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1^00ieiur8 milliers de personnes. L*aile du nord et l*aile du midi,
tey^rande galerie, puis la surintendance et le grand commun,
Ejfent successivement élevés sous la direction de Jules-Hardouin
Bjjliisart. De 1664 à 1695, Tensemble de la dépense atteignit
M 162 178 livres, plus dix millions pour la machine de Marly.
|||C*est, dit M. Guiffrey, à peu près le tiers de la somme dépensée
■^s les diiTérentes maisons royales, qui comprenaient le Lou-
1^, Saint-Germain, Fontainebleau, Chambord, l'Observatoire,
1^00 Académies, et aussi pour les manufactures, les encourage-
weots aux lettres et aux sciences. » Versailles fut le grand chan-
^^lerdela seconde moitié du xvu** siècle. Les peintres et les sculp-
Hefirs, sous la direction de Lebrun,, y trouvèrent l'occasion de
^mmandes inépuisables. L*admiration des contemporains, si
l'on en Juge par les descriptions hyperboliques qui furent alors
oubliées, salua dans le palais du grand roi le chef-d'œuvre du
^ tttele et la plus magnifique expression delà monarchie.
Mansart fut dès lors investi de toutes les grandes entreprises. L'hôtel (le ville d'Arles, le château de Clagny, la façade du ^ château de Dampierre, les châteaux de Boufflers, Ghamarande, Monfrin, le dôme des Invalides, la place Vendôme, le château de Navarre, le château de Pennautier en Languedoc, les premiers travaux de Trianon, l'achèvement de la cathédrale d'Orléans, etc., furent exécutés sous ses ordres.
Parmi les architectes qui travaillèrent auprès de lui, il convient de citer : Pierre Bullet et Prévôt, ses élèves, Antoine LePaultre, Leduc, qui couronna au Val-de-Grâce l'œuvre commencée par François Mansart, Lemercier et Le Muet, enfin François Blondel, qui construisit la Porte Saint-Denis.
Libéral Bruant donna à l'hospice de laSalpôtrière, comme aux Invalides, un exemple de large et franche entente de l'emploi du terrain et de l'appropriation de l'édifice à ses fins, et c'est peutêtre dans les constructions de ce genre, hôpitaux, couvents ou casernes, que le xvu® siècle fit surtout œuvre originale. Partout ailleurs, revenant sans cesse aux motifs du dôme, du fronton et de la colonnade, il a trop souvent sacrifié à l'apparente magnificence les exigences d'une saine et logique architecture. Bien avant la fin du règne de Louis XIV, on peut surprendre,
dans rorneinenlation, les signes avanl-coureurs d*une lraado^ mation prochaine. Jean Berain (1630-1697), Claude Gillol (161}. 1122), Robert de Coite (1657-1735), — le beau-frère et le succci; seur de Mansartet le directeur responsable des travaux exécotéi sous Louis XIV aii chœur de Notre-Dame pour l*accomplis6^ ment du vœu de Louis XIII, — introduisent dans les lignes, jM. plus agitées, comme un vent de caprice, précurseur du style ^ la Régence.
La sculpture française des Anguier aux CioustoiL-^ Les deux frères François et Michel Anguier (1604-1669, 161Î. 1686) représentent dans la sculpture française le naissant aeidémisme. Qu'il s'agisse de sculpture monumentale ou funéraire, ils ont rais la main à quelques-uns des plus importants ouvnpi de leur tem])s. Si, dans la statue tombale et dans le roonumeit de Jacques-Auguste de Thou, François donne encore la muit aux loyaux portraitistes du temps de Louis XIII, dans lésionbeaux de Henri Chabot, de Souvray, des ducs de LongueviDe» du duc Henri II de Montmorency à Moulins, il tombe danscft style théâtral et compassé dont même la verve d'exécution dei plus grands sculpteurs du temps ne parviendra pas à fuie oublier la fadeur. Michel se signala du moins par une dextérité supérieure : avec une fécondité merveilleuse, — au château de Vaux, pour Fouquel; au Louvre, pour la reine-mère ; au Val-dc- (iràce, où il scul|)la les grandes figures des pendentifs delacou- [)olc, les tympans des arcades de la nef, où il anima de tout un peuple de statues les autels et les parties hautes de rédifice(1661- 1667) ; à la Porte Saint-Denis (1674), où il tailla, avec un sentiment large ol noblement aisé de la décoration, les trophées d attributs des pyramides et les grands bas-reliefs du passage du Rhinetde la paix de Maestricht, — il suffit sans fatigue apparente à d'immenses travaux. 11 a formé (juelques-uns des sculpteurs qui (levaient prendre la plus grande part à rembellissement de Versailles : Thomas lleguauldin, les Marsy, François Girardon.
