I. Voir ri-(.lessiis, l. V, p
ralliancc française les cinq nations des Iroquois. Rappelé en 1680, il fut rétabli, en 1688, comme gouverneur de New- York et de la Nouvelle-Angleterre. Mais, Tannée suivante, tandis que les Bostoniens mettaient Andros en prison, les New-Yorkais chassèrent Nicholson, son lieutenant. Le chef des insurgés, Leisler, s'empara du fort et proclama roi Guillaume d'Orange. Leisler défendit mal la colonie contre Frontenac et ne sut pas non plus faire accepter sa dictature à New- York même. Il s'engagea dans une série d'illégalités et fit couler le sang. En 1691, il lui fallut pourtant se rendre à Sloughter, nommé gouverneur depuis un an par le roi d'Angleterre. Accusé de trahison et de meurtre, il fut déclaré coupable, condamné à mort et exécuté. Il devint alors martyr, et la population se divisa sur son nom en deux partis dont la persistante animosité est un des traits saillants de l'histoire ultérieure de la province.
Fletcher apporta d'Angleterre les institutions qui devaient régir la colonie de New- York comme province royale jusqu'à la révolution : une assemblée élue par le peuple, le gouverneur et les membres du conseil nommés par le roi, les lois votées par l'assemblée, sanctionnées par le gouverneur et soumises à l'approbation de la couronne, etc.
Fletcher, préoccupé avant tout de s'enrichir, s'entendait avec les pirates qui infestaient les côtes, leur vendant des licences et partageant leur butin ; il fermait aux mêmes conditions les yeux sur la contrebande qui s'exerçait, fort active, à New- York. Bellamont (1698-1701) remit un peu d'ordre dans la perception du revenu et supprima la piraterie. Des luttes éclatèrent entre les partisans et les adversaires de Leisler. Les premiers l'emportèrent, mais le nouveau gouverneur, lord Cornbury, fils aîné du comte de Glarendon et cousin de la reine, se jeta dans les bras des anti-leisleriens. On avait donné à ce personnage une colonie à gouverner parce qu'il était criblé de dettes ; ses exac lions forcèrent l'assemblée à nommer un trésorier pour contrôler les dépenses. Cornbury vendit à vil prix d'énormes concessions de terres inoccupées et contribua ainsi à former de vastes latifundia, au grand détriment de l'agriculture et de l'immigration. Entre autres instructions, il avait apporté celle de ne laisser
942 L'AMiRIQUE
sud. De 4720 i 1129 une révolutio'^ ^ Uvre ni écrit. Il finit
vernemenl des propriétaires ; les ^ ^«^ ï« rappeler (1109 j
vinces royales. *® ^^ New-York comptail
Le groupe du centre r ^3* 0*®' ^^"^ *^ »^^^
sylvanie, Delaware). ^«» puritains et par des qm-
nies du Noni et du Sud -™^»' P*^ ^®s quakers, au dèkl
Le New-York était * «isule comprise entre la baie de veaux Pays-Bas ' >elaware, morceau des nouveaux Pays-
d'York. L'établir *^^^^ ^^'^^ ^® reste par Charles II au duc s'eiFectua aa&' *' avant même d*en avoir pris possession, \a aux Hollairf /i^) ^ ^^^^ ^^^ propriétaires futurs de la Caroline, ne iBm-i'y:^)' ^^ ^^^ Geoi^s Carteret; elle reçut le nom de n leU^ y^, parce que Berkeley, pendant la guerre civile, avait eM^' ./J^'/ie de Jersey contre le Long Parlement. Les propriés.^" ^'^Uirèrent les colons par Tappftt de lois si libérales que
^migrants, une fois établis, et en nombre, prirent goût au ^^vemmenl et rejetèrent toute autorité des maîtres de la grince. Berkeley, découragé, vendit sa part à une compagnie ^ quakers où William Penn était intéressé et qui envoya des gens de la secte fonder Salem et Burlington sur la rive orientale du Delaware (1677). Barclay, un quaker d^Ecosse, fut nommé gouverneur à vie du New-Jersey oriental. Il ne visita jamais sa province et se contenta de donner, par ses écrits, une rertaine impulsion au courant d*émigration qui, à partir <le 1682, emporta un grand nombre d'Ecossais vers rAmérique. Les derniers propriétaires se décidèrent, en 1702, à abandonner leurs pouvoirs de gouvernement sur le New-Jersey, qui devint province royale. La colonie contenait environ 1 5 000 habitants, chiffre qui s'accrut lentement. De 1702 à 1738, le New- Jersey eut les mêmes gouverneurs que le New- York.
Le nom de William Penn est indissolublement lié à celui de la Ponsylvanie, dont il fui le colonisateur. Barclay élait le litléraleur de la secte des quakers; William Penn en fut Taisent el 11* défenseur attitré, très en faveur à la cour de Charles H. Comme la couronne devait 16 000 livres au père de William, (|ui avait conquis la Jamaïque sous Cromwell, Charles II donna au (ils en paiement (1682) le pays situé à Touest du fleuve Delà-
L'âMÉRIQUE française 945
ware, entre les colonies de New- York au nord et du Maryland au sud. Penn visita sa propriété, y installa quelques milliers de ses coreligionnaires et fonda pour eux la ville de Philadelphie, au conQuent du Schuylkill et du Delaware. La région située à Touest du Qeuve, sur la partie supérieure de son cours, fut appelée Pensylvanie. La péninsule limitée à Test par le Delaware et à Touest par la baie de Ghesapeake appartenait pour sa moitié occidentale (du nord au sud) au Maryland : Penn revendiqua la côte orientale où se trouvaient les anciens établissements suédois et l'organisa en gouvernement séparé sous le nom de comtés du Bas-Delaware. Ces comtés constituèrent
une province distincte, plus tard le petit Etat du Delaware. Penn dota la Pensylvanie d'institutions très libérales, ne se réservant que des redevances annuelles pour ses terres. Les Indiens de cette région étaient peu nombreux et pacifiques; les quakers les traitèrent avec humanité. La colonie prospéra très vite par le commerce et Tagriculture. Des Allemands affluèrent à Philadelphie, se répandant de là dans les belles et riches vallées des affluents du Susquehannah. En 1715, la Pensylvanie avait déjà, avec le bas-Delaware, plus de 45 000 habitants.
