‹ Histoire générale du IVe siècle à nos joursChapitre 178 sur 219 · Voir ci-dessus, t. VI, p · texte numérisé non relu

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■\. Voir ri-dessus, chnp. m et iv.

t. - On l'ouvre tous les jours, soir et matin, et je l'ai toujours trouvée remplie de gens qui étudiaient, à la différence des mitres. » (De Brosses, Lettres, t. I. p. 122.)

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(17*28 1 "97), qui mérite d'être distingué, et pour ses Mrtfitations sur irronomie politique, et davantage, s'il se peut, pour avoir induit le gouvernement à abolir les fermes et à créer un nouveau svstème financier. Frère d'Alexandre Verri, littérateur <le talent (1731-1810), et intime ami du marquis César Beccaria (1738-1793), il fut le centre d'une société de jeunes gens cultivés qui, animés du dessein généreux de secouer la torpeur des esprits, entreprirent de publier un périodique : dans les premiers jours de juin 17Gi commença à paraître le Cttfr\ qui. pour éviter les ennuis de la censure impériale, était imprimé à Brescia, c'est-à-dire sur le territoire de Venise. Pendant plus d'une année, ils entretinrent le public de législation, d'économie politique, de morale, d'histoire, de littérature, disant à haute voix des vérités neuves, franches, inattendues. César Beccaria, par les instances de Verri, avait fait publier dès 1701 son admirable traité Des drlifs et tirs peinrs.

Milan devenait l'un des foyers de la nouvelle philosophie, et entre cette ville et Paris il se faisait alors un fructueux échange d'idées. Toutefois ce mouvement intellectuel restait limité aux classes supérieures. Seul, un homme issu de souche plébéienne sentit et proclama la nécessité d'une réforme civile intégrale, et ce fut l'abbé Giuscppe Parini, dont les vers enflammés trouvèrent un écho dans toute la Péninsule.

Milan comptait alors plus de 130 000 habitants, et le reste du pays un million. Parmi les villes de province, Pavie était célèbre par son Université, où le gouvernement avait réuni des hommes de haute valeur, comme le physicien Alexandre Volta, le naturaliste Spallanzani, le mathématicien Mascheroni. le médecin Piclro Moscati, etc.

La campagne était bien cultivée et pourvue d'un réseau serré de canaux d'irrigation. Mais le paysan ne possédait presque rien par lui-même; il menait une vie misérable. La culture du maïs s'étant énormément développée, il en était résulté un détestable système d'alimentation f.

1. - J'ai oui dire à Scipion MaiTci que la Lombardie avait reçu un grand préjudice de ce qu'on y a semé trop de Idé «Je Turquie ou d'Espagne; que cela est une mauvaise nourriture; que les habitants du pays sont devenus plu*

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Beaucoup de propriétés élaient entre les mains du clergé, qui, en dépit de toutes les réformes accomplies, était encore puissant et nombreux. Il y avait encore près de 18 000 prêtres et religieux. Joseph II, plus libre depuis la mort de sa mère (1780), put procéder avec plus d'énergie

En môme temps, il restreignait de beaucoup les privilèges de la noblesse, et édiclait un nombre considérable de dispositions tendant à transformer toutes les branches de l'administration. Il voulait faire du bien à ses sujets malgré eux, fût-ce à coups de bAton ; aussi ne respecta-t-il ni traditions, ni intérêts, ni habitudes. Ses efforts violents, pressants, ne plurent pas toujours aux Milanais; mais il laissa des traces profondes dans le pays, qui, maté par des siècles de dominations étrangères, ne semblait pas souffrir de celle-ci.

Les Lombards, depuis si longtemps déshabitués du maniement des armes, ne demandaient qu'à s'exonérer du service de la garde civique. Quant aux troupes régulières, il y avait d'abord deux régiments recrutés d'Italiens, et, comme ceux-ci étaient des volontaires, engagés à prix d'argent, ils représentaient la lie du pays. Tous les autres soldats — plus de 12 000 — étaient des Allemands entretenus aux frais des Lombards.

