‹ Histoire générale du IV siècle á nos joursChapitre 44 sur 167 · CHARLES II ET LES PARTIS · texte numérisé non relu

CHARLES II ET LES PARTIS

historique aux dépens du grand vaincu. Dans son Absalon et AckUophel^ nul n'a la moindre peine à reconnaître Monmouth, le fils rebelle séduit par un perfide conseiller. Alors aussi le vieux Filmer publie son Patriarca, dernier écho des théories de Jacques P' sur le pouvoir royal. Le roi, d'après lui, est le successeur des patriarches, c'est-à-dire de la première autorité créée par Dieu sur la terre. Il est vraiment le père de ses sujets, et le révolté, ou même celui qui résiste à sa volonté, commet le crime de parricide. Filmer forçait ainsi la théorie deSaumaise, auquel Mil ton avait répondu : paler nos fecity nos fecimus regem. Et c'est pour avoir combattu ces théories dans ses Discours sur fe gouvememeniy encore manuscrits, qu'Algernon Sidney va monter sur l'échafaud.

Cest aussi comme impliqué dans le complot de Rye House. Celle tentative aussi insensée que coupable de la queue du parti whig donne lieu à une terreur qui est la revanche de celle qu'avait déchaînée le Complot papiste. Guère plus de justice dans Tune que dans l'autre. Cette fois on confond avec une odieuse habileté une conjuration contre la vie du roi, dans les mêmes poursuites qu'une ligue de résistance à la tyrannie, t formée par des esprits d'élite. Plusieurs membres du ministère I Temple sont arrêtés. Essex se tue dans sa prison. Russell, ' ^iDirablement assisté par sa femme, est condamné. Sa mort, celle de Sidney, sont tellement belles que les historiens de [ tous les pays les vénéreront comme des martyrs de la liberté. , Pour le moment, elles n'ébranlent môme pas le trône revenu à ■ l'absolutisme.

Les efforts des Ecossais presbytériens contre leurs dominateurs anglicans conduisaient au même résultat. Des fanatiques avaient assassiné l'archevêque Sharp, le chef de leurs perse- <îuleurs. Ce crime, et un éphémère soulèvement, furent répriïïiés avec la dernière cruauté par Claverhouse , sous la direction du duc d'York. Ce prince, en Angleterre, ne tarda P^ à rentrer illégalement dans toutes ses charges. Les nouveaux conseillers de son frère, c'est-à-dire son beau-frère Rochester, Sunderland, Guildford, Godolphin, tous le regardaient comme le véritable chef du gouvernement; tous, excepté

Halifax, esprit modéré, qui redoutait également les excès pr sents de la réaction, et les excès futurs d'une révolution pn bable. De son côté penchait par instants l'esprit clairvoyantd roi. Mais la vie même du roi touchait à son terme. H moon officiellement dans le sein de l'Eglise anglicane qui le recoi naissait pour son chef, secrètement dans le giron de la comm nion romaine (1685). Toutes ses duplicités, religieuse, diplom tique, parlementaire, lui avaient réussi jusqu'au bout.

//• — Jacques II et la Révolution de 1688.

Redoublement de la réaction tory. — La franchise Jacques était célèbre, et l'on attendait beaucoup de cette qui si nouvelle sur le trône des Stuarts. En attendant d'édtl sans mesure, elle se démentit quelque peu dans la lune miel de l'avènement. Le nouveau roi donna, par les cérén nies mêmes de son couronnement, des garanties à la consti lion et à l'Eglise nationale. II se montrait plus fier et p indépendant que son frère à l'égard de Louis XIV, au point faire bon accueil, sur le premier moment du moins, — 1 ensuite il les traita fort mal, — aux victimes de la Révocati< Il calmait ainsi les défiances de ses sujets, qui auraient pu dire : « Voilà le traitement que des protestants peuvent altem d'un roi catholique. »

Pendant l'année 1683, la réaction parut une simple agg vation de ce que l'on voyait depuis quelques années. Legn juge JefTrcys, à tout jamais le type du magistrat odieux, ou dignes émules, non seulement envoyaient au supplice les infàr dénonciateurs du Complot papiste, ce qui ne pouvait indig que par l'excès des cruautés commises, mais encore jetaient prison des ministres dissidents, tels que le vénérable BaxI La Chambre des communes, qu'il fallait bien convoquer p voter le revenu du roi pendant tout son règne, se composa tories dévoués, comme on pouvait s'y attendre après les raesu qui avaient renouvelé arbitrairement les conseils des villes. E

^it si peu un parlement librement élu qu'Edward Seymour priait : c Je ne sais de quel nom appeler la réunion d'hommes ne je vois autour de moi. » En Ecosse une insurrection contre I tyrannie établie, en Angleterre une insurrection contre la frannie redoutée, celle d'Argyle et celle de Monmouth, ne servirent qu'à déchaîner sur les deux pays les horreurs d'une répression inouïe, et qu'à fournir un prétexte à Jacques II pour doubler le chiffre de son armée permanente. Il fit monter sur récbafaud son neveu vaincu à Sedgemoor. Il écrasa les comtés où sëlaient produites les deux tentatives sous les tournées militaires ou les assises sanglantes du colonel Kirke ou de JeSreys. Mais le clergé, les Universités, tout le torysme lettré persistait dans sa doctrine d'obéissance ; car, s'il y avait des excès nouveaux, il n'y avait pas une direction nouvelle.

