PROGRES DES RUSSES EN EXTREME-ORIENT
lèrent Texislence d'un grand neuve, qui n'était autre que rAmour (1636). Deux ans plus tard, Perfilief, chef des Kosaks d*Iéni$éisk, ayant avec 36 hommes exploré la Vitim, affluent do la Lena, rapporta des renseignements plus complets sur le grand fleuve. Aussi le voïévode de Iakoutsk, Golovine, dirigeal-il d'autres expéditions vers l'Amour : la première fut menée par Bakhtéïarof ; la plus importante eut pour chef Vassili Poïarkof (1643-1646), qui a l'honneur d'être le premier Russe qui ait navigué sur l'Amour depuis son confluent avec la Zéïa jusqu'à son embouchure. De nouvelles explorations sont conduites par Grégori Vyjivtsof, Ivan Kvashnine et Vassili lourief. Enfin, en 1648, Khabarof, à la tôte d'une compagnie, descend la Lena, remonte avec difficulté l'OIekma, et ayant, en 1650, franchi les monts Stanovoï, pénètre dans le bassin de l'Amour. Il construit une série de forts sur les bords du fleuve, entre autres celui qui est devenu célèbre sous le nom d'Albasine. Son compagnon Stépanof descendit le fleuve, hiverna à l'embouchure du Shingal (Soungari Oula), qu'il remonta pour la première fois (20 mai 1654). Après trois jours de navigation à la voile, Stépanof rencontra un nombreux corps chinois, qui, après un combat, l'obligèrent à se replier sur l'Amour. Cette môme année, fut construit à l'embouchure de la Koumara, le fort de Komarski. Cependant Athanase Pachkof, voïévoJe d'Iéniséisk, conduit 300 Kosaks par l'Angara, leBaïkaletlaSélenga, et fonde Nertchinsk (1658), au confluent de la Chilka et de la Nertcha. De là, il dépêche à Stépanof des courriers qui apprennent que ce dernier, avec 200 Kosaks, vient d'être tué par les Chinois, à l'embouchure du Soungari, que les Russes sont par suite obligés d'abandonner. La ville d'Albasine devenait de jour en jour plus importante. Aussi reçut-elle un gouverneur en 1672, Nicolas Tchernigovski, un Polonais, nommé par le voïévode de Nertchinsk. Peu de temps après elle fut élevée au rang d'un voïévodat et reçut des armes particulières. Les gens d'Albasine, par leurs incursions sur son territoire, ne tardèrent pas à donner des craintes à l'empereur chinois. Des relations s'étaient d'ailleurs déjà établies entre les deux peuples : en 1653, une mission auprès du Fils du
Ciel ayait été cènBée i Féodor IsakoTÎch Bidkof. Phu lui une nouTelle ambassade Ait dirigée par Nicolas Spatar Ideioi, qui, i son retour de Péking en i678t avertit les gens d^AlW sine du dang^ qu*ils couraient ft continuer leurs d^fédatûm^ et de TintérM qu'ils avaient i Tivre en bons termes avec levi puissants voisins.
Sièges d'AUMustns : tnité 4^ HertrtMmilr, — Us m tinrent aucun compte de ces sages avis. Aussi, en juin 168S, 15000 Chinois, avec 180 pièces d*artillerie de CMApagne et 50 pièces d*artillerie de siège, vinrent-ils mettre le diège dertat leur ville. La garnison, commandée par Alexis Tolbosnas, se comprenait que 450 hommes avec 3 Jbouches à feu jseukmeiil, 300 mousquets et presque pas de munitions. Dm» ces cosdilions, Fouverture du feu, le 13 juin 1685, devait être UsalM suivie d une capitulation. Séduits par les offres des Chinois, 25 Kosaks passèrent â kur service. Parmi eux, le prêtre Maine LéonUef, qui, quelque temps après, jeta les ffondatJMim d*ime chapelle russe i Péking, et fut le 4Mréateur de la m^mon eedé* siMtique russe dans cette capital«^
Tolbousine fit retraite sur Nertchinsk. L*année auinysts, il revint avec les AUtasiniens exilés et 200 Kosaks commsadéi par rAllemand Beïton. En juillet i686, 8000 Chinois reparurent avec 40 bouches à feu; leur assaut fut repoussé (i^ septembre); le même mois, Tolbousine était emporté par un boulet et remplacé dans le commandement par Beïton. En novembre, le siège était transformé en blocus.. Heureusement pour la petite garnison, décimée par le scorbut, les Chinois, sur Tannonce qu'il arrivait un plénipotentiaire russe, levèrent le siège et se retirèrent à Aïgoun (30 août 1687).
Le 21 juillet 1689, entrèrent à Nertchinsk les plénipotentiaires chinois, accompagnés d'interprètes, Jean-François Gerbillon, Français, et Thomas Pereira, Portugais, tous deux jésuites de la mission de Péking. Les plénipotentiaires russes, Féodor Alexievitch Golovine et Ivan Eustafiévich Vlassof, parurent le 10 août. Un traité en six articles, en mandchou, russe et latin, fut signé le 27 août. Il délimitait les frontières des deux pays et stipulait la destruction d'Albasine. En effet, Tarticle 3 est