Toutefois le bien-être matériel, la prospérité du commerce, l'épanouissement des études, le développement des réformes, étaient si peu contestables, que les Lombards considérèrent toujours la période de Marie-Thérèse et de Joseph II comme une des meilleures de leur histoire.

République de Venise. — « Les républiques d'Italie ne sont que de misérables aristocraties, qui ne subsistent que par la pitié qu'on leur accorde, et où les nobles, sans aucun sentiment de grandeur et de gloire, n'ont d'autre ambition que de maintenir leur oisiveté et leurs prérogatives. » Ce jugement si sévère de Montesquieu était vrai, du moins en grande partie.

Cette même Venise qui, quelques années auparavant, s'était

faibles, leur visage plombé, le corps malsain; que, quand on esl obligé de faire travailler les hommes à un travail pénible, comme à des fossés, on est obligé de leur donner du pain de fromenl. » (Montesquieu, Voyayes, t. 1, p. 314-i:>.) 1. Voir ci-dessus, p. 8M.

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encore couverte de gloire avec François Morosini, se laissait aller maintenant à la plus complète inertie. Depuis la paix de Passarovitz (1718), qui lui avait fait perdre la Morée, elle ne se mêla plus à aucune guerre et se renferma dans un isolement absolu. Elle redoutait les ambitions de l'Autriche, mais n'osait conclure alliance avec la France. Aussi, au cours des diverses guerres qui ensanglantèrent l'Italie, observa-t-elle une neutralité, qui du reste, presque constamment désarmée, était peu respectée. Sa dernière guerre contre les Turcs avait témoigné, non seulement de sa faiblesse, mais aussi de sa mauvaise organisation militaire. Dans son arsenal autrefois si fameux, peu de navires en construction, peu d'ouvriers occupés, à peine des armes. Aussi, lorsque Angelo Emo alla lutter contre les pirates méditerranéens et bombarda Tunis (1784), ne disposait-il que de navires et d'équipages de hasard. Après trois années d'hostilités et une dépense de 7 millions de ducats, il n'obtint pas sans peine du Beg la promesse de respecter le pavillon, le commerce et les sujets de Venise. En guise de compensation, il lui renouvelait le tribut que la république lui payait, à l'exemple d'ailleurs des autres Étals maritimes. L'armée était dans une situation pire que la Hotte. L'effectif n'atteignait pas 20 000 hommes, et ce n'était qu'un ramassis de gens mal velus, sans discipline, sans instruction. Le patricien octogénaire Francesco Pesaro avait donc raison de s'écrier : « Nous vivons à l'ombre de la bonne foi de nos voisins et amis! »

Nulle réforme n'était introduite. On s'efforçait de conserver intact tout l'édilice du passé, de crainte que, si une pierre en était ébranlée, il ne vint à crouler tout d'un bloc. Tandis qu'autour de Venise le monde entier se transformait, les patriciens considéraient comme le chef-d'œuvre de la sagesse politique de maintenir la république dans l'immobilité la plus absolue. Cet Etat, d'environ 3 millions d'habitants, était toujours gouverné par le Grand Conseil, composé exclusivement des patriciens vénitiens Agés de plus de vingt-cinq ans; en 1780, leur nombre était de 1023. Un tel gouvernement n'était plus guère en rapport avec les temps nouveaux. Dès 1736, le marquis Scipion Mafl'ei, de Vérone, avait adressé aux pouvoirs de Venise son

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Conseil politique : pour refaire la vitalité «le l'État, il proposait «l'intéresser les provinces de terre ferme au sort de la république en leur donnant une part dans le gouvernement. Ses paroles n'avaient rencontré que l'indifférence. Les nobles des familles dirigeantes avaient foi en l'éternité de leur oligarchie. Si quelqu'un d'entre eux s'était laissé gagner par les idées nouvelles venues de France, il courait grand danger de mal finir. Témoin Angclo Querini, incarcéré en 1761. Le chef du parti conservateur était alors le distingué littérateur Marco Foscarini, qui fut élu doge en 1762, justement en récompense de l'activité qu'il avait déployée dans la répression de cette tentative de rébellion. De nouveaux projets de réformes fui ent mis en avant, quelques années plus lard, par deux autres patriciens, Giorgio Pisani et Carlo Contarini. Eux aussi furent jetés en prison (1780). Pisani y demeura jusqu'aux événements de 1797. Contarini, relégué à Cntlaro, y mourut.