///. — L'Amérique française.
Le Canada : paix avec les Iroquois (1666). — Encore sous le gouvernement de d'Avaugour (1661-1663), les colons fran(;ais du Canada, toujours en si petit nombre, ne jouissaient d'aucune sécurité. Les Iroquois venaient massacrer ou capturer des Hurons jusque sous les murs du château. Ils prirent le fort Richelieu, pénétrèrent dans Montréal. Louis XIV décida en 1663, après le rappel de d'Avaugour, et sur le rapport d'un commissaire royal délégué dans la Nouvelle-France, de retirer à la compagnie des Cent associés la concession du Canada, qu'elle était incapable de coloniser*. Le Canada entra dans le domaine royal. Les temps légendaires de la colonie étaient finis.
I. Il n'y avait encore en 1G03 que 2500 Fran(;ais au Canada. Voir ci-dessus, l. V, I». y»il.
Histoire générale. VI. 60
Déil'tiiissMiËe pogrlèrMit 0a Amérique le oouiiMitgomiraMtf, de Mésy, et l'évèçtie dé Pétr^, FfUQois de htiMÊiMoÊaat^ rency. Ce jnrékit, 'qpll avait défà fiit i«ppelw dVkMngwr, te lynereUa UmitAt ausi Mee Ifèiy^* Le gevfèfiMiir nîMtrt (f M), dors ^ela eour aUait I(» «appeler* CoUb^, résite t i*M(Sii|er sérieusemest d*tta établisseiDcnt ealomal dimt ei^ w tiiiit aiieua parti depuis dnquante ams y eAvaya^ une ittnilieD «drad^naire : iia Ticê-roi, lé'ittavqiiis de Tracyç «i gaa^fefMwr, de Cearcelles ; an intendant^ leui Talon. Lom^e la irieenroi fit iod entrée à Québec, la vue des 9 i .600 liesiniee de troupes ^*9 amenait réjouit le cœur des edons; Oa^ sourit ai^fomd'M ea Usant que M. de Tracy marehaUprteédéde â4 gwdosi 4e 4 fiies^ et entouré de nombreux olBeiers ricèêttient vêtue» itttf ^eetle pompe frappait dVidmiratiett les trttueuidienaes amieey Attons et Montagnais, el -de terreur les <PeausfBougos 'hostâBS* Les Itoquois se montrèMit moins audadeuz et eongèieol i demander la paix. Deux expéditions habilement dirigées eonbe leur pays (nordrouest de l'État de New«Tork), par la vim du lae Ghamplain, eurent raison de leurs dem^res résistances. Quatre villages furent brtite. Les Iroquois se déeiiterent i signer la paix (1666) : elle dura jusqu'en 1684.
Gouroelles et Talon. — Colbert avait eu Tidée de conférer à une compagnie nouvelle, dite des Indes Occidentales, tous les droits et privilèges qu'avait possédés au Canada Tancienne compagnie des Cent associes. L*intendant l'en détourna*, afio que les colons eussent plus de liberté pour le commerce. On vil, en 1668, jusqu'à onze navires dans la rade de Québec, chargé:» de marchandises du pays à destination de la France ou des Antilles.
L'intendant Talon rentra en France en 1667; Denis de Courcelles resta gouverneur jusqu'en 1672. Talon, en France, recommanda la conquête et l'occupation de la partie occidentale du (Canada, de la région des grands lacs, habitée par des tribus
1. • Si Sa Majeslé, écrivil-il, veut faire quelque chose du Canada, elle na rèussira qu'en le retirant des mains de la Com|)agnie des Indes-Orientales, et qu en y rendant le commerce libre, à Texclusion des seuls étrangers. Si, au contraire, elle ne regarde ce pays que comme un lieu propre à la traite des pelleteries el au débil de quelques denrées (fui sortent de son royaume, elle n'a qu'à le laisser comme il est pour le perdre. •
algonquines, acquises par les missionnaires à Talliance des Français. Les martyres subis par la plupart des fondateurs des missions huronnes ne découragèrent point leurs successeurs. Les PP. Gareau et Mesnard étaient morts sur les rives du lac Supérieur. Le P. Allouez leur succéda en 1665; il catéchisait des Illinois, même des Sioux. Les PP. Dablon, Marquette, Dreuillëres établirent au Sault-Sainte-Marie, débouché du lac Supérieur dans le lac Huron, une mission jésuite, qui devint bientôt un centre de voyages de découvertes dans TOuest. Talon, qui venait de rentrer au Canada après un séjour de trois années en France, où il avait en quelque sorte représenté officiellement la colonie, fut le principal instigateur de ce mouvement d'exploration. M. H. Lorin * dit avec raison que les années 1669-1672 comptent parmi les mieux remplies de Thistoire canadienne.
