‹ Histoire générale du IV siècle á nos joursChapitre 86 sur 167 · I. Voir cHlessus, p. 219 cl 2 il · texte numérisé non relu

I. Voir cHlessus, p. 219 cl 2 il

Histoire ocnérale. VI. 47

sive énergique le prestige des armes françaises. A une allaque contre la petite ville de Chiari, où Ton croyait enlever un déUchement ennemi, on se trouva en face d'une armée nombreuse et bien retranchée ; il fallut se retirer, laissant 2000 tués oa blessés sur le terrain. Villeroy put tout au plus s'établir autour de Crémone, pour veiller à la fois sur le Milanais et le Mantouan; encore Tannée se termina-t-elle par la défection de la princesse de La Mirandole, qui renvoya sa garnison française et en accueillit une allemande (20 décembre).

Dans la campagne suivante, Yilleroy se discrédita par la plus singulière aventure. Il était cantonné à Crémone avec ses meilleures troupes. Pendant la nuit, Eugène fît entrer par un égoût SOOO hommes, qui se heurtèrent à un régiment commandé pour la parade matinale. Au premier bruit, Villeroy sort de son logis et tombe au milieu des Impériaux, qui l'entrainent. Ses soldats réveillés se rallient et engagent une lutte qui aboutit à l'expulsion de l'ennemi (1*''^ février 1702). D'où celte chanson :

Français, rendez grâce à Bellone...

Vous avez conservé Crémone Et perdu votre général.

Vendôme remplaça Villeroy et réduisit les Impériaux à ne plus communiquer avec TAllemagne que par la vallée de TAdige. En juillet et août, en présence de Philippe V et du duc de Savoie, il put engager contre eux deux actions avanlageuses, à Santa-Vittoria et à Luzzara. Eugène, privé d'uno partie de ses troupes rappelées en Allemagne, perdit une parlif du terrain conquis, et Vendôme s'achemina, par les défdésJu Tyrol, vers la Bavière, où lui donnait rendez-vous, pour porter un coup décisif à rEmj)ereur, une autre armée française.

La défection du duc de Savoie vint rendre aux Allemands l'espoir d'une revanche. Louis XIV hésitait à promettre à ce prince le Milanais, possession espagnole, sauf à s'annexer la Savoie et Nice. Victor-Amédée, tout en continuant à braver le feii ennemi dans les rangs français, traita secrètement avec rEmj)ereur, qui coda le Montferrat, les provinces d'Alexandrie.

Lomellino, val de Sesia, ainsi que toutes les conquêtes qu'on pourrait opérer dans le Dauphiné et en Provence (Turin, 25 cet. 4703). Vendôme dut rebrousser chemin, désarmer ses auxiliaires piémontais, et faire face à son allié de la veille. Malgré les renforts que Tessé lui amena de France en occupant la Savoie sur sa route, il se trouvait tenu en échec, à la fin de 1703, par les forces réunies de Viclor-Amédée et du général autrichien Slarhembérg.

La guerre aux Pays-Bas. — Aux Pays-Bas comme en Italie, la guerre devint promptement défensive. Contre les Anglo- Hollandais, commandés par Marlborough, le duc de Bourgogne, dirigé parBoufflers, avait à défendre une vaste ligne 8*étendant du Rhin à la mer du Nord. Une première offensive le conduisit jusque sous Nimègue; puis le manque de vivres le ramena en arrière, et son aile droite, dans Télectorat de Cologne, fut compromise par la perte de Kaiserswerth. Maître de celle place après trente-huit jours de tranchée ouverte et au prix de pertes considérables, Marlborough passa la Meuse, occupa la Gueldre et Liège, enleva Venloo et Ruremonde.

L'année suivante, la défensive française fut encore malheureuse. Boufflers était assisté de Villeroy, sorti des prisons impériales et qui, devenu plus prudent, n*en était pas plus habile. Le 15 mai, Bonn, la dernière place de Télectorat de Cologne encore debout, tomba; Anvers fut menacé et, malgré l'avantage remporté parBoufflers sur les Hollandais àEskeren (30 juin), Marlborough acheva la conquête de la Gueldre et du Limbourg.

De sourdes divisions entre le général anglais et ses alliés empêchèrent la campagne d'être décisive. Les Hollandais, marchands avant tout, tenaient à maintenir leurs relations commerciales avec la France ; les Etats-Généraux n'avaient accordé à Heinsius qu'un décret interdisant pour un an ces relations, et encore ce décret de pure forme laissait-il un champ large à la contrebande. Chaque ville renfermait un groupe de banquiers et de spéculateurs qui prétendait ne pouvoir soutenir qu'ainsi les frais de la guerre, et qui ne voulait pas, malgré les engagements pris avec l'Angleterre, laisser passer le commerce de ransit à la Suède et aux villes tianséatiques.

D'autres dissentiments se produisaient à propos des opérations mililaires. Des députés des Etats-Généraux suivaient pu à pas le général anglais et, parce qu'ils payaient ses troupes, avaient leur mot à dire dans toutes ses opérations. Par trois fois, ils rempôchèrent de livrer une grande bataille, lorsquil était déjà à Uuy. Les officiers hollandais s'obstinaient à maintenir leur ligne de défense sur les fronlières et se refusaient! comprendre la stratégie de Marlborough qui voulait s'ouvrir, même en laissant des places derrière lui, le chemin de la France.

Débuts de Philippe V en Espagne. — En Espagne, la lutte était, à la fois, autour de Philippe Y entre l'esprit indigène et les influences françaises, sur les frontières entre les forces franco-espagnoles et les envahisseurs anglais et allemands.

Le nouveau roi n'était ni sans capacité, ni sans conscience de ses devoirs. A l'encontre de ses prédécesseurs, il se montrait volontiers en public et au Conseil, ne se bornait pointa approuver d'un geste ou d'un mot les propositions des ministres. Bientôt, tout en entretenant une correspondance active avec son aïeul et aussi avec M"*" de Maintenon, il se laissa ressaisir par Talmosphère alanguissante du Pardo et de TEscurial, et ce qu^un historien a appelé « la pléthore du traditionalisme et de rincrlie » recommença. La jeune reine, fille du Juc (le Savoie, prit sa place dans le gouvernement et subit ellemômc rinflucnce de sa camarera mayoi\ M"*** des Ursins '.

« Soyez bon Espagnol, avait dit Louis XIV à son pelit-fils on l(* (juillant; c'est présonlemenl votn* premier <levoir; mais souvenez vous (pie vous èl(\s né Français pour entretenir l'union entre les deux nations; c'est le moyen <le les rendre heureuses... p Depuis, dans une instruction rédigée de sa main et où il lui donnait les plus sa«^es conseils, il s'était défendu do vouloir participer au gouvernemtMil de ce pays. Il fut bienlôl entraîné à le diriger, afin de le relever et de le rajeunir. A Madrid ses ambassadeurs dllarcourl, Marsin, le cardinal el l'abbé d'Estrées, le due de Gramont parurent au Conseil; Orrv fut chargé de réformer les finances. A Bruxelles, les ordres

Page 1