Le roi cathollquei rangllcanisme et les dissidents. -«Lorsqu'il se vit le maître incontesté de ses trois royaumes, lorsqu'il se crut l'arbitre de l'Europe, Jacques II laissa voir 800 véritable but : le retour rapide, de gré ou de force, de la DâtioD anglaise au catholicisme. Sa conduite à l'égard de rtrmée, du parlement, de son ministère, le prouva triplement. Des officiers « papistes » furent mis à la tète d'une force armée désormais suffisante pour écraser toute révolte. Les deux Chambres, la Chambre des lords surtout, dirigée maintenant par Halifax, Mordaunt, l'évèque de Londres Compton, se montrant mal disposées pour les projets royaux contre YHabeas corpus et le Testy le roi reprit ouvertement le train du gouvernement personnel. Les adversaires de l'esprit nouveau se virent écartés des affaires : non seulement le modéré Halifax, qui prenait la direction de l'opposition, mais les deux beaux- Èrères de Jacques, lord Clarendon, lieutenant d'Irlande, remplacé par le catholique Tyrconnel, et lord Rochester, le chef de l'ultra-lorysme, prêt à toute concession pour rester au pouvoir, excepté pourtant à l'abjuration. C'est bien d'abjuration maintenant qu'il s'agissait : on n'en dispensait que Jeffreys, l'indispensable juge, et Godolphin, l'indispensable financier. Sunderand faisait le « saut périlleux », qui ne servait qu'à lui attirer e mépris universel. Les littérateurs aussi se convertissaient

avec une rapidité suspecte : le licencieux comique Wycherlej, le futur incrédule Tindal, enfin et surtout Dryden. Ce vrii poète publiait (1687) son allégorie de la Biche et la Panthère où Ton voyait la biche, c'est-à-dire la vraie et pure Eglise, poursuivie par les animaux des forêts, le loup presbytérien, Tours indépendant, la panthère bigarrée, c'est-à-dire la mixte

Eglise d'Angleterre.

Or c'est précisément contre cette Eglise, naguère d'acconl avec lui et proclamant le devoir d'obéissance passive, que le roi catholique se trouvait réduit à l'alliance de l'ours, du loup, de toute la ménagerie dissidente. Malgré les conversions, la coid> munion romaine restait une faible minorité. Elle avait absolument besoin de l'appoint des non-conformistes. Pour l'obteoir, Jacques II, s'autorisant du droit royal de dispense, promulgo^ la Déclaration d'Indulgence, qui donna libre essor à la construction des chapelles dissidentes comme à celle des églises, des écoles, des librairies catholiques. Les dissidents allaieDt4ls accepter celte main tendue? L'épiscopat anglican, qui les aTait si maltraités, put craindre un moment ce châtiment de son intolérance. La secle des quakers, fondée quarante ans plus tôt par Fox, maintenant représentée par un aristocrate éminent, William Penn, fondateur de la Pennsylvanie, reveau d'Amérique en Europe pour prendre la défense de ses core» lij^ionnaircs, entrait dans les vues du roi. Mais les quakers restèrent une exception. Les autres sectes non-conformistes préférèrent leurs persécuteurs prolestants à leur protecteur catholique, dont ils suspectaient infiniment les projets ultérieurs. L'opposition non plus ne manquait pas de littérateurs. Halifax répandit partout sa Lettre à un Dissident, qui ne laissa aucun espoir au projet de coalition royale.

Fautes suprêmes de Jacques II. — A toutes les haiaes contre l'étranger qui remplissaient Tàme des Anglais d'alors s'en joignait une nouvelle : contre la cour de Rome, en tant que suzeraine du roi catholique. On ignorait en général dans le public les dispositions personnelles d'Innocent XI, l'adversaire de Louis XIV el de son influence en Europe, l'observateur fort peu satisfait des maladresses commises par le trop zélé roi d An-

terre. Un échange d'ambassades mécontenta et inquiéta. Le ift ardent des lords catholiques, Gastlemaine (le chef, avec le Petre, de la fraction pressée et imprudente des tories catholœft), fut envoyé à Rome. Les Jésuites le reçurent beaucoup îmix que le pape. Une gravure malavisée ou malveillante le ^senta agenouillé dans son manteau de pair. Ainsi se trougit blessé ce sentiment d'indépendance nationale qui avait î puissamment aidé au triomphe de la Réforme. L'arrivée fQD nonce blessa plus encore, lorsqu'on vit, pour la première jois depuis longtemps, le souverain britannique plier le genou lifant un étranger.