Premiers voyages de Gavelier de La SaUe . — Dès 1 669 , rintendant organisa vers le haut pays une expédition dont il donna la direction à un habitant de Québec, Jolliet : celui-ci n*alla cependant pas plus loin que Sault-Sainte-Marie. Mais, la môme année, s'engagea dans la direction du sud-ouest, sans subvention, sans attache officielle, un aventurier de vingt-six ans, le Rouennais Robert Gavelier, sieur de la Salle, établi récemment sur une concession, appelée la Chine, en amont de Montréal, et qu'il tenait des Sulpiciens. La Salle rôvait de découvrir à travers le continent américain un grand Qeuve se jetant dans la « mer du Sud » et arrosant les terres fertiles en métaux précieux de la Nouvelle-Espagne. Il vendit tous ses biens et partit avec deux Sulpiciens, qui l'abandonnèrent malade à l'ouest du lac Ontario. Il explora sans doute quelque peu de pays au sud du lac jusqu'à l'Ohio, et descendit peut-être une partie du cours de cette rivière. L'année suivante, on le trouve en relations avec l'intendant Talon, qui, organisant deux nouvelles expéditions dans l'Ouest, lui en confie une, donnant l'autre à Saint-Lusson. Il s'agissait, pour l'un comme pour l'autre, de « rechercher s'il y a par lacs ou rivières quelque communication avec la mer du Sud qui sépare le continent de la Chine ». Saint-Lusson se rendit
1. Le Comte de Frontenac, étude sur le Canada français à la lin ilu xvn* siècle.
à SauU-Sainte-Marie, accompagné d'un traitant, Nicolas Perrot, et y tint une grande réunion des chefs de tribus indigènes, le 4 juin 1671. Il vint des Indiens de quatorze nations, et on leur fit accepter d'une manière plus ou moins explicite la protection de la France. On recueillit là d'intéressantes informations sur le grand fleuve d'Occident. Quant à La Salle, on ne sait ce qu'il fit dans ce second voyage, îsur lequel les documents font autant défout que sur le premier. Il erra sans doute i^u sud des lacs, puis il lui fallut reconstituer ses ressources en vue d'expéditions nouvelles, et on le voit, en 1673, menant la vie de coureur des bois chez les Iroquois.
En 1671, Courcelles, voulant pousser les établissemenls français jusqu'au lac Ontario, remonta le Saint-Laurent et désigna l'emplacement où devait s'élever deux ans plus tard le fort de Frontenac. En 1671 encore on envoya le sieur de Saint-Simon à la baie d'Hudson, les Français ayant intérêt à s'établir avant les Anglais dans ces pays de grandes chasses. Saint-Simon remonta le Saguenay, atteignit la baie en 1672 et noua quelques relations avec les indigènes. Talon voulait fonder là un entrepôt de denrées pour les vaisseaux qui pourraient ultérieurement découvrir par: cet endroit la communication des deux mers du Nord et du Sud.
L'Acadie nous avait été rendue par la paix de Bréda (1667). Cet établissement n'avait que peu de rapports avec le Canada, dont le séparait une large zone de forêts. Les colons étaient bien peu nombreux : 373 habitants à Port-Royal, répartis en 68 familles, cultivant peu, vivant surtout de chasse et de pêche. Quelques Français, comme Saint-Castin, vivaient à la manière des indigènes, les Abénaquis, et au milieu d'eux, en seigneurs féodaux. Saint-Lusson alla visiter cette région isolée de toute communication. Colbert et Talon auraient voulu incorporer les colonies anglaises voisines du Canada; c'était déjà impossible. De môme on avait laissé échapper l'occasion d'acheter aux Hollandais la « Nouvelle-Hollande ». New-Amsterdam s'appelait maintenant New- York.
Le comte de Frontenac : sa politique. — Courcelles et Talon avaient accompli en huit ans une œuvre considérable; ils
auraient fait plus encore s'ils n'avaient été divisés par des dissentiments sérieux sur nombre de points. Lorsque Frontenac, successeur de Courcelles, vint prendre en 1672, à Québec, le gouvernement de la Nouvelle-France, Talon allait partir et aucun successeur ne lui était encore désigné; Tévôque était en France et ne songeait point à revenir de sitôt. Le nouveau gouverneur était donc le seul représentant du pouvoir, situation favorable pour un homme d'initiative.
Québec n'était encore qu'une très petite ville; Trois-Rivières et Montréal, deux bourgades; La Chine, un poste avancé; le long du fleuve, des fermes; à l'entrée du fleuve, Tadoussac, d'où l'on gagne les territoires de chasse du Nord ; sur le lac Champlain, une ou deux stations militaires; dans l'Ouest, les missions des Jésuites. « Autour de Québec, la région est agricole, les récoltes y sont sufflsantes. Mais la colonie est pauvre et les magasins du roi démunis. Les Jésuites sont un peu bien puissants. Frontenac, dans ses relations avec les indigènes, voudra avant tout propager l'influence française. Il n'aura garde de méconnaître ce que valent pour cette œuvre les prédications des missionnaires, mais il ne croira pas qu'il soit bon de conserver au Canada son caractère des années de début, celui d'une Marchcy où quelques Français, entraînés par des exercices de piété continuels, s'apprêteraient à porter les lumières de la religion à de malheureux infidèles. » (H. Lorin.) Le gouverneur a donc à combattre contre le clergé, qui a une autre conception que lui de la société canadienne; les Jésuites et l'évoque se* ligueront pour paralyser les efl'orts de sa politique.
