‹ Histoire générale du IV siècle á nos joursChapitre 97 sur 167 · TRAITÉS D'UTRECHT, PIN DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

TRAITÉS D'UTRECHT, PIN DE LOUIS XIV

rendirent; le pont de TEscaut, encombré de fuyards, se rompit, ce qui empêcha l'ennemi d'être secouru à temps. Les Français, bien qu'ayant attaqué l'arme au bras, n'avaient pas perdu 500 hommes. L'affaire de Denain, pour n'avoir pas été une grande bataille, n'en fut pas moins décisive. Villars put reprendre partout l'offensive. Douai (8 septembre), Le Quesnoy (4 octobre), Bouchain (18 octobre) furent reconquis, sous les yeux du prince Eugène réduit à l'impuissance.

Traités d'Utrecht et de Rastadt. — Cette campagne assura la dissolution de la Grande Alliance. Les hésitations des Hollandais cessèrent; ils se résignèrent < à boire le calice de la paix ». — « Nous prenons la figure qu'ils avaient à Gertniydenberg », écrit à Versailles l'abbé de Polignac, qui leur disait à eux-mêmes : « On traitera de la paix chez vous, pour vous et sans vous. » Le 7 novembre 1712, le Portugal signe une suspension d'armes. Le 4 mars 1713, ce fut le tour au duc de Savoie. Le 11 avril 1713, la paix fut signée à Utrecht entre la France et l'Espagne d'une part, l'Angleterre, les Provinces-Unies, le Brandebourg et la Savoie d'autre part. Le traité avec le Portugal fut signé le surlendemain *.

L'Empereur s'obstinait à continuer la guerre, croyant que la reine Anne, qui venait de mourir, aurait en George !•' un successeur empressé à reprendre les armes; encore acccpta-t-il une trêve (mars 1713) qui suspendait les hostilités en Espagne et en Italie. Le vainqueur de Denain et le vainqueur d'Hochstœdt se retrouvèrent en présence sur le Rhin. Villars, heureux encore, réoccupa (20 août) Landau, perdu depuis neuf ans, entra à Spire et poussa des partis jusqu'à Coblentz. Puis il passa le Rhin, s'empara de la ville et de la citadelle de Fribourg (30 sept, et 3 nov.). Le prince Eugène ne tint devant lui que dans un tète-à-tète pacifique, ayant été chargé par l'Empereur de négocier. Après soixante-treize jours de conférences au château de Rastadt, les deux généraux s'éîitendirent (7 mars 1714)

i. Os actes sont complétés par : le traité entre l'Angleterre et TKspagne (après la renonciation, enfin obtenue, de PIiili|»pe V à la succession de France\ 13 juillet 1713; entre l'Espagne et la Savoie, 13 août; entre PEspagne et la Hollande, 20 juin 1714; entre TEspagne et le Portugal, 6 février 1715. — Il n'y eut pas alors de traité entre rËs|»agnc et la maison d'Autriche.

768 LA GUERRE DE LA SUCCESSION D^ESPAGiNE

sur les articles (Vune paix à laquelle adhérèrent à Badea (Argovie), six mois après (7 septembre), les Etats de TEropii^. Ainsi la paix fut rétablie en Europe et les relations furent renouées entre les divers Etats, sauf entre TEspagne et TAutriche. L'empereur Charles VI refusa de traiter directement avec Philippe V, qu'il ne devait reconnaître qu'en 1725; da moins abandonna-t-il à leur sort les Catalans qui, dans riotérêt de leurs privilèges particuliers, tenaient encore pour» cause. Le siège de Barcelone par Berwick (juillet-septembre 1714) fut le dernier épisode de la guerre.

Règlement de la succession d'Espagne. — Par les traités dXHrecht et de Rastadt, la succession d'Espagne était réglée, non plus au profit de la France, mais au profit de TEurope entière.

L'héritier légal de Charles II, le souverain français, gardait les royaumes hispaniques et les Indes ; mais il devait céder : 1" à l'Empereur, le royaume de Naples, l'île de Sardaigne, les Présides de Toscane, le Milanais, les Pays-Bas; 2* à l'Electeur de Brandebourg, la Gueldre espagnole; 3° au duc de Savoieja Sicile; 4"" enfin aux Anglais, les points fortifiés de Gibraltaretde Minorque, le droit de trafiquer dans le port de Cadix, où était concentré le commerce colonial, en payant des droits d'cnlrée inférieurs de 15 p. 100 à ceux des autres nations; aux Indes. \ A^ienio et le vaisseau dit de permission. Les traités de 1713- 1714 furent pour l'Espagne de Charles-Quint ce que devaienl être pour la France de ISapoléon, cent ans plus tard, les traités de Vienne.

Philippe V, auquel on dut imposer les conditions de la paix, eût j)U conserver ses droits au trône de France, dont il n'était séparé (|ue par un frôle enfant, en se contentant des Deux-Sicile> el du Piémont et en laissant le duc de Savoie le remplacer a Ma(hid. Sur ce point, il résista aux instances de son aïeul, tlisanl ne pas vouloir tromper TafTection et l'espoir des Espairnols; la séparation à perpétuité des deux couronnes fut prononcée el ratifiée par les (Portes. Louis XIV refusa avec hauteur de convuquer à cet efîel l(\s Etats jrénéraux, mais il lit enregistn^r les lettres de renonciation au parlement de Paris. De son ciMé,

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