A mesure que le mécontentement grondait, que le peuple s'es- Hjait aux démonstrations, presque aux émeutes, que le clergé lipoadait dans ses sermons et dans ses écrits à la propagande nqfile, Jacques s'acharnait plus obstinément à briser toute itotaace. Il procédait, en vue d'un prochain parlement, à la ■lus extraordinaire préparation électorale que le monde ait rae, transformant les lords-lieutenants, quand ilà ne donnaient pas leur démission, en agents de la police secrète, créant une représentation artificielle des villes : si bien que cette Chambre des communes, si elle avait pu se réunir, n'aurait pu se faire prendre au sérieux. Puis vinrent deux attaques directes contre les autorités les plus ultra-royalistes de l'Eglise anglicane.

Magdalene-CoUege, la plus riche corporation de la loyaliste Université d'Oxford et peut-être de l'Europe, devait élire son président. Le roi vint en personne lui imposer le choix d'un de ses coreligionnaires : il ne put obtenir l'obéissance des igrégés. Le primat Sancroft et six autres évoques, lui ayant porté dans son cabinet une pétition respectueuse, furent envoyés ï la Tour. La foule, les soldats eux-mêmes, sur le bateau, sur es rives, dans la boue de la Tamise, leur demandèrent leur bénédiction. Leur procès, où le jeune avocat Somers fonda sa éputalion, prit les proportions d'un événement national. Leur cquittement par le jury donna le signal d'une illumination qui ^concilia toutes les nuances du protestantisme : aux fenêtres issidentes comme aux autres brillaient sept chandelles, celle

(lu milieu plus haute en Thonneur du primat. La déchéai roi était moralement proclamée.

La déchéance matérielle n'aurait peut-être pas suivi. Jj n'était plus jeune : un prince et une princesse proti devant lui succéder; on prendrait patience. Mais voici qu un prince de Galles, évidemment destiné à être élevé i religion de son père. Pas d'autre issue qu'une révolutioi

Guillaume d'Orange en Angleterre. — On ne ( rien faire sans le consentement et la coopération résol héritiers évincés. La princesse Marie, très opposée au zèle lique de son père, et le stathouder, ennemi-né des pi de Louis XIY, étaient pourtant restés jusque-là dans les 1 d'une neutralité défiante. Leur seule démarche menaçant été l'envoi en Angleterre d'un habile diplomate néerii Dykvelt, qui forma une sorte de coalition entre Danby, 1 (un chef tory, un chef modéré), en outre Churchill, l'i chefs de l'armée, Compton, l'un des chefs de Tépiscopal l'amiral Herbert. Toutes les forces vives du pays, même qu'elles avaient de plus conservateur, se trouvaient doii parées à une intervention hollandaise. La naissance du prétendant Jacques III, que l'on se plut à croire un supposé pour calmer les scrupules loyalistes, décida E IlusscU et Henry SiJaey, héritiers dune double vengea provoquer cette intervention. Un appel fut donc rédi nom des droits primordiaux de la liberté britannique, el secrètement à La Haye par l'amiral.

Guillaume et Marie l'acceptèrent; mais comment yréj au milieu de telles difficultés? Leurs adversaires néerl n'allaient-ils pas les empocher d'équiper une flotte pou cendre en Angleterre? Les Anglais, si chatouilleux su indépendance, n'allaient-ils pas voir de mauvais œil une in hollandaise? Et d'ailleurs l'immense puissance de Loui ne suffirait-elle pas à la prévenir? L'habileté du gendre, nouvelles maladresses du beau-père, levèrent tous les obs Pendant que Jacques repoussait les offres du roi de F il imaginait de se faire protéger par des soldats irla Or l'Irlandais était le plus exécré de tous les « étrangers

^ndit le prince d'Orange et ses compagnons comme des ibérateurs.

Ils débarquèrent à Torbay, avec un drapeau qui appelait les anglais à la défense de leurs libertés et de la religion. L*évôqueliltorien Burnet prononça, dans la cathédrale d'Exeter, un iremier sermon à la gloire du nouveau régime. Des protestants 4e toute nation figuraient dans cette armée. Celle que Jacques lisaya de lui opposer lui manqua, comme lui manquaient ses mis personnels, ses parents, ses créatures. Il dut renoncer à toate lutte et chercher à s'entendre avec l'envahisseur, qui jliit vainqueur sans combat.

