TRAITÉS D'UTRECHT; FIN DE LOUIS XIV
0& il était question des alliés restés en armes, resta ignorée iosqu^à Touverture du congrès, qui s'ouvrit à Utrecht le 29 janvier 1712».
Les Hollandais et les Impériaux avaient travaillé à Tenvi à empêcher cet accord. Buy s, le négociateur de Gertruydenberg, le prince Eugène lui-même accoururent à Londres. Ils s'entendirent alléguer et prouver que, depuis plusieurs années, leurs gouvernements ne tenaient plus qu'à demi leurs engagements, soit pour les subsides, soit pour les troupes. L'Angleterre portait désormais le principal fardeau de la guerre; elle s'estimait en droit de diriger à son heure les pourparlers en vue de la paix et de poser à son gré les nouvelles bases de l'équilibre européen.
Un autre événement contribua à disloquer, même sur le continent, la Grande Alliance. L'empereur Joseph I" étant mort sa.T)s enfants mâles (17 avril 1711), son frère, l'archiduc Charles, déjà prétendant à la monarchie espagnole, prit possession des États héréditaires de sa maison, en attendant son élection à l'Empire et son couronnement à Francfort. Charles VI allait-il recommencer Charles-Quint? L'Angleterre et la Hollande ne pouvaient approuver la réunion de l'Autriche et de l'Espagne sous le même sceptre, alors qu'elles travaillaient à empêcher celle des monarchies espagnole et française.
Campagnes de 1711 et 1712 : Denain. — Pendant Tannée 1711, les hostilités continuèrent, mais sans activité et sans résultats, sur toutes les frontières de France. D'Harcourt et Bezons purent garder la défensive sur le Rhin, Berwick sur les Alpes. En Flandre, Villars sut encore empêcher le siège il*Arras; mais Bouchain tomba : ce qui ouvrait aux alliés, entre l'Escaut et la Sambre, un chemin vers Paris. Au début de la campagne suivante, Louis XIV crut devoir dire à Villars en lui donnant ses derniers ordres : « S'il arrivait malheur à
I. Pour la partie anglaise de ces préliminaires, cVlaient : la reconnaissance de la reine Anne et <le la succession protestante; un traité de commerce: Dunkerque rasé, mais seulement après la paix; cession de Terre-Neuve (sauf réserve de nos droits de pêche), de la baie d'Huïlson, de Saint-Christoplie. — Pour la partie relative à la paix pénérale : jamais les deux couronnes de France cl d*Es])agnc ne seraient réunies; satisfactions raisonnables h tous les alliés: la Barrière hollantlaise: garanties en faveur du Saint-Empire.
votre armée, que devrais-je faire? Me retirer à Blois, comme plusieurs me le conseillent? Mais mon armée ne saurait être assez battue pour ne pouvoir tenir sur la Somme. Si un malheur arrive, écrivez-moi; je ramasserai dans Paris ce que je pourrai trouver d'hommes; j'irai à Péronne ou à Saint-Quentin périr avec vous ou sauver tout l'État.
Malgré l'issue prévue des négociations d'Utrecht, lacaro[kagne de 1712 fut jusqu'au bout pleine d'anxiétés pour le roi et pour la France. Louis XIV en était venu à tressaillir au bruit du galop d'un cheval dans la cour de Versailles, croyant toujours que c'était un courrier de Flandre porteur de mauvaises nouvelles. Une suspension d'armes de quatre mois fut conclue (17 juillet) entre les Français et les Anglais; elle autorisaitces derniers à occuper Dunkerque; le surlendemain, le duc d'Or* mond prit possession de cette place. Les troupes anglaises abandonnèrent la lutte; mais les Allemands à la solde britannique passèrent pour la plupart au service impérial, et le prince Eugène, afin de décider la paix selon les projets primitifs de la coalition, se préparait à frapper un grand coup. Il voulait marcher sur Paris par la vallée de l'Oise.
Après avoir pris Le Quesnoy (3 juillet), il se porta vers Lantlrecies, gardant pour magasin la place de Marchiennes, à laquelle il était relié j)ar le camp retranché de Denain. Ces lignes do cum munication, (ju'on appelait déjà « le chemin de Paris », s'élen- «laient sur un front démesuré de douze à quinze lieues. Voltaire raconte qu'un prêtre et un conseiller du parlement de Douai, eu se promenant, remarquèrent ce défaut et le firent connaître à Villars. Toutefois la première idée d'une diversion ilececùlé vint (le Versailles. Villars, devenu prudent à l'excès, hésitait àla mettre à exécution; son lieutenant Montesquiou le décida. Le 23 Juillet, pour donner le change au prince Eugène, on jeta des ponts sur la Sanibre et on simula une attaque de ce côté; le gros de l'armée se mit en marche vers l'Escaut, et se raballilà l'aube vers Denain (24 juillet). Il fallait agir vite, sous peine Je subir le choc de forces supérieures : « Nos fascines, dit Villars, seront les corps des premiers qui tomberont dans le fossé. » Quinze généraux et dix-sept bataillons furent pris ou s«