Frontenac flt en 1673 une grande parade militaire au point où le Saint-Laurent sort du lac Ontario, et commença la construction d'un fort sur l'emplacement qu'avait désigné Courcelles. Il voulait en imposer aux Iroquois, dont les mouvements au début de l'année avaient paru menaçants. Il avait donc envoyé La Salle, revenu de ses courses au sud des lacs, inviter les chefs des cinq nations à venir saluer Onontio (le gouverneur) à l'embouchure de Catarocouy, lieu désigné pour la construction du fort. Le gouverneur reçut les délégués des Iroquois
950 L'AMÉRIftUl
en grande pompe, et en invita quelques-uns chaque jour à sa table. Ils se retirèrent charmés.
Le fort de Catarocouy fut appelé fort Frontenac. D s*éleTait sur une baie en amont des Milleiles, et il a lait place depuis i la ville de Kingston. Le commandement en fut confié i La Salle (1674), qui avait si bien réussi dans sa mission chez les Iroquois.
Lies explorations daiis l'Ouest : déeoaTU*te du IDsslsslpl. — Dès la fin de 1672, Frontenac reprit la tradition des explorations dans TOuest. Il chargea JoUiet, < déjà arrivé auprès de cette grande rivière, dont il promet de trouver rembonchure », de passer par le pays des Mascoutens (ouest du lac Hichigan) et de descendre la rivière Misêissipi qaon crmt se décharger dans la mer de Californie. Au Sault-Sainte-Marie, JoUiet s'adjoignit un jeune missionnaire jésuite, le P^ Marquette. Ils quittèrent Hichillimackinac (mai 1672), traversèrent le lac Miehigan, et la baie des Puants (Green Bay), remontèrent la rivière Fox et passèrent du bassin de ce cours d*éau dans celui du Wisconsin. Les Indiens refusèrent d'aUer plus loin, par crainte des Sioux. Sept jours de navigation portèrent enfin Jolliet et Marquette au Mississipi (17 juin)« Les barques d'écorce passèrent devant les embouchures des rivières Des Moines, Illinois, Missouri, Ohio, et ne s'arrêtèrent qu'au confluent de TArkansas. La preuve étant faite que le Mississipi se jetait daDs le golfe du Mexique, non dans celui de Californie, les deux explorateurs jugèrent inutile d'aller plus loin, dangereux même, car on pouvait tomber entre les mains des Espagnols, et perdre ainsi tous les fruits de la découverte. L'expédition remonta le Mississipi par TUlinois, et arriva à la fin de septembre à la baie des Puants. Marquette s'arrêta chez les Miamis et y mourut dans les premiers mois de 1674. Jolliet retourna seul à Québec porter l'heureuse nouvelle.
Troisième voyage de La SaUe : la Louisiane. — La Salle, le commandant du fort Frontenac (qui n'était encore qu'un fortin en bois entouré de palissades), se rendit en France pour solliciter la concession même du fort et des terres en dépendant. Il ofîrait, en échange, de rembourser les frais d'établissement, de faire défricher les terres, d'attirer des sau-
vages auprès des Français et d'assurer aux habitants le service du culte. Un arrêt du Conseil du roi, du 13 mai 167S, sur un rapport favorable de Colbert, accepta ces offres. L'arrêt ajoutait à la concession du fort des lettres de noblesse. De retour au Canada, La Salle désintéressa les entrepreneurs qui avaient construit et ravitaillé le fort, dépensa largement pour transformer Touvrage primitif en bois en un logis considérable avec cinq bastions en pierre de taille, attira des Indiens, fonda des villages, défricha, fît de l'agriculture et du commerce. Le gouverneur, chaque année, montait au fort pour y tenir une conférence où il convoquait les chef des Iroquois et des Outaouais, afin de maintenir entre ces tribus traditionnellement ennemies une paix nécessaire à la Nouvelle-France.
Cependant La Salle n'oubliait pas dans sa nouvelle fortune ses anciens projets de découverte d'un chemin à l'Ouest vers la Chine ou le golfe du Mexique. Il reçut au fort Frontenac des informations sur le voyage de Jolliet et la découverte du Mississipi. Son imagination s'enflamma. Laissant là son fort, ses champs, ses magasins, sa clientèle indigène, et muni de recommandations chaleureuses de Frontenac, il alla demander en France une commission royale pour l'achèvement de l'exploration du Mississipi (1677) et la seigneurie des terres qu'il découvrirait. Des lettres patentes du 12 mai 1678 lui accordèrent ce qu'il demandait, ainsi que le monopole des peaux de bison dans l'étendue de sa seigneurie. La Salle recueillit dans sa famille et parmi ses amis des ressources importantes. De retour à son fort en 1678, avec un collaborateur précieux, le chevalier Tonty, il hâta les préparatifs de son expédition. Au commencement de l'hiver, il se rendit au point où la rivière Niagara sort du lac Erié, fit élever un fort et construire, non loin de l'emplacement de Buffalo, une barque de soixante tonnes : le Griffon.
En août 1679, le Griffon mit à la voile, portant La Salle, Tonty, plusieurs récollets, dont le P. Hennepin, et une trentaine d'hommes, matelots ou ouvriers. La barque franchit les deux détroits qui font communiquer les lacs Erié et Huron,puis le détroit de Mackinac, entra dans le lac Michigan, et jeta l'ancre, après vingt jours de navigation, au fond do la baie des
952 ^^ ITAMBRIQUS
Puants, ayant tracé un parcours. qui est derenii 4'iuie des grandes voies commerciales des États*Unis.