L'interrègne. — La situation restait sans issue tant que le loi vivrait en Angleterre et se cramponnerait à son sceptre, fies négociations, encore qu'il y apportât sa maladresse ordi- Biire, le rendaient plus dangereux que la lutte. Le déterminer à s'enfuir, mais à s'enfuir volontairement, sans expulsion brutale, voilà le vrai moyen. Par une dernière faute, il entra jansle jeu de ses adversaires, et partit en jetant le grand sceau dans la Tamise, pour rendre le gouvernement légal impossible. Au contraire, sa désertion allait le rendre possible, ce qui ne Tent pas dire facile. Guillaume s'installait au palais de Saint- James, pendant que Jacques recevait la fastueuse hospitalité du ch&teau de Saint-Germain. Les jurisconsultes s'entretenaient ayec Guillaume, et cherchaient le moyen de lui conférer le poaroir vacant sans blesser les préjugés loyalistes. Quelquesuns songeaient à le proclamer roi par droit de conquête, afin que les tories les plus dévots saluassent en lui un usurpateur sans doute, mais un usurpateur voulu de Dieu. II refusa fort sagement, ne voulant tenir la couronne que d'une assemblée élue. Les électeurs lui envoyèrent une Convention favorable en majorité au changement qui venait de s'accomplir.

Mais comment le légitimer ? Plusieurs systèmes furent proposés, d'abord dans des pamphlets, puis dans les deux Chambres. Celui des purs whigs, le plus radical, aurait simplement détrôné Jacques II comme mauvais roi, écarté son fils, légitime ou non, comme n'inspirant aucune confiance, et appelé Guilaume au trône parce qu'il plaisait à la nation de le choisir. Le

projet des évèques tories aurait maintenu théoriquement les droits de Jacques, en donnant la régence à Guillaume. Entre les deux, celui de Danby considérait le roi fugitif comme ayant abdiqué par son départ, le prince de Galles comme suspect, et reconnaissait Marie comme héritière du trône, en lui associant son époux. Finalement on se rapprocha de cette solution, avec deux modifications importantes dans le sens whig, et aussi dans le sens des intérêts et de la dignité du prince d'Orange. D'une part, on s'appuya sur cette doctrine du contrat primitif entre le roi et le peuple qui, dit M. Gardiner, n'est pas plus démontrable que le droit divin. D'autre part, pour bien affirmer le droit national d'élection, Guillaume fut reconnu, en même temps que sa femme, souverain de l'Angleterre.

Guillaume III et la Déclaration des Droits. — La j couronne que lord Halifax offrit aux deux époux, le 13 février 1689, était une couronne à la fois ancienne et nouvelle. Bien n'était changé à l'antique appareil de la royauté par celte rérolulion conservatrice et aristocratique. Mais une déclaratioB rédigée par Somers et d'autres légistes soudait à cette royauté les principes constitutionnels dont Locke allait bientôt faire la théorie, et qui devaient peu à peu, mais solidement, pénétrer dans la pratique journalière de la vie politique. Elle condamnait tous les abus commis par le prince déchu, tels que la suspension des lois par le « pouvoir de dispense j» et que les levées de troupes sans une loi. Elle proclamait le vote des deux Chambres nécessaire pour la perception des subsides; elle garantissait le droit de pétition, Tindépendance des électeurs et des élus. Désormais tout souverain de l'Angleterre devra, lors de son couronnement, promettre fidélité aux libertés du royaume et à la religion protestante établie par la loi.

///. — L'Angleterre sous Guillaume III.

Dissensions et lois politiques. — L'assiette du nouve^^ régime paraissait trop étroite, trop peu solide, pour qu'il p** se maintenir et se développer. Whigs et tories, mis un mom^^

accord par les fautes suprêmes de Jacques, allaient-ils reprenleeD commun et transformer la vie constitutionnelle? Ni le ■oi, ni la Convention qui devenait le Parlement, ne songeaient mcore au gouvernement d'une majorité, impossible d'ailleurs peat-ètre en ce premier moment. Donc on mélangea le personael en le renouvelant. Comme lord-président, le tory Danby, bientôt marquis de Caermarthen, comme secrétaire d'Etat le whig Shrewsbury, comme chancelier le « nageur entre deux eanx > Halifax : c'était un triumvirat de concentration. Les latres grandes fonctions et le Conseil privé se partagèrent aussi e&tre les deux tendances. Pourtant, après ce que l'on pourrait appeler une révolution whig, l'impulsion whig était dominante. Guillaume d'Orange, homme d'action fort peu théoricien, bien fie la force des choses ait associé à son nom le triomphe d'une théorie constitutionnelle, espérait s'appuyer tour à tour, et à m gré, sur les deux partis. Lui-même entendait rester toujours «on propre ministre des afîaires étrangères. Les Anglais ne s'y opposaient pas, sachant bien qu'aucun d'eux ne connaissait lïarope comme lui. La préoccupation diplomatique le portait à modérer les passions, à éviter toute représaille sanguinaire. On ne répandit même pas le sang de JefTreys, qui mourut en prison, usé par l'épouvante, sinon par le remords. Le Bill d'amnistie, conforme aux intentions royales, amena une crise. Le 't)i renvoya la Chambre hostile à cette mesure (mars 1690), et les électeurs, entrant dans ses intentions, lui donnèrent une DMijorité tory. Pour quelques années le ministère Caermarthen se modifia dans le sens tory, sans devenir homogène.

