LES GRANDS IIËVKKS DE LA FRANGE
Bailles tendaient principalement à la ruine de Viclor-Amédée : ils trahissaient l'impatience de voir Tallié infidèle chassé de sa capitale, qui était en même temps son dernier réfugie.
La Feuillade, gendre de Chamillart, protégé par M™* de Maintenon, plus habile comme courtisan que comme général, vint avec 25 000 hommes et une nombreuse artillerie assiéger Turin. Sourd aux conseils autorisés de Yauban, il s*obstina à irouloir emporter la citadelle avant la ville, lui donna trois ftssauts inutiles et immobilisa ses forces dans des lignes de cinq lieues d'étendue coupées par une rivière. Victor-Amédée 6tait sorti delà ville c!, caché dans les vallées alpestres, atteniait l'arrivée des Impériaux. Cependant, sur TAdige, le duc i*Orléans et Marsin, qui remplaçaient Vendôme appelé en Flandre, n'avaient pu réparer les fautes causées au dernier moment par la négligence de leur prédécesseur; ils durent se replier sur le Piémont, suivis de près par Eugène. Le duc i^Orléans insistait pour que La Feuillade sortit de ses lignes et prévînt les Impériaux en leur offrant en plaine une bataille. Obligé de céder devant un ordre formel du roi produit par Marsin, il avait déjà, dans son dépit, quitté Tarmée, lorsqu'il apprit que les Français, selon ses prévisions, étaient attaqués dans leurs positions de siège. Il revint combattre au milieu d*eux. Trois attaques furent vigoureusement repoussées, mais enfin le centre, plus faible, céda. Marsin, déjà mortellement blessé, fut fait prisonnier. La Feuillade et le duc d'Orléans battirent précipitamment en retraite, abandonnant 104 canons, leur matériel de siège et leurs drapeaux (7 septembre 1706).
Ce fut une journée décisive. Dans Tautomne, Victor-Amédée, rentré en triomphe dans sa capitale, reprit successivement possession de toutes ses places. Celles du Milanais, abandonnées à elles-mêmes, capitulèrent également, et, en mars 1707, futsignée la convention qui autorisait le départ des dernières garnisons françaises. Louis XIV, sans consulter son petit-fils, se décidait à ne plus Taider de ce côté : « Je ne puis et ne dois pas, répondait-il à ses représentations, faire taire la voix de mes peuples, qui s'élève devant Dieu si je néglige de les soulager lans leurs maux. » (Août 1707.) Il stipulait avec TEmpcreur.
pour ce qui le concernait, la « neutralité de l'Italie ». Penji^ les années suivantes, Villars et Berwick se tiendront sur an étroite défensive le long des Alpes, de l'Arc et de l'Isèn^ c'est-à-dire sur l'ancienne frontière et dans le duché de Savoie.
Invasion de la Provence. — Avec l'année 1101 U donc le règne de Philippe V en Italie. L'Empereur coinpiili Toccupation du Milanais, mit la main sur le duché de Mantoit en déshérence, sauf à abandonner le Montferral i Victor-Amédée, nia la suzeraineté pontificale sur Naples et revendiqua la sienie sur Parme et Plaisance. Ses troupes entrèrent sur le lerriloiit napolitain (août), bien accueillies par les habitants, qui espéraient de cette invasion le rétablissement d'un royaume it$ Deux-Sicilos. Les Espagnols ne résistèrent un peu que dans l'enceinte de Gaëte. Les Anglais s'emparèrent de la Sardaigne au nom de l'Empereur, et de Minorque dans les Baléares pov leur propre compte (août 1708). Le pape Clément XI, qui avait tenté de former une ligue des Etals neutres, Venise, Gènes, la Toscane, vil son territoire ravagé par les Impériaux; et, iiu moment où il avait à craindre dans le gouvernement de Philippe V des tendances gallicanes et des entreprises contre les immunités ecclésiastiques, il reconnut « Charles III > sinon comme roi d'Espagne, au moins comme « roi Catholique ».
Le territoire français lui-même allait être envahi. Les vain- (lueurs de Turin, suivant la même route que Charles-Quint en 1324, entrèrent en Provence. Viclor-Amédée prenait au sérieux ses idées de conqui'^le au dehà des Alpes; les Anglais convoitaient les arsenaux elles chantiers de Toulon, et espéraient delà rallumer l'insurrection calviniste dans les Cévennes Le H juillet 1707, 40000 Ausiro-Piémontais passèrent le Var: ils franchirent la forêt de TEsterel, sans être trop inquiétés par les habitants, qui s'accommodaient assez facilement d'unchanirenient de maître. L'évêque de Fréjus, un futur premier ministre de Louis XV, fît chanter le Te Deum en l'honneur «le son nouveau souverain.
La clé de la résistance était à Toulon, bien armé ducùléde la mer, mais assez mal protétré, sans glacis ni chemin couvert, du coté (le la terre. Tossé proh'la de la lenteur des eimeml