CHARLES II ET LES PARTIS
mversion de TAnglelerre au catholicisme par le moyen de uralion du roi; et déjà le duc d*York, frère du roi et de la lesse, héritier et amiral des trois royaumes, se déclare olique. La Déclaration (V Indulgence en faveur des nonformistes, c'est-à-dire en faveur de tous les Anglais qui, loliques ou dissidents, n'adhèrent pas à TÉglise anglicane, e déclaration destinée surtout à ranimer les catholiques, »s plusieurs essais infructueux, finit par être promulguée. ïte est louable en lui-même; il Test moins par le but rsuivi et par son caractère anti-constitutionnel. L'ambasîur de France, qu'il s'appelle Ruvigny, Gourtin ou Barillon, rrait presque porter le titre de résident, tant est grande sa isance, que la faveur d'une brillante Française, Louise de oualle, duchesse de Portsmouth, achève de rendre irrésist. Les affaires sont aux mains d'une sorte de ministère 1 défini et, au premier abord, assez servile, composé de cinq M>nnes : Clifford, Arlington, Buckingham, Ashley, Lauder- 5, dont les initiales réunies forment Cabale c'est-à-dire la larilla. Voilà du moins un aspect des choses. )aulre part, la nation se défie, et sa défiance va croissant idant toute la guerre de Hollande, même un peu avant et un i après. II n'y a pas d'élections générales; le roi se garde D de renvoyer son Long Parlement royaliste ; mais les élec- M partielles en ont déjà modifié, en modifient tous les jours majorité. Le nouveau parti s'appelle le Parti du Pays; il se npose de gentilshommes campagnards, dévoués au roi sans lie, mais encore plus à l'Eglise protestante épiscopale et tionale, et remplis de cette défiance intense de l'étranger, — dntenant du Français, — que nous avons déjà signalée comme psychologie même de l'Anglais d'alors. Ce patriotisme agit rlcs âmes fort peu candides des hommes d'Etat, fussent-ils ambres de la Cabal, un Danby, un Ashley, pour leur inspirer sacles de la plus haute gravité législative ou diplomatique, agira un peu plus tard, au-dessous du niveau parlementaire, r les masses profondes de la Cité de Londres, pour y proire les paniques les plus redoutables.
Jn pouvoir, une nation en présence, cela est toujours dra-
inaliquc, mais cela peut n'être pas compliqué. La complication vient ici do la corruption presque universelle. Ce roi inépri. sable, qui a le droit de le mépriser? Les ministres ses coofi. dents, Clifford, Arlington ? Ils acceptent les articles secrets qij le mettent à la solde du roi de France. Ses ministres plm indépendants? Ashley a trempé dans ses orgies; Buckinghwi û part certains accès tribunitiens, est le plus criminel de sei roués; Danby, le patriote, a demandé de l'argent à Louis XIV et celui-ci, en en fournissant la preuve, le renversera. Les dépo. lés de l'opposition ? Clifford connaît déjà le prix de plusieon d'entre eux, et Danby le connaîtra mieux encore. 11 en eil bien peu, pas même l'austère penseur Algernon Sidney,qm,i un moment donné, par un revirement de la politique, n'aient passé à la caisse de l'ambassadeur de France. Voilà ce qui rend certaines conduites incompréhensibles.
Shaftesbury et Danby. — Le système de la Cabal fat renversé par un de ses membres, qui devint pour assez long, temps le chef de l'opinion publique, Ashley, comte de Shaftesbury. C'est lui qui, avant de tomber une première fois du pouvoir, présenta comme chancelier le bill du Test (1673), réponse victorieuse du patriotisme et de l'intolérance à l'alliance fran- «aise et à la Déclaration d Indulgence, Celle loi célèbre, simple ur'ue pour les dissidents, barrière infranchissable opposée aux ratholiciues, excluait de tout emploi public ceux qui ne remplaçaient pas la suprématie du pape par celle du roi, et la doctrine •le la Iranssubstanlialion par la communion anglicane. L'amiral, dur d'York, et le lord trésorier Clifford furent donc oblisfés de se démettre. Charles II cédait, bien décidé comme toujours à ne pas prolonger une résistance dangereuse, mais il cédait en prenant le ministre qui lui permettait de céder le moins possible, Thomas Osborne, comte de Danby- Celui-ci avait la plus haute idée de la prérogative royale, et son anglicanisme était aussi hostile aux dissidents que celui de Clarendon. Véritable précurseur du torysme, il s*oj)posait sur beaucoup de points à Shaftesbury, devenu un chef populaire, au besoin enclin à la rébellion, aussi bienveillant aux dissidents qu'hostile aux catholiques, en un n)ot le précurseur de l'esprit whig par ses angles les plus