Tout cela manquait de netteté en face du péril jacobiie. On ne savait pas bien où s'arrêtait le parti jacobite, car presque ^ous les serviteurs de Guillaume correspondirent, à un moment ^^ à un autre, avec la cour de Saint-Germain. Jacques était ^près tout un roi anglais, un amiral anglais. Très peu anglais d allures et de goûts, ne se montrant jamais si heureux que <iuand il quittait Londres pour son camp de Belgique ou pour son château néerlandais, Guillaume ne plaisait guère à son propre P^> qui lui reprochait ses régiments hollandais et son favori "^Mandais Bentinck, par lui fait comte de Portland. Vainqueur

du républicanisme batave, Guillaume n*aimait point le parie, mentarisme anglais, qui lui a dû sa victoire. C'est malgré lei résistances que s'établirent finalement les lois organiques de r Angleterre nouvelle.

Elles peuvent se ramener à un seul et même principe : k renouvellement fréquent des votes nécessaires. Les Ghambm, la Chambre des communes surtout, tiendront le roi par les suW sides votés, non plus pour toute la durée du règne, mais poor une année seulement; et les sommes votées pour la guerm devront être rigoureusement consacrées à la guerre. L'autorité sur Tarmée et sur la marine dépendra d'un muliny acl égak* ment annuel. Enfin le renouvellement triennal préservera les députés de l'accoutumance et de certaines corruptions. Ceci, te roi ne s'y résignera que plus tard. Mais, si son caractère personnel a plutôt retardé les progrès parlementaires, ses actions les ont accélérés. Pendant ses campagnes et ses séjours d'agréé ment sur le continent, les Anglais devaient se conduire euxmêmes. La reine Marie, régente pendant la moitié de chaque année, ne manquait pas de certaines qualités royales, mais te n'était pas une Elisabeth, et, sous le contrôle des Chambres, les ministres gouvernaient.

Dissensions et lois ecclésiastiques. — Au règlement (les affaires spirituelles Guillaume III prit une part plus codscienie et plus volontaire, mais avec un succès incomplet. Trois tendances se partageaient alors la masse prolestante anglaise: la Dissidence, très bigarrée; les Anglicans de la haute Église, ennemis do la Dissidence comme de la Révolution ; les Anglicans latiluciiuaires, bien disposés pour les dissidents orangistes comme eux, désirant s'entendre avec eux, ou tout au moins leur assurer la plus large tolérance. Le roi désirait satisfaire le plus possible ces trois grands partis, surtout le dernier, celui de ses amis et de ses idées personnelles. Des deux chefs latiludinaires, le prédicateur Tillotson et le politique Burnet, il put bien faire un archev(^que-primat et un évèque de Salisburj, mais rassemblée du clergé n'accepta pas son projet d'union avec les dissidents. 11 dut se contenter d'un acte de tolérance qui ne les mettait point sur le pied d'égalité légale avec les

'. il r

liérents de TEglise officielle. Cependant le torj^sme anglican iîYila pas un schisme intérieur. Ce nombreux clergé, mécondt de la révolution qu*il avait faite, ne se mit pas d^accord tria manière d'en subir les conséquences. Le primat Sancroft ^a la petite Eglise des non-jureurs. La majorité se résigna, a nom même de son principe de non-résistance qui Tinclinait eraot l'usurpateur, le conquérant voulu de Dieu ; mais ceux-là ensi espéraient le roi légitime, et, pour prendre patience, 'tiaasaient à écraser des oranges, symboliquement.

Restaient les catholiques et les soi-disant déistes. Les cathoflnes, les vaincus du jour, passaient pour les ennemis de indépendance nationale. Malgré les intentions relativement itérantes du roi à leur égard, ils attendront longtemps leur OMBcipation. Bientôt Collins inventera le nom de libre pensée omine Toland celui de panthéisme; déjà Blount, un des fondanirs de la liberté de la presse, compare Jésus-Christ à Apol- NÛus de Tyane. Le mouvement incrédule parmi les lettrés, » gens du monde, le clergé officiel même ira grandissant dans MIS les partis.

L'Ecosse (1688-1695). — La révolution ne pouvait être Hiservatrice en Ecosse, où fonctionnait une légalité persécuice, imposée à la nation. Ainsi la majorité presbytérienne ibissait un clergé prélatiste et se voyait exclue du parlement. I révolte éclatait de toutes parts, mais on ne trouvait pas tout ) suite le moyen de déposséder régulièrement le tyran. Guilume n*avait encore aucun droit sur ce royaume distinct; il intemnt que pour soustraire à toutes les entraves l'élection une Convention constituante. Cette assemblée détrôna Jacles II, et offrit la couronne à Guillaume et à Marie. L'épispat fut aboli , et TEglise presbytérienne redevint Y établissemi officiel. L'union avec l'Angleterre, désirée par le roi, ne luvait encore s'accomplir.

