CHARLES 71 ET LES PARTIS
aigus. Grâce à la corruption des votes, la situation gouvernementale et parlementaire resta stagnante pendant quelques aimées. Charles en profitait pour s*entendre de nouveau avec le grand roi par-dessus son ministre. En 1677, Tembarras de Danby devint extrême, entre l'opinion furieuse des victoires françaises et Tagitateur Shaftesbury. Il parut sortir de difficulté en jetant son adversaire à la Tour, et en amenant son souverain, par Teffroi d'une révolution possible, à se tourner contre son allié. De là le fameux € mariage protestant ». Guillaume d'Orange vint en Angleterre, où il épousa la princesse Marie, sa cousine germaine, fille très protestante du catholique duc d'York, dont elle était l'héritière présomptive. On entrevoyait avec joie, par delà un règne catholique que plusieurs espéraient d'ailleurs éviter, le règne de l'ennemi juré de Louis XIV, uni à nne princesse très hostile à la religion de Louis XIV. L'avenir deyait ratifier cette prévision. Mais ce qui dominait dans l'été de 1678, après les négociations troubles qui venaient d'amener le traité de Nimègue, c'était une jalousie nationale intense et Me profonde inquiétude.
Le a Complot papiste »; terreur; lois libérales. — Les intrigues réelles, mal connues du public, le rendaient iccessible aux inventions les plus monstrueuses. Telle fut la dénonciation de Titus Oates, ancien ministre anglican, ancien converti catholique, transfuge de toutes sortes de choses qu'il n'avait pas comprises, et mettant son bonheur à nuire. Il fit croire, et d'autres témoins enchérissant sur lui firent croire 2iux bons protestants qu'on allait assassiner le roi en faveur de son frère, faire sauter le parlement, incendier de nouveau 'a Cité, livrer l'Angleterre aux papistes du dehors et du dedans. Lorsque le magistrat qui avait écouté Titus Oates fut trouvé niorl dans les environs de Londres, on ne voulut pas croire à on suicide, on crut à une vengeance. Une terreur inouïe ^'ensuivit, remplissant les prisons de suspects, couvrant les échafauds de victimes, inégalement innocentes il est vrai, depuis 1 intrigant Coleman jusqu'au vertueux lord Stafford, mais toutes innocentes au moins des horreurs qu'on leur imputait. Shaftesbury, sorti de prison, assumait la direction de ce mouve-
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ment presque révolutionnaire, auquel le roi n'avait pas le cou. rage de résister. Danby tombait sous un orage parlementab amené par ses complaisances.
Pourtant cette terrible année (1679) a vu un triple triomphe (lu libéralisme, à la suite des élections générales qui, au bout de dix-sept ans, amenèrent une Chambre nouvelle. D'abord m essai de gouvernement constitutionnel qui n'a pas duré, mais qui a préparé les ministères parlementaires ultérieurs. Sb William Temple en fut l'àme : sous la présidence de l'inévitable Shaftesbury, ce diplomate populaire et lettré institua un Conseil de gouvernement de trente membres, servant d'intennidiaire, ou formant l'équilibre, entre la couronne et le parl^ ment. Les principaux, après ces deux chefs, étaient les lords Russell, Essex, Halifax. L'esprit général de ce ministère consistait dans la défiance à l'égard du roi, dans le projet d'exclure du trône l'héritier catholique , dans l'hostilité à Tinflaence française. Plus durables apparaissaient deux libertés nouTelIes ou renouvelées : celle de la presse, celle de l'individu. Celle de la presse, une des revendications favorites de Milton, succéda, au régime de la censure. La liberté individuelle fut garantie contre les arrestations arbitraires par la loi à^Habeas corpm, un des grands titres de gloire de l'Angleterre. Le principe en (Hait fort ancien, mais les responsabilités qui dès lors reotoorèreiit et lui donnèrent une sanction, mirent le citoyen anglais, longtemps avant les habitants des grands pays du continent, à l'abri des caprices tyranniques, sans empêcher toujours les jugements injustes, prononcés par des jurys intimidés ou passionnés.
L'Exclusion : whigs et tories. — Cependant la question de succession prenait une importance croissante. La santé du roi paraissait décliner, tellement qu'un jour, cinq ans avant sa mort, on le crut mourant. Fallait-il exclure absolument le duc d'York, comme l'ennemi de la religion et de la constitution nationales? Valait-il mieux respecter en sa personne le droit héréditaire, et tout au plus, prendre contre les périls de son avènement des précautions de détail, telles que suppression de son droit de nommer aux bénéfices ecclésiastiques, suppression