‹ Histoire générale du IV siècle á nos joursChapitre 17 sur 167 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De 1648 à 1715.

Dans la courle période, assez troublée, qui s'étend du traité de Weslphalie à la mort de Louis XIV, lliisloire de l'Eglise calbolique peut se résumer dans Thistoire de trois sortes do conûils : — conilUs j.oliliqueSy suscilés par les théories absolutistes qui prévalent désormais dans les consoils des princes; — conOils dogmatiqueSy provoqués par la renaissance des études religieuses qui avait suivi la Uéforme prolestante et le concile (le Trente; — conflits disciplinaires dans les pays de missions, concernant la conduite à suivre envers les nouveaux convertis. Nous ajouterons, pour être complet, quelques indications relatives aux Ordres religieux.

/. — Conflits politiques.

Les (( libertés » de l'Église gallicane. — C'est en

''Vance qu'éclatent entre le pape et le roi les premiers conflits

po/iliques que nous ayons à raconter. On peut dire qu'en France

ces conflits étaient le terme, prévu depuis longtemps, d'une

^ï^oltition continue, qui avait commencé sous Philippe le Del.

Oa a montré précédemment * comment les luttes politico-reli-

<- Xoir ci-dessus, t. Hl, p. 343-345.

gieuses, jusque-là canlonnécs sur le terrain de la juridiction, s'étaient alors étendues aux rapports mêmes des deux puissances temporelle et spirituelle; et comment, à la faveur des troubles occasionnés par le grand schisme d'Occident, divers princes, parmi lesquels Charles VII, avaient publié des ordonnances et des pragmatiques^ plus ou moins orthodoxes, qui tendaient logiquement à rétablissement d*Eglises nationales, dominées par le pouvoir séculier. Avec la Réforme protestante, qui enlevait au pape, pour la transmettre aux princes, Tautorité religieuse suprême, avec Tavènement du pouvoir absolu, qui habituait les rois à tout voir plier devant eux, cette tendance ne til que s'accentuer. Après avoir combattu les doctrines politiques des papes du moyen âge au nom de l'indépendance respective des deux puissances, les légistes cherchaient maintenant à faire triompher la doctrine de la suprématie politique de TËtat sur TEglise : du xm^ au xv!"" siècle, les rôles s étaient

renversés.

Cette idée de la suprématie de TËtat prévaut en France aa xvi'' siècle. C est elle qui inspire cet ensemble de prescriptioDS, bien connues sous le nom, quelque peu équivoque, < de libertés, droits et franchises de TËglise gallicane », et par lesquelles les légistes royaux prétendaient régler, non seulement la situation temporelle de Tlilglise de France, mais encore sa discipline, sans tenir compte des prescriptions, parfois contraires, du droit canonique. Sous Henri II, à la suite de la seconde renaissance du droit romain, qui fournissait aux légistes des arguments en faveur de l'extension du pouvoir royal, le « gallicanisme » passa de l'état de tendance à l'état de doctrine constituée, que les ambassadeurs français ne craignirent pas d'invoquer au sein même du concile de Trente *, et qui trouva pour la première fois son expression dogmatique dans un Mémoire et advis de Jean du Tillet, greffier en chef du parlement de Paris (7 1570). Un peu plus tard, Guy Coquille, le judicieux commentateur de la Coutume de Nivernais, composa de son côté des mémoires analogues, qui ne parurent toutefois qu'après sa mort, arrivée

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