CHARLES H ET LES PARTIS
son droit de veto, nomination des fonctionnaires sous le itrôle des deux chambres? Cette alternative agita l'Anglere protestante pendant deux ans : d*un côté se rangeaient les naiaires d*une pétition, de l'autre, ceux qui déclaraient en ne horreur. Bientôt les deux noms de pétitionnaires et iihùrrents furent remplacés par deux surnoms dont personne pouvait prévoir ni la célébrité ni la durée, ceux de whigs de tories. Quelle que soit leur étymologie, le premier désilaitdes fanatiques écossais, le second des fanatiques irlandais; premier supposait le droit de résistance au souverain, le eo&d le devoir d'obéissance. Dans le développement ultérieur is deux partis, le tory se montrera particulièrement attaché II traditions de l'Angleterre rurale, à la propriété foncière, l*Église anglicane en possession de tous ses privilèges, tandis 10 le whig, non moins aristocrate, fera grand cas du com- Mfce, de la Cité de Londres, des ambitions maritimes et coloilke, du droit des dissidents à la tolérance. Deux causes préparèrent la défaite des whigs, d'abord si puisinto : leurs dissensions et leur violence. La discorde ne régnait 18 seulement, dans le Conseil, entre les whigs exclusionnistes dents, Shaftesbury, Russell, Cavendish, et les whigs modérés use rapprochaient des tories modérés. Temple, Essex, Halifax, ux qui se contentaient des précautions indiquées. Genre de jcorde dont Charles II se servit très habilement pour renyer ses conseillers les uns après les autres et rester finalemtle seul maître. Elle éclatait plus gravement encore entre partisans et les ennemis du prince d'Orange. Je devrais dire : QDemi; un seul est notable en effet : Shaftesbury, l'adversaire i de la Hollande et de tout ce qui en pouvait venir. Cette »ion singulière inspira au redoutable tribun le plus mala- )it projet : la substitution du duc de Monmouth, jeune fils îgilime du roi, à la princesse Marie et à Guillaume, son époux, tte bizarre intrigue dérouta les chefs exclusionnistes qui, avec ite raison, ne voyaient pas d'autre nom à opposer à l'héritier holique que celui de sa fille, l'héritière protestante, et de son ri, l'éminent adversaire de Louis XIV. Le roi prit son bâtard jrippe, s'attacha fortement à la cause de son frère : si bien
qu'après avoir éloigné le duc d'York pour céder au torrent de Topinion, il disgracia Monmoulh et se brouilla à mort avee Shaftesbury.
L'opinion, d'ailleurs, ne soutenait plus que faiblement kt whigs, dont elle redoutait une nouvelle guerre civile : or jamaii pays n'a eu moins envie d'une révolution que TÂngletene de ce temps-là. Les parlements se succédaient, parce que le roi œ voulait pas sacrifier son frère, et les forces des whigs s'usaient dans les élections, comme aussi dans leurs menaces, dans leun violences juridiques. Us exploitaient sans mesure les demièm convulsions du Complot papiste, et la foule, devant les échi. fauds, commençait à se sentir prise de honte. Après un dernier parlement, celui d'Oxford (1681), où les deux partis vinrentei armes comme à une diète polonaise et où les exclusionnbtes redoublèrent de fureurs, Charles II prononça la dernière dissolution de son règne. Il gouverna désormais sans assemUée un royaume qui par-dessus tout demandait à être tranquille.
Réaction tory (1682-1686). — L'esprit de résistance ne vivait plus que dans la Cité de Londres, et dans son émana* tion : le jury de Middlesex. Là aussi Shaftesbury trouva ses derniers défenseurs. Poursuivi pour ses agitations qualifiées de rébellion, il fut acquitté, et sa popularité lui fit croire qu'il pouvait se mettre à la tôle d'une insurrection. Désabusé làdessus, il s'enfuit en Hollande, où il mourut bientôt. Tout ce qui tenait à lui, hommes ou institutions, servait de point de mire à la réaction. Par un véritable coup d'Etat, elle livrait aux tories l'administration de la capitale. Elle inspirait à ITniversité d'Oxford des anathèmes contre le libéralisme; elleprivail de sa chaire, et môme du sol de sa patrie, Locke, le constitutionnel ami de Shaftesbury, le législateur tolérant de la Caroline : il ne reviendra en Angleterre qu'avec les vaisseaux orangistes pour soutenir de sa plume un régime nouveau.
C'est du reste une époque où la littérature politique prend une extrême importance; mais elle ne peut s'exercer librement que dans le sens tory, car, de l'autre côté, la prison, le pilori, quelquefois l'échafaud y mettent bon ordre. Le changeant Dryden entre dans le courant du jour quand il fonde la satire