Les Highlanders n'acceptaient pas le régime nouveau. Sous le illant et cruel Claverhouse, ils vainquirent le général oransteMackay à Killiekrankie (1689), mais en perdant leur chef, d n'eut pas de successeur. Au centre des pays insurgés Mackay instruisit le fort William, qui brida décidément les tribus

Le débarquement du vieux maréchal de Schomberg en Irlande avec de nombreux huguenots accentua le caractère religieux de cette latte. L^hiver fut pénible à passer pour lui comme pour ses adversaires. En 1690, les renforts affluèrent dans les deux camps. Guillaume III en personne traversa la Boyne, le H juillet, et, près de Drogheda, écrasa Tarmée catholique. Dublin tomba en son pouvoir. Jacques s'enfuit en France. Ses habiles lieutenants prolongèrent la guerre jusqu'à la capitulation de Limerick (cet. 1691). Perdant toute espérance nationale, les principaux Irlandais émigrèrent en France. Ceux qui restaient, durement traités, ne songeaient même pas à remuer.

Après la victoire de Tourville à Beachy-Head (1690), les Français débarquèrent un instant sur la côte britannique. Ils brûlèrent un village, ce qui souleva contre eux presque tous les partis et neutralisa TelTet produit par les victoires de Luxembourg aux Pays-Bas. Les jacobites, ne se rendant compte que de cette dernière impression, crurent venir à bout de Tusurpateur absent, vaincu, impopulaire. Ils se mirent en relations avec les chefs tories, avec Tamiral whig Russell, par qui on espérait la défection de la flotte, même avec Tinlrigant à triple jeu Churchill, devenu comte de Marlborough. Ce coquin de génie, qui avait renversé Jacques II et combattu ses partisans en Irlande, trahissait maintenant en sa faveur. Les jacobites le croyaient du moins, tandis qu'en réalité Marlborough trahissait les deux rois rivaux au profit d'Anne Stuart, la seconde fille de Jacques II, ou plutôt de la terrible lady Marlborough, maîtresse absolue de cette princesse. Guillaume et Marie, avertis et consternés, disgracièrent les Churchill. Mais le malaise n'en était pas moins général, et en 1692 les plus belles chances s'olfraient à l'ancien roi. Il les ruina lui-même avec sa maladresse ordinaire. Il répandit dans toute TAngleterre une proclamation annonçant la proscription de tout ce qui avait trempé dans la ï'évolte, c'est-à-dire de cent mille Anglais. Dès lors, la haine» des Français et de leur protégé l'emporta sur l'antipathie contre 'e Hollandais. Les deux flottes anglaise et batave restèrent ^nies et furent victorieuses à la Hougue. L'enthousiasme fut grand dans Londres, et le trône de Guillaume consolidé.

Histoire générale. Vi. «9

450 LANGLETERRE

La Cité et le premier ministère i^hig. — Un grai désastre commercial le fortifia plus encore. Tourville, i détruisant la flotte marchande qui transportait en Orient l richesses de la Cité, exaspéra Londres au lieu de l'abattre. Ph whig que jamais, le conseil municipal promit à la reine Mar que, malgré la ruine de tant de maisons de commerce, ( avancerait au gouvernement toutes les sommes nécessaires poi continuer la guerre. Le whig Montague créait la Banque d*Ai gleterre, qui commença ses opérations par un emprunt d 1 200 000 livres sterling. La dette publique était fondée : graoA force de plus pour le gouvernement issu de la Révolution, puisque chaque rentier se trouvait intéressé à empêcher le retour de Tancien régime. L'esprit colonial, loin de se décourager, suscitait de nouvelles entreprises, et, par de nouveaux billssnr les Indes Orientales, le parlement assumait, après tant d'autres choses, la direction du commerce lointain.

En même temps que les whigs donnaient une impulsion douvelle à TAngleterre financière , ils commençaient décidément i gouverner TAngleterre politique (1694). Jusque-là les ministres, choisis intentionnellement dans les deux partis, étaient union les ministres du roi, sans homogénéité, sans solidarité; et d'abord Somers, aussi bien que Guillaume, avait trouvé excellent qu'il en fût ainsi. Mais on voyait maintenant les défauts de ce svslèmo; la Chambre des communes ne savait commenl exercer sa puissance sur les ministres : elle ne savait que les attaquer, parfois les mettre en accusation, un à un. Celui qu» apporta le remède à ce malaise constitutionnel fut Thomnic d'Etat le plus décrié de TAngleterre, Tintrigant, le renégat Sunderland. Il sortit de sa retraite méprisée pour conseiller à Guillaume de se donner un ministère whig. Son projet fut adopl»^- Les chefs distingués de ce parti formaient ce qu'on appelait 1^ JuiUe (les Cinq : Somers, Montague, Russell, Wharton, Sbre^** l)ury. Ils formèrent dès lors le premier ministère vraiment constitutionnel, dans lec|uel Somers obtint les sceaux, Russell l'Amirauté, Montague l'Echiquier, Shrewsbury le Secrétariat? Wharton étant surtout uu leader parlementaire; le lord-trésorier Godolphin, pur spécialiste, pouvait au besoin siéger à f^^**^"