Avec Gilles Guérin (1606-1618), on voit s'atténuer lenergie du sentiment naturaliste qui avait fait la saveur des œuvres de Guillain. Au Louvre, collaborateur docile de Sarrazin, dontOuillain avait refusé d'exécuter les modèles, successivement employé
u chàleau de Cheverny, à la chapelle du château de Valéry, au cUteau de Maisons, etc., il fut choisi, en 1653, par la ville de Piris, pour exécuter le groupe de Louis XIV adolescent terrasmni In Fronde. Il a laissé quelques portraits en médaillon et des stttues tombales. Guillet de Saint-Georges cite comme remar- Btrquable < pour la ressemblance et la beauté du travail » le portrait en médaille de René Descartes; mais les effigies qui nous restent de Charles de La Vieuville et de la duchesse son épouse (1653), que Guérin exécuta pour les Minimes de la Place Royale, montrent que, pour le sentiment de la nature et de la vie, il venait loin après Guillaîn. I^ebrun, qui Favait connu dans Fitelicr de son père, le maitro sculpteur, l'employa à Versailles.
Dans la décoration du palais et du parc de Versailles, il nV a pis à chercher la marque personnelle des collaborateurs de Lebrun. Il fournissait tous les dessins et imposait non seule* meotles silhouettes générales, mais les gestes mêmes des statues. -Lerambert, Legendre, les deux Marsy, Tuby, Lehongre, Van Cleve, Le Paultre, Legros, Uegnauldin, Laurent et Philippe Ihgnier, Mazeline et Hurtreville, Théodon, Raon, travaillèrent docilement sous le maître à l'exécution de ce grand décor. Du nilieu d'eux se détachent quelques personnalités plus hautes, M qui revivent, sous les grands geôles décoratifs à la mode, la Vttdeur et la sève des vieux maîtres français.
Au premier rang, Antoine Coyzevox (16i0-1720), « taillantluiroème son marbre et le finissant », brille comme un des plus Graves tailleurs de pierre de notre école. Son œuvre est immense. ASceaux, à Chantilly, à Petilbourg pour le duc d'Anlin, à Sainl- Buslache, au collège des Quatre-Nations, à Marly, à Versailles, *>ùilexécule la moitié de la décoration, en Allemagne, où le cardinal de Fûrstenberg l'appelle, au Louvre dans la galerie <l Apollon, aux Invalides, à Notre-Dame de Paris, à l'abbaye de Koyaumont, il a prodigué les statues et les groupes, les basfdiefs et les vases, les tombeaux et les busles. Il est le grand portraitiste du xvn*' siècle. Le buste héroïque de Condé, la '^lalue de la duchesse de Bourgogne, le Colbert de l'église Saint- ^ïïslache, les bustes de Lebrun, Lulli, Antoine Coypel, Robert ^^ Cotte, et celui où il s'est représenté lui-môme avec une si
cordiale et large bonhomie, suffiraienl à montrer avec quelle puissance tour à tour et quelle grâce, il savait interpréter les particularités de la figure humaine et, sous les dehors de la mode, descendre jusqu'aux sources mêmes de la vie. Jusque dans ses figures simplement décoratives et d'après Tantique, alors qu'il n'est qu'un exécuteur des pensées de Lebrun, il mêle encore aux gestes de convention et aux formes académiques une verve qui lui est personnelle, un sentiment « du travail 4n marbre » qu'aucun de ses contemporains, Puget excepté, na égalé. Par les Coustou, ses élèves, il est, dans l'histoire de la sculpture française, comme le lien entre les maîtres bourguignons et ceux du xvni** siècle.
François Girardon (1628-1715) ne marche qu'assez loin après lui. Sans doute, le tombeau de Richelieu, le groupe de VEnlè- Vf* meut fie Prosef'pine (1694), des bustes comme celui de Boileau, le Bain ri Apollon et surtout le bas-relief des Nymphes an bain à la fontaine de Diane, lui assurent une place à part dans la foule des décorateurs de Versailles. Mais, comparée à celle deCoyzevox, sa manière parait singulièrement plus molle et conventionnelle.
Martin Desjardins (1640-1694), qui exécuta la statue équestre de Louis XIV de la place Bellecour à Lyon, comme Girardo» en 1699 celle de la place Vendôme (fondue à la Révolution), W aussi chargé, dès 1686, par le duc de LaFeuillade d'ériger sur la place des Victoires une statue équestre flanquée de statues <resclaves et de six bas-reliefs *. De tout ce qui nous reste de lui, le buste de Mignard, dont M. Courajod lui a i-estilué b paternité, est, par le sentiment intense de la vie et la verve entraînante de la facture, son incontestable chef-d'œuvre. C'e^ toujours en retournant à la nature que l'art français a retrouve le sentiment de ses véritables traditions et comme des résen'^^ de forces qui l'ont sauvé de tous les maniérismes.
Il est probable que Desjardins collabora avec Girardon à l^ chapelle de Versailles, que Mansart laissait inachevée à sa moH (1703), mais que Robert de Cotte, son beau-frère, termina d'aprèr'