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ANTAGONISME DE LA FRANCK ET DE L'.UTHHIHK

Tout en contrecarrant ainsi, sur le Danube comme sur le Rhin, les intérêts français, il continuait à protester (décembre 1780) de sa fidélité à l'alliance de 1*756. Ce système, écrivait encore Kaunitz à Mercy (décembre 1783), « ne doit ni ne peut finir ». L'Empereur reparut à la cour de France (juillet 1784) ; un inslant même on répandit le bruit de son mariage avec la sœur de Louis XVI. À la naissance du dauphin, il alTecla de se réjouir « en très bon allié et presque en Français ». Quant à Marie- Antoinette, après comme avant la mort de sa mère (29 nov. 1780), elle confondait dans sa pensée la raison de famille et la raison d'Etat. Lorsque les intérêts de sa patrie d'origine étaient en jeu, elle assiégeait le roi de ses larmes ou les ministres de ses instances, sans se croire coupable envers sa patrie d'adoption ; elle travaillait, bien que parfois avec une réserve constatée par Mercy lui-même, à unir les Bourbons et les Habsbourg, persuadée, disait-elle, qu'il y allait « de la gloire du roi et du bien de la France ».

Affaire de réchange des Pays-Bas contre la Bavière. — On verra plus loin quel nouveau dissentiment s'éleva entre les deux cours lors des entreprises de Joseph II contre la Hollande en 1784 et 1785. Avant que cette affaire fût résolue, l'Empereur avait déjà repris, en les modifiant, ses plans sur la Bavière. Cette fois il pensait acquérir ce pays contigu à l'Autriche et assimilé d'avance, au prix des Pays-Bas, terre éloignée, difficile à défendre, peuplée de sujets remuants, hostiles à ses réformes ecclésiastiques. En vue de ce « grand coup d'État », Catherine II lui promit son appui. L'envoyé russe à Munich, Roumiantsof, persuada à Charles-Théodore d'abandonner à F Au triche ses deux Electorals; en revanche on érigerait en royaume de Bourgogne ou d'Austrasic, au profit de son héritier, la Belgique, moins le duché de Luxembourg et le comté de Namur, destinés éventuellement à la France. On lui faisait espérer pour cet arrangement la double garantie des médiateurs de la paix de Teschen. Un traita fut signé sur ces bases à Munich, le 13 janvier 1785.

A Versailles, l'émotion fut vive. Vergennes, craignant peutêtre Finfluence de la reine, prit d'abord sur lui d'approuver

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LA POLITIOI.'K KIROPKKNNK

l'échange et de notifier cette approbation à l'Empereur; puis il se rallia aux opinions motivées émises au Conseil par Calonno, Castries, d'Ossun, Breleuil, toutes dictées par la peur de la puissance des Ilabsbourg; mais en avouant son changement d'opinion, il s'abrita autant qu'il put derrière la double opposition manifestée ou présumée du duc de Deux-Ponts et de Frédéric II.

Le duc Charles, ainsi que son frère Maximilien, celui dont Napoléon fera le premier roi de Bavière, recevait une pension de Louis XVI et commandait un régiment à son service. Poussé par Vergennes, il se refusa énergiquement à souscrire à l'échange. Une guerre pouvait s'ensuivre, mettant aux prises d'une part l'Autriche et la Russie, d'autre part la France et la Prusse. Catherine II comprit à temps qu'elle ne devait point rompre cet équilibre qu'elle avait garanti à Teschen, et elle finit par subordonner son consentement à celui du duc dt» Deux-Ponts. Joseph II fut dès lors le premier à reconnaître que sa combinaison était devenue impossible, et l'affaire fut abandonnée.

La Ligue des Princes. — A la première nouvelle de ces négociations, l'alarme s'était répandue dans l'Allemagne entière. Les Élats secondaires songeaient depuis plusieurs années à so former en confédération armée, à soutenir leur neutralité, en cas de lutte nouvelle entre l'Empereur et le roi de Prusse. Plusieurs projets tendant à ce but, entre autres celui du ministre hessois Schlieflen, furent élaborés, discutés, et en définitive avortèrent. L'entreprise réitérée de Joseph II sur la Bavière permit à son rival de faire craindre aux petits États la perte de leur indépendance, de se poser en défenseur de la « liberté allemande », c'est-à-dire du statu (/uo, du morcellement. Il dépensa à celte œuvre les derniers efforts de son génie. Un traité dont il avait rédigé le texte, calqué sur celui de la Ligue de Smalkalde, fut signé par lui (23 juillet 1785) avec les trois duchés de Saxe, de Hanovre et de Maycnce, puis par douze autres États : Weimar, Wolfenbùtlcl, Golha, Osnabriick, Anhalt, Deux-Ponts, Schwerin, Strélitz , Cassel, Darmstadt, Bade et Anspach. Ce fut la Ligne des Princes (Fïtrstenfjnnft). Dans cette ligue, dirigée contre le chef de la maison de Habsbourg, il s'agissait uniquement du « maintien

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