LES GRANDS REVERS DE LA FRANCE
ts leur marche pour improviser des ouvrages de défense, si^e dura cinq mois. Au bout de ce temps, les assaillis, en proie aux maladies, manquant de vivres, batti- ^^[ en retraite plus vite qu'ils n'étaient venus, pillant le pays ^m'ils n'avaient plus à ménager et, cette fois, sérieusement - mJiquiétés par les Provençaux. Tessé, heureux de les avoir - ««poussés, n'osa les poursuivre.
Les coalisés en Espagne. — En Espagne, le sentiment 4^ leur faiblesse avait rendu de nouveau Philippe V et son «Btourage plus dociles à l'influence française. M*"* des Ursins était rentrée en faveur. L'ambassadeur Âmelot, secondé par elle, put accomplir diverses réformes dans les finances et Fadininistration générale. Le mécontentement causé par ces réformes exclusives des libertés locales dans les provinces de rOuest, rendit de la force au parti autrichien. Non seulement fôbraltar, attaqué par terre et par mer, demeura aux mains des Anglais; mais toute une partie du royaume échappa à Philippe V, livrée à l'ennemi par ses propres habitants.
Une nombreuse flotte était partie de Lisbonne pour la Méditerranée, portant l'habile général anglais Peterborough et l'archiduc Charles lui-même. A son passage sur les côtes de Valence, plusieurs villes se déclarèrent en faveur de < Charles III >. Il en fut de même en Catalogne. A Barcelone, le gouverneur Velasco tint pourtant deux mois malgré les complots et les désertions. Puis, la citadelle ayant été enlevée par surprise, il dut capituler et, quelques jours après, l'archiduc entra à Barcelone comme dans sa capitale provisoire. Les Catalans s'enrôlèrent en foule à son service. Valence et Murcie imitèrent la Catalogne : Grenade et FAragon se soulevèrent; toute la côte méditerranéenne reconnut le prétendant allemand. Philippe ne garda que l'Andalousie, l'Estramadure, la Galice, la Navarre et les Castilles. Barcelone et Almanza. — En 1706, Philippe Y rappela fl'Estramadure, où elle tenait en respect les Portugais, la dernière armée qui lui restât, lui fit traverser cent. lieues, dans les boues de l'hiver, pour arriver sur l'Ebre. Aidé par quelques milliers de Français qui avaient passé les Pyrénées, parla flotte du comte de Toulouse qui tenait la mer, il mit le si^e devant
Barcelone (3 mars). Il reprit la citadelle, mais ne put |>as donott assez vite Tassant à la ville pour rendre inutile Tarrivëe d'une (lotte anglaise supérieure à la flotte française. Il fallut non s^ lement se retirer, mais abandonner Tartillerie, les blessés elles malades, et reculer sur les Pyrénées. Philippe V fut obligé de traverser le Roussillon et le Béarn pour rentrer dans lesprovinces fidèles.
A peine rentré à Madrid, il dut en sortir devant le huguenot Kuvigny, passé au service britannique sous le nom de loH Galloway. Il transporta sa personne et le siège du gouvern6 ment à Burgos. Galloway entra à Madrid sans trouver de résistance; mais les excès de ses soldats, leur conduite dans les églises, déchaînèrent autour d'eux la < guerre au couteau i; 6000 disparurent en quelques semaines. Galloway, au lieu d'achever Berwick, attendit « Charles III » et, dès qu'il fui sort avec SOS troupes pour aller au-devant de lui, Berwick reprit possession de la capitale (4 octobre).
Les alliés durent se replier sur la province de Valence, el encore Berwick leur en enleva-t-il une partie avant la fin de l'automne. Puis il leur infligea, au printemps de i707(25avril). une défaite écrasante à Almanza. L'infanterie ennemie fut presque entièrement détruite ou prise, et dans ses rangs le régiment que commandait Cavalier, l'ancien Caraisard. Galloway, grièvement blessé, put s'échapper avec les débris de sa cavalerie. A la suite de cette affaire, Valence ouvrit ses portes; rAragoii fut occupé. Au nord, le duc d'Orléans seconda ces op<'rations par le siège ot la prise de Lerida.
Oudenarde et Lille. — Aux Pavs-Bas, Vendôme avait remplacé Villcroy el, la guerre étant désormais reportée le loii;' des frontières du royaume, il fut tenu de ne jamais prendre l'offensive, à moins d'une opération sûre. En 1708, il se borna à élever un vaste retranchement de 90 lieues, de Mézières à Nieuporl, à l'abri duquel, mêlant les recrues aux vétérans, il aguerrit et réorganisa son armée. Ce|»endant les partis ennemis se glissaient au travers et poussaient leurs courses jusque dans riloHlc-France. Le 24 mars, Beringhen, écuyer du roi, quon prit pour le dauphin, fut enlevé sur le pont de Sèvres par le