‹ Histoire générale du IV siècle á nos joursChapitre 53 sur 167 · Voir ri-dessous, chap. xix [la Russie · texte numérisé non relu

Voir ri-dessous, chap. xix [la Russie

bc mouvement scientiflque n'était pas inférieur au mouve- )Bt littéraire : Jean Blaeuw, échevin d'Amsterdam (7 1680), hevait le Theatrum mundiy commencé par son père, un des eSleurs atlas de géographie du temps; Cohorn (7 1704), imule de Vauban ', résumait dans un grand ouvrage la théorie H fortifications. D'autres s'illustraient par leurs découvertes lis le domaine des mathématiques, de la physique, et des litDces naturelles. Christiaan Huygens (•}• 1695), le fils de Mstantin, acquit une réputation européenne ' et fut nommé irLouis XIV membre de l'Académie des sciences, lors de sa léitioD. Jean Swammerdam (7 1680), Graaff (f 1673), Leeur«Ahœck (f 1723) se distinguèrent par leurs recherches ana- Hiûques ou biologiques, en attendant que Boerhaave (1668- 738) donnât toute son ampleur à l'enseignement médical. Qaant à l'art, il restait une des gloires nationales les plus grès. Je ne parle pas de l'architecture ni de la sculpture, qui i*eurent rien de remarquable, la religion calviniste s'accomlodant pour son culte des édifices les plus simples, et Mynhcer ' > recherchant pour son habitation le confort plutôt ne l'élégance. Mais la peinture brillait dans la seconde moitié D siècle d'un aussi vif éclat que dans la première, et avec les lèmes caractères : elle était toujours en communion étroite rec le milieu et, comme on l'a dit, ne se lassait pas de faire porlrail des hommes et des lieux. Rien ou presque rien des rénements comlemporains : l'école hollandaise vivait presque idifférente à l'histoire ; des tableaux comme la Paix de Munster irTerburg ou le Dépari de Charles II de Schetieningen (1660) ir Lingelback, ont été des exceptions, et les peintres de ilailles comme Wouwerman (7 1668) ou Berghem (7 1683) se nt montrés moins soucieux d'être véridiques que pittoresques, est vrai que la représentation du pays et de ses multiples pects, des habitants et de leur vie journalière fournissait aux jciples de Rembrandt et de Hais des sujets infiniment variés \

Voir chIcssus, p. !3i.

Voir ci-dessus, p. il 3.

Sobriquet du bourgeois néerlandais.

Voir ri-dessus, p. 373.

492 LES PHOVINCES-UNIES

IV. — Stathoudérat de Guillaume III; les débuts du XVI 11^ siècle fi6^2—iyo2).

Triomphe de la maison d'Orange : le stathoudérat héréditaire. — Après la révolution de 1672 et la fin Irtgi(iue de Jean de Witt, Guillaume III se trouvait maître Je la situation. Chargé de défendre sa patrie contre les armées je Louis XIV, il sut s'acquitter glorieusement de cette tâche libératrice; mais il lil payer cher ses services, et les libertés politiques des Provinces-Unies subirent une longue éclipse. S'il ne put les détruire complètement ni fonder une monarchie, c'est qu'une pareille transformation était impossible après la longue vacance du stathoudérat. Du moins, il ne cessa pendant trente ans d'accroître ses prérogatives, et obtint dans l'Union une autorite presque absolue.

Dès la (in d'août 1672, il réclama le droit de nommer les régents des villes, c'est-à-dire de remplir de ses créatures tous les conseils municipaux. Les Etats de Hollande, qui avaient repoussé cette demande un mois auparavant, courbèrent celle fois la tôle. Le même jour, il se fît donner la libre disposilion dos charges militaires jusqu'au grade de colonel. « Dans peu, écrivait à Louvois l'agent fran(;ais Bernard, le gouvernement lui appartiendra enlièrement, et il aura plus de pouvoir qui* ses aiicèlres n'en ont jamais eu. » Les magislrals. nommés par lui, étaient prêts à faire toutes ses volontés; il m* pouvait guère en être autrement de leurs élus. Les grands corps (le l'Etal rivalisèrent de servilité. En 1674, les Etats-Généraux proclauièrenl l'hérédité des charges de capitaine et amiral général en sa faveur, tandis que les Etals de Hollande el dt* Zélande lui décernaient le stathoudérat héréditaire, exemple qui fut suivi aussitôt par Ulrerht, et l'année d'après par la Gueldro el l'Over-Yssel. C'était beaucoup, c'était même trop dans iift*' Uépublique. Toutefois les ciioses n'allèrent pas plus loin. QuauA

les Etats de Gueidre en 1075 ollVirent à Guillaume la sou^'^* raineté de leur province, il se vit moralement forcé Je'

ser, et, malgré ses allures despotiques, Tancienne conslion subsista.