les whigs. L'unité d*impulsion donna au gouvernement, une «rande force. Le roi ne fît plus d'opposition au renoûvellémeixt iriennal de la Chambre des communes, et la presse devint libre. Consolidé par ces éclatants progrès, le gouvernement <|rtnchit sans secousse la crise que faisait redouter la mort db il reine Marie, et bientôt il apprenait le premier succès conti- -aenlal de la coalition : la prise de Namur (1695).

La presse et les élections de 1695. — La suppression le la censure coïncida heureusement avec cette nouvelle. Jour- •taux et pamphlets parurent, presque tous favorables à la Révôhilion et à Guillaume, du moment que Topposition n*était plus le fruit défendu. Les élections approchaient : le roi ne négligea rien pour les rendre favorables, et cette fois encore il compta sur la liberté. Les régiments casernes dans toute localité où s*ou- Trait le scrutin reçurent Tordre de s'éloigner pendant la cérémonie, afin d'éviter jusqu'à l'apparence d'une pression. Guilhame fit aussi une tournée électorale dans les comtés qui ne le eoDoaissaient pas encore. Il s'y montra aimable et s'en trouva bien : des 160 députés nouveaux, la grande majorité lui était dévouée, et les principaux jacobrtes de la précédente assemblée restaient sur le carreau.

La crise monétaire, les complots et la paix. — Jamais l'accord complet de la couronne et du public n'avait été plus nécessaire. Le malaise du commerce devenait intolérable par suite de la coexistence de deux sortes de monnaie : les vieilles pièces d'argent frappées au marteau et faciles à rogner, les nourelles pièces d'argent frappées au moulinet. Sur la première catégorie , les rogneurs faisaient de tels bénéfices que le fer rouge et la potence ne les décourageaient pas. On ne sortit de li que par une refonte générale qui produisit aussi des souffrances, mais passagères, grùce au concours de la nation, de la Chambre et des ministres. Les anciens nuages reparaissaient çà et là, mais sans amener d'orages : le favori Portland dut renoncer à certains biens de la couronne (on les lui avait prodigués) : les tories opposèrent une banque foncière à là Banque d'Angleterre des whigs, mais celle-là aussi avança de l'argent pour les frais (le la guerre, ce qui la rendit agréable au roi, sinon aux minis-

ires. Mais ce qui mit le comble à la popularité du gouTenc ment, ce fui un complot jacobite contre la vie de Guillaume.

Les complices obscurs furent exécutés pour crime de hii| trahison. Sir John Fenwick, qui avait insulté trois ansph tôt la reine Marie en plein parc, et que Guillaume poursuivai d'une haine terrible, périt aussi sur Téchafaud en vertu da bill d^atlainder, le dernier qui ait ensanglanté le sol britai nique. L'enthousiasme populaire fit explosion. Une vul « association » jura fidélité au roi < légal et légitime >. Si o30 députés, 420 signèrent le pacte, et dans certains comté qui refusait sa signature s'exposait à de mauvais traitement

Une fois encore, et plus que jamais, les jacobites avaient tr vaille contre eux-mêmes. Sans ce nouvel élan, Tusurpateuraun eu de la peine à faire les derniers efforts qui aboutirent au coi grès de Ryswick. Or la réunion même de ce congrès tuait in médiablement les espérances du souverain proscrit. En vaû Jacques essaya d*y envoyer un ambassadeur, de prolester conft toute clause attentatoire à ses droits. Il ne put empêcher les dei grands ennemis, Bourbon et Orange, de s'entendre en vue < la succession d'Espagne. La «reconnaissance formelle de Gai laume III terrifia les Jacobites des deux côtés de la Maodu mais réjouit la grande masse de la nation anglaise. Elle célébr Je solennelles aclions dp grâce pour la paix rétablie et le droi national victorieux.

Les relations diplomatiques se modifiaient à divers points A vue. Dans son premier voyage en Occident le tsar Pierre l( Grand venait à Londres; il y apportait une alliance poliliqw et commerciale destinée à renouveler l'histoire de l'Europe Moins durable, le rapprochement avec Louis XIV donnait liei à une mémorable ambassade, celle de Portland accompagné dii brillant écrivain anglais Prier. Le grand roi les reçut à mer veille, mais leur refusa l'cloignement de Jacques II et de su petite cour. Guillaume jugea d'autant plus nécessaire de « réconcilier avec son héritière, la princesse Anne, en faisan cesser la disgrûce de Marlborough.