A Venise, on ne pensait qu'à se divertir; le carnaval y absorbait une bonne moitié de l'année. Tous les oisifs de l'Europe accouraient dans cette ville où l'on jouissait de la pleine liberté îles plaisirs. Les mœurs y étaient très libres, pour ne pas dire plus; la passion du jeu régnait en souveraine. Le fameux aventurier François Casanova a représenté dans ses Mémoires — certes non sans quelque exagération — l'existence joyeuse et vainc des Vénitiens de cette époque. Les fêtes étaient fréquentes et splendides. En 1784, il se donna au palais Pisani un banquet, un bal et une fôte de nuit dans les jardins, en l'honneur de Gustave III de Suède ; on y dépensa 18 700 ducats. Certaines familles — peu nombreuses — étaient très riches. Très riche aussi était le clergé, toujours nombreux, puisqu'il y avait dans la république près de 40 000 prêtres ou religieux.

En somme le pays n'était pas prospère. L'industrie se réduisait à peu de chose; le commerce tombait. L'unique travail de grande utilité que l'on lit à celte époque, fut la construction du long quai contra mare, établi sur d'énormes soutènements de marbre (les Mumzzi). En revanche, la campagne était bien cultivée, les impôts assez légers : ce qui conciliait au gouvernement beaucoup de gens, surtout dans le bas peuple.

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Venise n'était pas non plus privé*' d'une certaine vie artistique cl littéraire. Benedello Marcello s'acquérait un beau renom dans la musique; le peintre Jean-Bajitiste Tiepolo émerveillait ses contemporains par ses décorations hardies. Mais le dernier siècle de la république fut surtout illuminé de gloire par Carlo Goldoni (1707-1 79M), le grand réformateur du théâtre italien.

Faiblesse de la république de Gènes. — Dans sa longue lutte contre la Corse \ Gènes avait démontré toute sa faiblesse. Et cependant son peuple était lier encore et ardent, et il donna une belle prouve de son courage dans les fameuses journées de décembre 1 "46, en chassant de la ville les Autrichiens». Mais ces efforts passagers ne pouvaient rendre l'énergie et la vitalité à un gouvernement qui ne se souciait plus que de vivre en paix. A Gènes aussi, le pouvoir était aux mains de l'aristocratie3; le doge était élu par le Grand Conseil, mais les autres charges de l'Etat étaient tirées au sort, entre les nobles naturellement*. Toute l'activité des habitants s'employait au commerce; celui-ci continuait à être florissant, et l'importance de l'Etat résidait tout entière dans le mouvement très considérable du port de Gènes. Toutefois la république comptait peu désormais; réduite désormais à la seule possession de la côte ligurienne, elle avait au plus 400 000 habitants.

Parme et Plaisance; Modène et Reggio. — Le duché de Parme, après l'extinction des Farnèse (1731) et à travers maintes vicissitudes, finit par passer, en 1748, à don Philippe 5. Guidé par son premier ministre, le Français Guillaume du Tillol, il entreprit de grandes réformes. Il limita les prérogatives de la noblesse et les immunités du clergé. Il favorisa si bien les lettres et les arts que Parme devint l'une des cités les plus cultivées de l'Italie.

L'œuvre réformatrice de du Tillot se poursuivit même après la mort de don Philippe, durant la minorité du duc Ferdi-

1. Voir ri-dessus, p. 3;i2. comment la Corse Tut perdue par Gènes et acquise par la France.

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