'agel et Heinsius. — Le prince trouva pour gouverner iles auxiliaires dans les deux successeurs de Jean de Witt, pard Fagel et Antoine Heinsius. Le premier, après avoir un des amis de Jean de Wilt et un des promoteurs de TEdit pétuel, s*élait attaché avec ardeur au parti orangiste. Devenu isionnaire de Hollande en 1612, il mit au service du stauder toute Tinfluence dont il disposait. C'est lui qui fit voter mesures de 1672 et de 1674, et qui tint en échec le parti des ils, lorsqu'il releva la tète après la paix de Nimègue ; c'est qui plus tard rejeta avec hauteur les offres pécuniaires de iToyé français, d'Avaux, en lui répliquant que la République it assez riche pour le payer de ses peines. Grâce à Fagel, iUaume triompha de toute opposition, mais ce ne fut pas sans ficulté. De 1678 à 1684, ses adversaires, qui avaient conclu MÛx malgré lui, firent un suprême effort pour reprendre le ans. Stimulé par le comte d'Avaux qui cherchait à brouiller cartes, le bourgmestre d'Amsterdam, Hooft, dirigea ouverlent la résistance, et une levée de 16 000 hommes, demandée le prince, lui fut refusée à plusieurs reprises. Le conflit [grava de dissensions religieuses, toujours liées dans ce s aux dissensions politiques : les Voétiens et les Coccéiens, iples des théologiens Voet et Cocccius, engagèrent des conerses passionnées, et tandis que les premiers s'attachaient , maison de Nassau, les autres osèrent déclamer en chaire ïe son autorité. Guillaume riposta en déposant plusieurs eurs. Quant à Amsterdam, il l'accusa de négocier avec bassadeur de France, fit mettre sous scellés les papiers de ille et ordonna une enquête approfondie (février 1684). itation fut alors à son comble dans la grande cité répubii- 5. Suivant l'Anglais Burnet, on songea à proposer au prince 'i-Casimir de Frise le stathoudérat de Hollande. Malgré trvention conciliante de Van Beuningen, la guerre civile it peut-être éclaté, si les événements du dehors n'étaient s une fois de plus au secours du prince d'Orange. La poliagressive de Louis XIV et la persécution des huguenots

494 LES PIIOVINGES-UNIES

forcèrent le parli des Etats à renoncer à Tappui de la France, qui faisait sa principale force. Les discordes intestines s'eftcèrent devant le péril extérieur, et toutes les provinces g'uDirent pour acclamer la dictature militaire du stalbouder. Peu de temps après, en 1()88, Amsterdam, entraînée par réloqueoce persuasive de Fairel, fournit en grande partie les fonds nécessaires à Texpédilion en Angleterre.

Fagel avait concilié deux antinomies, il avait fait marcher d'accord le stathouder et le pensionnaire de Hollande. Sa mort, en octobre 1688, pouvait être le signal de nouvelles luttes; il n'en fut rien. Les débats au sujet de la nomination de son successeur ne servirent qu'à montrer l'impuissance de l'opposition, et ce fut un orangiste, Antoine Heinsius, qui fut élt (mars 1689). Né vers 16il, Heinsius était depuis longtemps pensionnaire de Delft et avait rempli en 1681 une mission à Paris pour y défendre les droits des Nassau sur la principinlè d'Orange. Traité avec arrogance par Louis XIV etparLouTois qui l'avait menacé de la Bastille, il était revenu avec la haine de la Franco, ce qui avait achevé de le lier étroitement an prince. Sa nature flegmatique et son esprit délié le rendaient éminemment apte aux négociations; cbez lui, le diplomate l'emporta toujours sur l'administrateur, et son babileté contribua largoinenl à fairo triompher au dedans comme au dehors la politique de (luillaume III.

Guillaume m roi d'Angleterre. — La tâche était plus difficile depuis la révolution de 1688 qui avait placé le stathouder sur le tronc de Grande-Bretagne *. Sans doute celui-ci,

en notifiant son avoncMUont aux Etals-Généraux, avait déclaré « que la nouvelle dignité dont il venait d'être revêtu ne diminuerait en rien les soins et l'afTection qu'il avait toujours eus pour le bien-ùtre de la llépubliciue » ; mais c'étaient là de vaines paroles, et rac(|uisilion de la couronne britannique devait fatalement changer les vues d(^ son gouvernement. L'union de Jeux pavs comme l'Angleterre et la Néerlande ne pouvait se faire sur le pied d'égalité; les intérêts de l'une devaient primer ceux

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