs musulmans, mais vrais rois de droit divin pour leurs sujets. Il n'en était pas ainsi de la noblesse musulmane, noblesse de fonctionnaires et de pensionnés, pure création de la faveur impériale et toute viagère : on voyait des fils d'émir et de vizir mendier leur pain, s'engager comme rouzindars ou soldats payés à la journée.

Cependant il se constitua une sorte d'aristocratie terrienne, en partie musulmane, sous les noms de zemindars ou talukdan, de mansahdars ou djagulrdars. Ceux-là ont une origine de finance: ceux-ci, une origine militaire.

Pour la perception de l'impôt foncier le même problème s'esl posé pour les Mongols et plus lard pour les Anglais. II élail entendu que Tunique propriétaire de toute terre, c'était l'empereur, et que tout occupant, paysan ou seigneur, tenait de lui: d'où son droit de percevoir Timpôt foncier. Mais qui devait-on charger de la perception? On eût pu s'adresser directement au ra'ia ou cultivateur : d'autant plus que les paysans indous onl toujours été constitues en communes rurales, administrées par un pendjaijat, ou conseil de cinq membres élus; que le sol était possédé non par l'individu, mais par la communauté; cl que, par conséquent, le frouvernement se trouvait en présence d'une communauté solidairement responsable. La perception

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