Voir ci-dessus, t. VI, |t
\. C'était <•.'. tirage au sort qui avait donne naissance à la loterie, laquelle se pro[>a^rt'a ensuite dans quelques autres Ktats de l'Italie. ."». Voir ei-drssiis. p. 37. '.>S et suiv.: 1S 1-202.
LITALIK
nand (1765-1802). L'énergie qu'il déploya contre le clergé, et en particulier contre les Jésuites, amena un violent conflit avec la cour de Rome Mais lorsque le prince Ferdinand atteignit sa majorité et épousa Marie-Amélie, fille de Marie-Thérèse, du Tillol vit son influence décroître et finit par se retirer (1771).
Le jeune duc, qui cependant avait été élevé par Condillac et par Mably, devint, par un phénomène du reste assez fréquent, non seulement croyant, mais bigot; il chantait au chœur avec les moines, servait la messe, donnait audience dans la sacristie, et se délectait aux sonneries de cloches. Avec tout cela, très débauché. D'un pareil prince, il n'y avait nulle réforme à espérer. Même celles déjà faites furent abolies.
Cet Etat ne comptait guère plus de 400 000 habitants. Son voisin, le duché de Modène et Reggio, était plus petit encore, — 380000 habitants. François 111, qui le gouverna longtemps (1737-1780), ne pensaitqu a thésauriser. Son fils, Ercole Rinaldo (Hercule III, 1780-1790), imita en cela l'exemple paternel, et pour le reste ne s'inquiéta que de vivre tranquille, sans faire de grandes innovations et sans s'aliéner Rome. Il n'avait qu'une fille, Béatrix, qu'il avait mariée à l'archiduc Ferdinand d'Autriche, un dos fils de Marie-Thérèse. Celle-ci ne voyait pas sans plaisir s'étendre ainsi l'influence autrichienne en Italie.
Grand-duché de Toscane. — Il semblait que le destin eût résolu que les principales familles princières de l'Italie s'éteindraient en même temps. En 1737, ce fut le tour de la famille des Médicis. Son dernier représentant, Jean-Gaston 0723-1737), n'avait rien fait pour remédier aux maux produits par le long et triste règne de Cosme III *, car il se considérait comme un simple usufruitier du grand-duché, et assistait indifférent aux intrigues nouées par les puissances autour de sa succession. En 1738, la paix de Vienne assigna le grand-duché à François de Lorraine, époux de Marie-Thérèse. Il séjourna peu en Toscane, tout de suite mêlé à la guerre de la succession d'Autriche et occupé ensuite de son élection au trône impérial (1745).
\. Voir ri-i|ossus. p. N2ti.
'2. Voir ci-dessus. I. VI. p. 'i.'S.
072 L'ITALIK
Du moins ses ministres commencèrent à introduire des réformes qui reçurent une grande extension sous le gouvernement de son fils cadet Pierre-Léopold Ier.
Léopold Ier — Aujourd'hui encore le nom de Léopold (17(>.r>-1790) est cilé en Toscane avec un sentiment de vive sympathie et de reconnaissance. Ce souverain doit être considéré comme le plus grand parmi les princes réformateurs de l'Italie. Entouré d'hommes de valeur, natifs du pays même, et tons inspirés des idées de progrès, comme Pompeo Ncri, Giulio llurcllai, Francesco Gianni et autres, le grand-duc entreprit d'effacer toute trace du moyen Age. Il s'efforça, avant tout, d'abattre la puissance du clergé. Elle avait prodigieusement grandi en Toscane, sous les derniers Médicis, puisque, sur une population qui n'atteignait pas un million d ames, on comptait 27 000 ecclésiastiques, possédant la majeure partie du territoire rural. C'est en parcourant la Toscane que Montesquieu écrivait : « On ne |ieut, sur les chemins d'Italie, tourner la tète sans voir un moine, comme, dans les rues des villes, sans voir un prêtre. » Léopold montra de l'habileté et de l'énergie. Nous avons déjà vu ses conflits avec la cour de Home *.
Léopold accomplit des réformes dans toutes les branches de l'administration publique. Il édicla la liberté absolue du commerce des grains. Il institua l'égalité de tous les citoyens devant l'impôt, commençant par imposer ses propres biens. Il tenta d'améliorer les Maremmes en desséchant plusieurs marais. Il favorisa le commerce et lit prospérer Livourne. Il réforma les Universités de Fisc et de Sienne. Il fut le premier des souverains qui ail abolit la peine de mort et la torture. Peut-être eutil tort de ne point s'occuper de l'armée; elle ne comptait que 0000 hommes. En 178ÎI, il publia un compte des recettes et dépenses de 1765 à 1788. 11 avait, parait-il, l'intention de donner à son pays une constitution. Mais en 1790, à la mort de son frère Joseph II, il fut appelé au trône impérial. Eu général, ses réformes dépassaient déjà le degré de culture de ses sujets; le plus grand nombre n'en comprenait pas Futilité.
!. I.copol'l II comme empereur «l'Allemagne. 2. Voir ci-ilessus, p. X'M.
L'ITALIE 97:t Les États de l'Église. — Si dans les autres Élals de lu
Péninsule le clergé élait puissant, dans les Etals pontificaux il était tout. Le pouvoir y élait considéré comme un bénéfice ecclésiastique. Personne ne pensait au bien-être des populations, et personne aux progrès de la civilisation. Bologne, à laquelle on avait laissé jusqu'alors certaines apparences républicaines, s'efforça en vain de les conserver; dans le travail d'unification poursuivi par les papes, elle finit par être réduite (1788). Il y eut môme une tentative, assez ridicule, mais vaine, que risqua le cardinal Alberoni, pour réunir aux domaines de l'Eglise la minuscule république de Saint-Marin*. Deux millions et demi d'habitants subissaient un tel gouvernement. De Brosses, qui séjourna quelque temps à Rome en 1740, a écrit contre ce régime des paroles enflammées : « Le gouvernement est aussi mauvais qu'il soit possible de s'en figurer un à plaisir. Machiavel et Morus se sont plu à forger l'idée d'une utopie; on trouve ici la réalité du contraire. Imaginez ce que c'est qu'un peuple dont le tiers est de prêtres, le tiers de gens qui ne travaillent guère, et le liers de gens qui ne font rien du tout; où il n'y a ni agriculture, ni commerce, ni fabrique, au milieu d'une campagne fertile el sur un fleuve navigable; où le prince, toujours vieux, de peu de durée, et souvent incapable de rien faire par lui-même, est environné de parents qui n'ont d'autre idée que de faire promptement leur main tandis qu'ils en ont le temps, et où, à chaque mutation, on voit arriver des voleurs frais qui prennent la place de ceux qui n'avaient plus besoin de prendre; où l'impunité est assurée à quiconque veut troubler la société, pourvu qu'il soit connu d'un grand ou voisin d'un asile* »; etc. Il va de soi (pie dans un tel Etat, condamné par sa nature même à l'immobilité, il n'y a aucune réforme à enregistrer. A la fin du siècle, Francesco Bccallini, dans un éloge du pape Pie VI, était forcé de constater que les Etals de l'Eglise étaient les plus mal administrés de tous les pays d'Europe, la Turquie exceptée*. De l'année, inutile de parler; des troupes