Le désarmement et les élections de 1698. — La paix, que Ton désirait et croyait éternelle, produisait une violenlt

réaction contre le militarisme, spécialement contre les troupes hollandaises maintenues en Angleterre. La presse, active et libre, demanda la première le désarmement. Acceptant la lutte sur ce terrain où il excellait, Somers écrivit une « lettre d'équilibre > qui mettait ses compatriotes en défiance contre leur optimisme diplomatique et militaire. « L'Angleterre ne peut être en sûreté sans une armée de terre >, disait le roi en personne lorsqu'il ouvrit la session. La Chambre lacclama, et les ministres espérèrent qu'elle accorderait le chiffre de 30000 hommes pour l'armée permanente. Mais voilà qu'une motion de Harley, l'un des chefs tories, réduit des deux tiers ce chiffre déjà modeste. La majorité lui donne raison, attaque Monlague, s'élève contre tout projet de libre-échange. Malgré tout, elle reste favorable à la personne royale.

Mais les élections triennales approchent. Guillaume redevient impopulaire parce que l'opinion lui attribue le projet d'une nouvelle guerre générale. Et les tories gagnent des sièges parce qu'alors la politique extérieure de ce parti consiste à mêler le moins possible l'Angleterre aux affaires continentales. Le ministère, comprenant la nouvelle orientation électorale, vit avec plaisir le roi conclure, dans son château de Loo, le fameux traité de partage de la succession d'Espagne *. Guillaume revint en Angleterre, tout heureux de ce succès pacifique. Quelle n'est pas son irritation lorsqu'il voit la Chambre, dans sa persistante défiance, réduire encore l'armée au chiffre dérisoire de "000 hommes, et stipuler, par surcroît, que tous ces hommes doivent être Anglais de naissance! Il prend la résolution d'abdi- <luer. Somers réussit à parer ce coup funeste, mais non pas à détourner de son collègue Montague l'orage parlementaire. Ce souple financier, encore plus attaqué que ses amis de la Junte ^kig, se réfugie, en sceptique qu'il est, dans une lucrative Sinécure. Les autres chefs, Somers, Russell, se retirent aussi. Guillaume doit avaler une bien autre couleuvre. La mort du prince électoral de Bavière, qui remettait tout en question, qui ^lait la Bourse et tout le commerce de la Cité, lui paraissant

*-Voir ci-dessous, chap. xi, pour tout ce qui .i rapport à la succession d'Es- P»gne.

une occasion favorable, il demande, lui-même, et en suppliant, le maintien des régiments hollandais. La Chambre lui fait r«(. front direct et personnel d*un refus. Lorsqu'il partit pour st résidence hollandaise, le parlement et lui se séparèrent eu tiii mauvais termes (1699). Les ambitions whigs sur le continent, les idées whigs, le personnel whig, tout semblait s'effondifr»

La succession d'Espagne et les revirements éleotih rauz. — Le testament espagnol accepté par la France aggran d'abord la mésintelligence. Les tories avaient pour eux lopi. nion publique lorsqu'ils répétaient avec fureur que le tesli» ment valait mieux que les traités de partage de Guillaume, Ion qu'ils demandaient grâce pour la nation épuisée, qu'aucun molil sérieux ne contraignait à une nouvelle guerre. Les conseiUen de Guillaume n'avaient jamais été aussi maltraités. Cefulbîei pis lorsque les élections de février 1701 renforcèrent et eici tèrent la majorité tory. Elle intenta un procès à lord Someit c'est-à-dire à toute la politique whig, et tonna contrêli Chambre des lords quand celle-ci eut prononcé l'acquittement

Brusquement le vent sauta. Les deux célèbres fautes in Louis XIV, que précisément l'état de l'opinion en Angletem l'avait encouragé à risquer, l'occupation des villes de la Ba^ rière et la reconnaissance du prétendant Jacques III comme roi d'Angleterre, retournèrent les patriotes de tous les partis. Louis XIV traitait la couronne britannique en fief dont il pou\ul disposer à son gré! C'était d'autant plus grave que Vact o/Sft tlement, voté par le parlement, venait de reconnaître comm( héritière d'Anne Stuart, pour remplacer le jeune duc de Glocesie mort récemment, sa plus proche héritière protestante, l'Ele^ Irice Sophie de Hanovre. La colère publique fut si évidente qi Guillaume ne risqua rien en dissolvant la Chambre élue depu quelques mois. En novembre, les électeurs lui envoyèrent ui majorité whig, qui lui permit un remaniement éphémère de w ministère dans le même sens, et qui manifesta solennelleme contre le prétendant jacobite. Lorsqu'une chute de cheval, sa gravité en elle-même, acheva de tuer un corps miné parla malac (mars 1702), le roi hollandais n'était pas précisément populaii mais la nation acceptait l'héritage de ses projets et de ses haim

Page 1