Le Griffon fut renvoyé avec un chargement de foorrares; il devait rapporter des provisions. La Salle hiverna à rmohondiiirt du Saint-Joseph, puis passade cette rivière4MMJ'iindea«iBamb de rillinois, dont il descendit une partie du coar»« Le nH fort fut élevé, auquel on donna le nom de Grèvecœi^^ à cause de rinquiétude que provoquait l'absence de toute nouvelle da Griffon (janvier 1680). En mars, \a Salle n*y tint plus. Laissant Tonty à Crèvecœur, il partit à pied avec trois compagnons et traversa les futurs États de miinois, de l'Indiasa, de TOhio et de New-York. A Frontenac> il trouva ses affaire» fort en désordre. Le Griffon avait foit naufrage, au moins La Salle 4atle ^oire; le bruit de la mort de Texploraleur s'étant répandu» ses créanciers et ses commanditaires avaient fait saisir tos bieœi àQoébee et à Montréal; le fort était sous séquestre. Avec l'appoi du gouverneur général, La Salle put rétablir sa situation et préparer la continuation de son entreprise. En novembre, il arrivut de nouveau au sud du lac Miehigiuoi, avec des recrue» et d^ provisions. Mais il trouva le fort €rèvecœur abandonnée Hennepin avait descendu rillinois, remonté le Mississipi et r^icontré les Sioux qui le capturèrent et lui auraient peut-être fait un mauvais parli si Duluth, autre explorateur français, qui opérait à Touest du lac Supérieur, ne Tavait aidé et remis sur le chemin de Québec par le Sault-Sainte-Marie *. ïonty avait été attaqué par un parti d'Iroquois * et s'était enfui vers la baie des Puants.
Tant d'infortunes ne purent décourager La Salle. Il retourna encore à Frontenac chercher des hommes, des armes et des vivres, et nous le trouvons en décembre 1681 sur rillinois avec ïonty, qui avait rejoint son chef. La construct on d'une barque prit une partie de l'hiver. La petite troupe partit enfin, descendit l'illinois, entra le 6 février 1682 dans le Mississipi et suivit son cours jusqu'au golfe. Le 9 avril, La Salle prit solennellement possession du pays au nom du roi de France et le nomma
1. Il passa (Je là en France el publia en 1683 un récit de ses aventures.
2. A l'inslipalion peut-être des jésuites de la mission illinoise; c'est du moin> l'opinion de M. Lorin, Le Comte de Frontenac,
Louisiane en l'honneur de Louis XIV, alors à Tapogée de ses Iriomphes et de sa gloire. La Salle reprit le chemin du nord, érigea sur llllinois le fort Saint-Louis, où il laissa ïonty avec quelques hommes, et fut de retour au Canada au moment où Frontenac, rappelé (nov. 1682), quittait la colonie '.
Départ de Frontenac (1682). — Frontenac avait éprouvé dans le gouvernement intérieur de la colonie de grandes difficultés. Des oppositions incessantes, souvent mesquines, le poussaient à bout, lui faisant perdre le sang-froid et la modération; il exila plusieurs membres du conseil, renvoya en France le procureur général, et enfin s'engagea dans une querelle violente avec rintendant Dechesneau, que soutenait le parti ecclésiastique. Toute la société de Québec se divisa en deux camps : il y eut même des rixes dans les rues. Seignelay, qui venait de succéder à Colbert, prit le parti de rappeler à la fois le gouverneur et rintendant (1682). Le départ de Frontenac était un succès pour Tévêque de Québec.
Frontenac partait au moment où la Nouvelle-France eût eu le plus besoin d'avoir à sa tête un homme de valeur et d'énergie. Des ennemis menaçaient de toutes parts notre établissement. Les gens de Boston, pêcheurs de profession, pirates par occasion, unis à des corsaires des Antilles, pillaient Terre-Neuve et l'Acadie; plus tard, ils remonteront le Saint-Laurent pour assiéger Québec. Les gens de New-York, par la voie de l'Hudson, arrivaient au cœur du pays iroquois et vendaient aux « Cinq nations j> des armes, de l'alcool, d'autres marchandises européennes qui pénétraient jusque chez les Outaouais. Il ne venait de France aucun secours d'hommes ou d'argent. Aussi doit-on savoir gré à Frontenac d'avoir soutenu dans une pareille pénurie le prestige de la France sur un si vaste terriloire et surtout d'avoir préservé la colonie de toute guerre,, sans rien sacrifier de sa dignité. La suite des temps allait bien
1. Les documenls officiels conleniporains parlent à peine des expéditions de La Salle, qui ne sont connues que par les relations des exploraleurs, recueillies par Margry. On ne s'intéressait pas à. l'issue d'une entreprise si lointaine; on crut longtemps La Salle mort ou en fuite. M. Lorin croit que Frontenac n'apprit la découverte des bouches du Mississijà ijue sur le vaisseau qui le ramenait en France, par un récollet qui avait accompagné La Salle et devait rendra compte du voyage à la cour. f
prouver que le Canada n'avait pas les ressources nécessaires pour soutenir longtemps une guerre, fût-ce seulement contre les Indiens. La population du Canada était de 8000 habitants en 1615 et de 12 000 en 1682; en outre, un millier de sauvages vivaient avec les Français. On cultivait 25 000 arpents; la récolte était plus que suffisante pour 10 000 personnes, mais la Nouvelle- France n'avait pas de débouchés pour ses blés. Un incendie détruisit une partie de la ville basse de Québec quelque temps avant l'arrivée du nouveau gouverneur, Lefebvre de La Barre, et du nouvel intendant, de Meules (fin 1682).
