L'AUTRICHE
châteaux impériaux, et surtout de celui de Schœnbrunn, pour lequel elle avait une affection particulière.
Réformes dans l'instruction publique. — Elle fit aussi de grands efforts pour améliorer l'instruction publique, très négligée à cette époque. Pendant tout le règne de Charles VI, la culture intellectuelle avait été médiocre, certainement inférieure à ce qu'elle était dans les pays voisins. En même temps qu'elle développait l'industrie par la création de manufactures de draps, de porcelaine, d'étoffes, de soie, Marie-Thérèse portait son attention sur les écoles. C'est d'elle que date vraiment l'organisation de l'enseignement primaire en Autriche. Nous la voyons, dès \ 752, créer des établissements analogues à nos écoles professionnelles, inviter le « bureau des métiers et fabriques » à établir des écoles d'apprentissage mécanique, et fonder l'institut des langues orientales, pour faciliter les rapports de l'Autriche avec la Turquie et l'Orient. Les écoles d'architecture et de dessin, les observatoires, les hôpitaux et les asiles se multiplient. L'Académie militaire de Wiener-Neustadt est fondée. A l'instigation du savant hollandais Gherard van Swieten, devenu son médecin, tout un plan de réorganisation des études médicales est élaboré. Le programme des Facultés de droit est considérablement allégé. Ce qu'il importe surtout de remarquer, c'est que les écoles de toutes catégories deviennent des établissements d'État : les Universités ne peuvent plus administrer librement leurs revenus; tous les professeurs sont placés sous le contrôle du gouvernement. Un souffle de césarisme inspire toutes ces réformes. D'Arneth reconnaît que Marie-Thérèse fut beaucoup moins guidée par l'amour de la science que par des considérations pratiques. Dans les écoles supérieures comme dans les instituts destinés à l'éducation des classes moyennes, elle ne voyait, dit-il, que les pépinières où se formaient les ecclésiastiques, les médecins, les avocats. C'est dans le même esprit que fut encore créé le Theresianum, où n'étaient admis que de jeunes nobles, et dont la direction fut confiée au grand chambellan, le comte de Khevenhûller.
Réformes législatives et religieuses. — L'application du principe d'après lequel chacun devait être jugé par ses pairs