‹ Histoire générale du IV siècle á nos joursChapitre 45 sur 167 · IV. — La reine Anne : whigs et tories · texte numérisé non relu

IV. — La reine Anne : whigs et tories

Puissance et divisions du torysme (1802-1804). — liioe Stuart étail une reine tory, et son avènement apparut fibord comme le triomphe du torysme. Personnellement, elle le devait jamais quitter ce parti, pas plus que son dévouement lia haute Eglise, à Tanglicanisme pur et absolu. Anglicane eoinme son aïeul Clarendon, comme son oncle Rochester, elle flavait subi aucune influence ni du catholicisme du roi son ■kre, ni du latitudinarisme du roi son beau-frère. On coniiissait ces dispositions, et comme la personne du souverain kQÛssait encore d'un immense prestige, le zèle épiscopal, péni- Uament contenu depuis treize ans par le roi hollandais et par la Junte whig, fit explosion. Les élections générales nécessitées fir Favènement révélèrent les immenses ressources du parti ims la campagne anglaise, même dans les villes, et permirent de constater une renaissance du loyalisme. Non seulement les tories constitutionnels, mais les tories mal résignés à la Révolution et presque tous les jacobites déclarés regardaient la reine comme quasilégitime ; ils espéraient qu'ayant perdu tous ses enfants, elle reconnaîtrait son jeune frère Jacques III pour son successeur. En attendant, ils comptaient sur elle pour détruire l'acte de tolérance et traquer les dissidents. Seulement ils oubliaient la fausse situation d'un parti au pouvoir qui est forcé défaire une guerre contraire à ses principes.

Ils ne pouvaient pas, en effet, sans se briser contre l'opinion lationale, éviter la guerre. La restreindre à la défense des Pays-Bas, puis la terminer le plus tôt possible, tel est le pro- [ramme de certains tories, tandis que le programme des autres e confond à peu près avec celui des whigs. Division qui va liner en deux ans le ministère nouveau, si fort, en apparence i homogène. Le secrétaire d'Etat Nottingham, le chancelier i^right, le gardien du sceau privé Buckingham, le lieutenant Irlande Rochester, détestent tout ce qui est whig ou non-con- >nniste, et tout projet diplomatique venant de ce côté. Au

contraire les doux hommes essentiels de l'Angleterre, unis par des liens d*amitié et de famille, le lord-trésorier 6odolphin,le comte (bientôt duc) de Marlborough, généralissime avec pleins pouvoirs pour les négociations continentales, savent que les whigs sont les seuls vrais partisans de leur politique européenne, et vont se rapprocher d'eux tous les jours. C'est ainsi que les affaires étrangères détraquent à l'intérieur les cadres des partis.

Blenheim et la majorité Tvhig de 1706. — La déCance des tories purs et bientôt leur haine contre Marlborough allaient croissant. Dans la Chambre des lords, ils rencontraient ses intrigues, appliquées cette fois à un but libéral. Us désiraient faire coup double, satisfaire leur animosité contre les dissidents ef assurer contre tout revirement leur majorité électorale parle bill A'Occasional Conformity. Voici de quoi il s'agissait. Ne pouvant opérer la réconciliation générale entre protestants, les whigs de la Révolution avaient poussé la tolérance jusqu'à se contenter, de la part des non-conformistes, d'une adhésion annuelle, d'une conformité apparente et fugitive à la communion anglicane. N'admettant pas cette hypocrisie périodique, le nouveau bill exigeait une adhésion effective, et par conséquent écarlait de tout emploi public la masse dissidente, portion considérable des électeurs whigs. La Chambre des lords, excitée sous main parle généralissime, repoussa ce projet intéressé des Communes, qui devait, seulement vers la fin du règne, réussir pour quelque temps. D'autre part, les tories votaient contre une dotation accompagnant le nouveau titre ducal de Marlborough. Vaincu en Bavière, ils l'auraient mis en accusation. Mais ils le virent revenir avec un maréchal de France prisonnier, et célébrer avec ses trophées un triomphe romain, en attendant une récompense nationale. Ce fut la construction dans un parc roy*' du château de Blenheim (Blenheim est le nom que donnent les Anglais à la bataille de Hochstœdt, 1704).

Le patriotisme britannique exulta : longtemps humilié pî^ la politique effacée des Stuarts, puis par les défaites continentales de Guillaume, il voyait un général national, des troupes nationales, victorieux sur les bords du Danube! Et la même

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