Dernières années de La Salle (1688-1687). — Le nouveau gouverneur, occupé à distribuer des congés de traite à ses amis et à faire la traite pour son propre compte, abandonna La Salle et son œuvre aux jalousies des Jésuites et d'une coterie dont Duluth élait le chef. Après l'avoir évincé du fort Frontenac, il lui refusa des secours pour le fort Saint-Louis (1683), où il s'était confiné pour défendre les Illinois contre une attaque éventuelle des Iroquois. Bientôt on lui enleva même ce fort; une compagnie de quatorze traitants exploita le commerce dans le pays enlevé au découvreur; La Barre était intéressé dans l'entreprise. Les Récollets furent expulsés en même temps de leurs missions par les Jésuites.
La Salle se rendit alors en France; il fut bien reçu par Seignelay et complimenté par le roi; on décida de lui confier une expédition sur laquelle on garda quelque temps le secret. Il partit avec une frégate et trois autres bâtiments, portant cinq prêtres, douze gcnlilshomines, une centaine de soldats, des artisans et des laboureurs, en tout 280 personnes, et tout un chargement de provisions et d'instruments de travail. On allait coloniser la Louisiane (1684). Par malheur La Salle, dépassant l'embouchure du Mississipi, alla débarquer vers Touest (1685) sur un point de la côte du Texas. On explora en vain tout le pays; le Mississipi resta introuvable. Le désespoir et les maladies réduisirent à 36 le nombre des malheureux colons. La Salle prit avec lui (1687) 16 d'entre eux pour regagner le Canada par terre ^ Apres trois mois de courses dans ces déserts dont l'im-
I. Le (!ana«lion «rihervillo, plus heureux, alleignil remboucliure du floiivo
mensité conslitua la Louisiane, il mourut assassiné par ses compagnons.
La Barre : la guerre recommence avec les Iroquols (1684-1688). — L'altitude des Iroquois était depuis quelque temps menaçante. Peu de temps après son arrivée au Canada, La Barre convoqua une assemblée de notables pour délibérer sur la situation. La colonie pouvait fournir 1000 hommes, mais leur départ laissait les champs sans culture; il fut décidé de demander des secours à la métropole. En attendant, La Barre, pour amadouer les Iroquois, les autorisa à piller les canots français qui n'auraient point de passeport. Celte faiblesse répandit partout, chez les Iroquois comme chez nos alliés de rOuest, la conviclion que nous ne pouvions plus parler en maîtres. Les Iroquois, dans Thivcr de 1683 à 1684, étant devenus plus audacieux et plus insolents que jamais, La Barre, après bien des indécisions, se décida à leur faire la guerre.
Le ministère avait envoyé au Canada trois compagnies de troupes de marine, dont Tune commandée par le baron La Hontan, qui a laissé d'intéressants souvenirs de ses aventures et observations dans la Nouvelle-France. A Taide de ces troupes et de quelques centaines de miliciens, La Barre décida d'aller attaquer chez elle, au sud du lac Ontario, la tribu des Tsonnontouans, qui avait ouvert les hostilités. L'expédition partit en juillet 1684, et s'arrêta constamment dans sa marche, parce que La Barre voulait attendre les renforts du haut pays que lui amenaient Perrot et Du Luth. Le gouverneur, ayant perdu un temps précieux à Montréal, puis au fort Frontenac, vit sa troupe décimée par la maladie dans l'anse de la Famine, sur rOntario, et se décida à signer une paix par laquelle il abandonnait les Illinois aux Iroquois. Les auxiliaires du haut pays, arrivés enfin à Niagara, furent indignés à cette nouvelle, et l'impression fut telle au Canada et en France que la cour
(1609) et fonda le petit établissement de Biloxi, bientôt abandonné pour celui de Mobile (1702). Dès lors, missionnaires et marchands remontèrent ou descendirent le Mississipi, explorant les rives, fondant çà et là quelques établissements. Cependant la Louisiant^ après douze années, ne comptait encore que 300 habitants lorsqu'elle fut concédée (1712) avec un monopole commercial à Crozat, qui ne réussit pas. Voir, pour ces débuts de rétablissement de la Louisiane, ci-tlessous, t. VIL
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décida de rappeler La Barre (1685). On le remplapi ptr im colonel de dragons, le marquis de Denonville.
