I. Voir ci-dessus, t. V, p. 87 i
Hérat se soulevaient sous la conduite d'Ez-Allah, battaient le gouverneur se rendaient maîtres de la ville et de la province ; puis, ayant appelé 12000 Euzbegs, ils exterminèrent une armée royale. En 1119, les Kurdes, incorrigibles pillards, dévastaient les environs de Ramadan (Ecbatanc) et môme d'Ispahan ; les Lesghis du Daghestan, quoique de religion sunnite, ravageaient les pays voisins. En Géorgie, sous prétexte de contenir les Lesghis, le prince Vaghtanga V de Kartalie faisait des armements suspects. Enfin les Arabes de Mascalc, sous leur imam, s'étaient emparés de l'Ile de Bahreïn, célèbre par ses pêcheries de perles, et battaient une escadre portugaise venue au secours du shah.
Mir-Mahmoud crut l'occasion favorable pour tenter une conquête de la Perse. Avec 10 000 hommes, que suivaient des chameaux porteurs d'outrés, il s'engagea dans les déserts du Sedjistan et du Kerman, prit la ville de Kerman, y (il reposer ses troupes et attendit le généralissime du roi, Lufl-Ali-Khan. Celui-ci, qui amenait 20 000 hommes, battit les Afghans sous les murs de cette ville et les dispersa (1720). Puis lui-même tomba victime de la jalousie qu'il inspirait aux eunuques d'Ispahan et fut jeté dans les fers.
En 1721, un nouveau souci vint s'ajouter à ceux qui tourmentaient le shah Hussein. Les montagnards lesghis surprirent Chamaki, massacrèrent 4000 habitants et pillèrent la ville, principal entrepôt du commerce entre la Perse et la Russie (1721). Les marchands russes y lirent une perte évaluée à 2 millions de roubles. De là naquit l'occasion de conflit à l'affût de laquelle était Pierre le Grand.
Alors Mir-Mahmoud traversa de nouveau les déserts avec 15000 Afghans, prit Kerman pour la seconde fois (janvier 1722). Se trouvant arrêté par la forteresse de Yezd, il continua sa route par les solitudes de sable, et vint camper à Gulnabad, à trois lieues d'Ispahan. La terreur fut grande dans cette capitale : Yathema-doulet (grand-vizir) Mohammed-Kouli-Khan suppliait le shah de ne pas engager d'action décisive; au contraire, Abdallah, oimli ou gouverneur du Khouzistan (Arabie persane), insista pour qu'on procédât aussitôt à l'extermination des rebelles. Ce fut son avis qui l'emporta. Le 8 mars 1722,