Voir ci-ilessouïi, chap. xx et xxii
souabe et dans la vallée du Rhin, un grand nombre de seigneurs qui avaient pu se soustraire aux conséquences de la souveraineté et < rester soumis sans intermédiaire à TEmpereur et à TEmpire ». Ils s'étaient constitués en une sorte d'association, divisée en sections, et à la tête de laquelle se trouvait un directoire commun, dirigé alternativement par la chevalerie ^Souabe, par celle de Franconie et par celle du Rhin. S'ils ne possédaient pas de siège dans les diètes d'Empire ou de cercle, ils avaient du moins l'avantage d'être exonérés des impôts d*Einpire et des mois romains {Bœniermonaté); ils se bornaient i payer directement à l'Empereur une contribution volontaire (Snbsidium charitativum).
Quant aux villes d'Empire, il y en avait encore une cinquantaine, soumises directement à l'Empereur et à l'Empire, et paslablement administrées par leurs magistrats, mais sans grande influence au Reichstag, et sans importance politique. Les plus importantes étaient Nuremberg, toujours réputée par ses produits artistiques et industriels; Augsbourg, qui avait renoué ses relations commerciales avec l'Italie; Francfort, qui, grâce à son heureuse situation, conservait des foires importantes et restait la ville du couronnement; Cologne, oii débouchait la plus grande partie du transit qui se faisait par le Rhin; et les trois villes Hanséatiques. Le principal souci des villes était de se défendre eontre les attaques des princes. Ayant en cfTet soutenu l'Empereur contre ceux-ci, elles s'étaient attiré leur mauvais vouloir et avaient beaucoup de peine à maintenir leur indépendance.
Effets produits par la guerre de Trente ans. —
La guerre de Trente ans eut sur la vie intellectuelle de rAUcmagne, comme sur sa situation politique, économique et sociale, les plus tristes effets. L'impuissance intellectuelle de l'Allemagne semble d'abord complète. Elle se manifeste notamment par une imitation constante de l'étranger, et surtout de la
Histoire oéméralc. VI. 37
578 L'ALLBMAGNI
France. Le français n*est pas seulement la langue diplomai il s'insinue dans la langue allemande elle-même, i laqod dépit des efforts de quelques sociétés de linguistique, m une foule de termes étrangers, c De nos jooiB, éeriTaitri d'une brochure parue en 1689, tout doit être firançais. i
L'influence de la France resta donc prépondérante di divers domaines de la pensée. L'Allemagne n^avait pu i repris conscience de son génie. Le travail de reconstilvli l'Allemagne intellectuelle se flt lentement, et fut T d'hommes pour la plupart médiocres et qui ne sortaieiit du cadre de leurs occupations professionnelles.
Mouvement religieux et phllosopblqae : LoO — D convient de mentionner tout d'abord le mouveme fois religieux et philosophique qui se dessine A la fin daxi cle, et qui porte le nom de piétùme. Le piétisme est i une réaction contre l'élroitesse d'interprétation qui avait lysé dans son essor le mouvement de la Réforme, el étouffé l'esprit par la superstition de la lettre. S^amgi rdle d'intermédiaire entre les fidèles et Dieu, le clergé lui avait fini par perdre le sens du protestantisme. PhilippeJi Spener résolut de réveiller la vie religieuse parmi ses toyens. Ses Pia desideria^ qui parurent en 167S, renfermai un plan de réforme. Rejetant les formules extérieures, i sont rien sans les œuvres, Spener présente le christia comme une affaire de sentiment et de cœur : qu'importe 1' doxie si ToYi est pénétré de la grandeur et de la bonté de Au respect des interprétations il substitua donc Tamoui sant, il présenta la piété intérieure comme bien supérieui manifestations extérieures du culte, et créa à cet effc réunions pieuses, des collegia pietatis où les fidèles de condition furent admis. Le mouvement piétiste prit beai d*extension et eut une influence considérable sur lorien de la pensée allemande, dans le domaine des arts comme celui de la littérature : Texemple de Jean-Sébastien Bach rait à le prouver *.