DononvUle. -^ D^ion^ille quitta la Roehdfe «tee m escadre portant cinq à six c^its soldats et œarini al «tita 4 Québec le l*' août C'était un officier brare et pieu* m^home dmide et dÀEiintAressé. n a^ait pour misûmi d*eii fittir an plu idte avec les Iroquois. Denonville défdoya dans les prépaialîii de rintelligence et de la Teneur. Tous 1m postes au haut pajt furent ravitaillés et des statiims nouvelle» étabiiest Tue i Détroit» Tautre à Niagara, pour fermer à Tminmiii k route dss lacs. A la fin de 1685, on pouvait disposw de 800 sold^ mivirôn et d'un millier de milid«is. Dix à douse xemgÊgAê de marine; commandé«i par Yaudreuil, anivteeet.eaetee dsas Tété de 1687. A cette époque, on était en mardie vèta k hc Ontario. L*intendant Ghampigny avec Favant-garde mcopa fe fort Frontenac, où il invita des diefs iroqums des tribus eaeoie indécises. Au milieu d'un festin, il les fit arrètw pus OMème à Québec, d où on les embarqua pour la France. GhampîgBy se fondait sur un ancien ordre de Louis XIV à La Barre, d» frire le plus de prisonniers qull pourrait si la goene édatrà avec les Indiens et de les expédier dans la métrop<^ pov le service des galères. Cette félonie révolta toutes les tribus iroquoises. Elles firent cause commune avec les Tsonnontouans, plus particulièrement menacés. Denonville brûla plusieurs villages de cette tribu, mais le seul résultat de la campagne fat la construction du fort de Niagara. Les Iroquois ne rêvèrent dès lors que vengeance et s*allièrent plus étroitement avec les Anglais de New- York. Denonville voulait recommencer une campagne Tannée suivante; il en fut empêché par Tétat de détresse extrême où cette année de guerre avait jeté la colonie, et il dut signer en 1688 une paix qui portait une réelle atteinte à notre prestige auprès des alliés indigènes.
La situation s*aggravait de jour en jour. Le gouverneur ne songeait plus qu'à la défensive; il abandonnait les forts de Niagara et Détroit; les Indiens alliés perdaient toute confiance en nous. Au milieu de 1689, les Iroquois, maîtres du haut cours du Saint-Laurent, massacrèrent les habitants du village
de la Chine et ravagèrent Tile de Montréal^ tuant deux cents colons et emmenant autant de prisonniers. Le gouverneur affolé alla jusqu*à donner Tordre d'évacuer le fort Frontenac.
Retour de Frontenac (1689). — La cour dut rappeler Denonville et le remplacer par Tex-gouverneur Frontenac, dont Taclivité ne paraissait subir aucune atteinte de Tâge. Comme la guerre de la Ligue d*Augsbourg avait commencé, Louis XIV ne put donner à Frontenac que deux frêles navires de guerre avec lesquels il eût été folie de songer à exécuter le plan formé, dans le cabinet du roi, d'une attaque combinée sur New- York par mer et contre les Iroquois par terre. Le gouverneur arriva à Montréal au moment où l'irruption de ces sauvages venait d'affoler tout le monde. Il rassura les alliés, et rétablit la discipline dans la petite armée. En quelques mois, la colonie se trouva en état de soutenir les hostilités même contre les colonies britanniques.
Les colonies d'Amérique entraînées dans les guerres d^Europe. — La partie semblait bien inégale. Les établissements anglais comptaient en 1G89 environ 200 000 habitants, dont la moitié au moins, il est vrai, vivant au sud du Potomac, ne prirent aucune part ni aucun intérêt à la guerre intercoloniale. Le Canada n'avait pas plus de 12 000 habitants, répartis dans les immenses solitudes qu'arrosait le Saint- Laurent; TAcadie ne possédait pas 3000 blancs. Cependant les Français avaient couvert de missions les rives des grands lacs, exploré le Mississipi depuis les chutes jusqu'à l'embouchure, les rivières ArVisconsin, Illinois, Ohio, tandis que les habitants des colonies anglaises en étaient encore à ignorer la partie haute de leurs principaux cours d'eau et ne s'étaient jamais aventurés au delà des montagnes limitant leurs domaines à l'ouest. Ces colonies, déjà si riches en hommes et en ressources de toutes sortes, devaient cependant payer cher leur illusion d'une facile conquête du Canada. La dévastation des villages sur les frontières, de grandes souffrances individuelles, l'appauvrissement des gouvernements provinciaux, tels allaient être les résultats des deux guerres intercoloniales : la première (1689-1697), qui fut
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arrêtée par U oanditsiea delà fait éef S^rviriek; IftiSaeottde» fÀ eolnddaa^ee là gtMim dela.suoeeiaion d*Eapi^[iie (ITM-ilÛ). ..Première gMov» Intareoloaial» (tW^tWT). — Dans raaaemUée générale des Indiens alliés tenue i MonMal en fwSki 469O/>Ff0nttoMc |MtfMNteb reine lee^olDna et laaiPtau* Ronges en éM de porter les armes* H y avait là 4900 fcomnias, prêts à se battra pour la colonial C'était tonte la fweedn CSaaada^ et déjà hmï des tmres tombaient en firidiet lee kommes maiq[uant |K>ar lesealtiier^ La disette faisait liansser le j^ix da Ué» et le Conseil dut taxer le paûu
Cette paurreté de ressourees ezpiiqne la iodUesae des efforts tentés de i600<à 1697. Frontenac dufcse eontenter çlaupie aani» de lancer des cdonnes irolantes dont Funiqne ttelM 4Éttt4a mettre à sao les établissements disséminés sur la limite oeci* dentale des colonies britanniques. C^ tristes easpédittona as pouvaimut «voir aocmi résoliat militaire sérieux et répandaiwt seulement dans rAmérique anglaise rhorreur du ueaai iiaa* fais. Une expédition du Massachus^s cmitie l'Aeadia etuae autre combinée entre la MbuT^e-Anglet^rre et le Henr^Teili furent des opérations de guerre d'un caractère plus régufier. La première n'aboutit qu'au pillage du ^hétit étaUiaaemant ds Port^Royal. La seconde, dont l'objectif était Montréal, vit son avant-garde repoussée, et le gros de la troupe arrêté par U variole. Pendant celle campagne stérile, le Bostonien Phips arrivait avec une trentaine de bateaux et 2000 hommes, par le Saint-Laurent, devant Québec (16 octobre 4690). Frontenac, prévenu à temps, était prêt. Après un bombardement peu efGcace, Phips dut se retirer, abandonnant quelques canons. Québec célébra par de joyeuses fêtes sa délivrance.
L'Acadie fut reconquise, et le Massachusetts eut de nouveau a subir les agressions des Abénaquis. Callières tenait les Iroquois en échec : il battit en 1693 une de leurs tribus, les Agniers. Les deux années suivantes se passèrent en petites rencontres sur divers points et en négociations. Frontenac dirigea un grand effort en 1696 contre les Onnontagués : les villages de ces Indiens furent brûlés, leurs champs de maïs dévastés. Dlber\'ille, à la fin de Tannée, passa dans THe de Terre-Neuve
et s*empara de Saint-Jean et de presque toute l'ile. De là il entreprit une nouvelle campagne dans la baie d'Hudson, où il coula un vaisseau anglais, en prit un autre et s*erapara du fort Nelson (septembre 1697). Frontenac avait préparé pour cette même année une attaque générale contre les colonies britanniques ; mais le traité de Kyswick mit fin (20 septembre) à cette misérable guerre. Le traité rétablissait pour toutes les colonies le slalu quo ante hélium.
Frontenac mourut à Québec (novembre 1698). Callières, son successeur, continua la politique de Thomme dont il était depuis plusieurs années Thabile et fîdèle lieutenant. Il négocia avec les Iroquois et fit conclure entre eux et les Indiens du haut pays une paix générale en 1701. Tous nos postes de TOuest, Saint-Joseph, Michillimakinac, Détroit, Frontenac, étaient maintenus, constituant autant de centres de commerce et de colonisation. Les « coureurs des bois j> étendaient le domaine ininterrompu de la France, des bouches du Saint-Laurent au golfe du Mexique, par les lacs et la vallée du Mississipi. Les Canadiens du Saint-Laurent reprenaient les occupations pacifiques, culture, pêche, exploitation des forêts.
Seconde guerre intercoloniale (1701-1713). — Lorsque la guerre recommença entre la France et l'Angleterre, de nouveau des bandes dlndiens, conduites par des Français, se précipitèrent sur les petits villages situés à la lisière des défrichements du Maine, du New-Hampshire, du Massachusetts et de la vallée du Connecticut. Callières mort (mai 1703), la cour le remplaça par Vaudreuil. Les gens de la Nouvelle-Angleterre organisèrent une expédition contre TAcadie (1707). Le pays fut ravagé, mais la citadelle tint bon et la petite armée anglaise fut décimée par les maladies. Le Massachusetts réclama alors Taide de la couronne et celle des colonies situées au sud de la Nouvelle-Angleterre. Le New-York, le New-Jersey envoyèrent ties troupes au lac Champlain pour une marche sur Montréal, tandis que les contingents des provinces de la Nouvelle-Angleterre attaqueraient Québec par le Saint-Laurent avec Taide des troupes attendues d'Angleterre. Le seul succès des Anglais fut la prise de Port-Royal par l'armée de Boston (1710). Une flotte
MO ^ L'AMÉRIQDB
«nriva de la méfaropole Fannée suivante (llli) ftvee régiments de MarUboroogfa. Aprto avoir embaniii^ à Boeton ks troupes de la Nouydie-Angleterre, les commandants wBi^tÊk Hin et Walker «ntrbrmit dans le SaintLanrent. Mais dis transports ayant eoulé avec un miUiw d*honimes, raainl anglais renonça à rent«prise, renvoya les colons die. eax sur quelques bfttiments et mit direetement à la Toile pow l^urope, poursuivi par les malédictions de toutes les colonies britanniques. Les troupes du New*York et du NeirJasej n^avaient pas quitté les bords du lac Qiamplain* La ptix d*Utrecht (1813) arrêta les hostilités. Doun animes d'imegwne sanglante et stérile se terminaient par une sorte de démsoh brement de la Nouvelle-France, dont tous les avaatfostes i Test et au nord, Acadie, Terre-Neuve, baie d'Hudson, éiaM»t livrés à Tennemi. Le traité reconnaissait comme sujets du m d'Angleterre les Iroquois, dont Frcbt«uc, pmidant son fnaki gouvernement, avait fisits nos jimtégès.
Saint-Ikmiliigae : leis boueniiiers (1680*1600). — Os a vu les premiers établissmuents français dans les Antillet (1625) et la formation de laiiompagnie dite de Saint<]!hri»» tophe pour Texploitation ôb cette lie, ainsi que im la B•^ bade, et des autres Antilles non occupées par un roi chrétien '. De Saint- Christophe quelques Français passèrent en 1630 dans Tile de la Tortue, située en face de la côte septentrionale de Saint-Domingue négligée par les Espagnols. Ds prirent rhabitude d*aller chasser et < boucaner » sur la < Grande Terre », où paissaient en liberté de magnifiques troupeaux. Des aventuriers d'Espagne et d'Angleterre disputèrent à plusieurs reprises Tîle de la Tortue à ses premiers occupants. Des Anglais finirent même par s'en rendre complètement maîtres. Mais ils en furent chassés en 1640 par Levasseur, lieutenant de Poincy, qui était gouverneur des îles pour la Compagnie française. 11 fonda Port-Margot sur la Grande Terre.
Ce fut Tàge d'or des boucaniers * français. Beaucoup venaient