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LE CONFLIT POLONAIS I2'J

La diplomatie française en Turquie et en Russie. —

Pondant l'été de 1734, Villeneuve déploya à Gonslantinople une activité incomparable. A la fin de l'année, il finit par concerter avec le grand-vizir et Bonncval un plan d'action. Les Turcs et les Tatars entreraient en campagne au printemps suivant. La Forte n'exigerait plus de nous un traité d'alliance et se contenterait d'une déclaration un peu plus explicite que la précédente, appuyée par une lettre du roi au Grand-Seigneur. En môme temps, Bonneval accordait la Turquie et la Suède, où le parti opposé aux Russes prenait le dessus dans la diète : tout se préparait pour un grand effort. Par malheur, la cour de France, peu confiante en la sincérité des Ottomans, ne croyant plus d'ailleurs à l'efficacité de leur concours, refusa encore une fois de se compromettre avec eux : c'est sur un tout autre terrain qu'elle allait risquer en faveur de Stanislas un dernier et naïf effort. Entre la France et la Russie, malgré les hostilités échangées, il n'y avait pas eu déclaration de guerre formelle. Profitant de cet état mal défini, sur la foi de renseignements suspects d'après lesquels la tsarine, fidèle au fond du cœur à ses sympathies françaises, n'eût pas été éloignée de reconnaître « le faux de son système », le cabinet de Versailles imagina de lui dépêcher un émissaire secret, l'abbé Langlois, sous le nom de Bernardoni, pour lui demander d'abjurer ses erreurs et de reconnaître Stanislas. L'abbé se glissa en Russie à travers mille difficultés, changeant à chaque instant de nom et de costume, se cachant si bien que sa personnalité réelle et l'objet de sa mission ont fait mystère jusqu'à ces derniers temps : à celte époque, les relations entre la France et la Russie tiennent toujours du roman. Poliment éconduit par les ministres de la tsarine, l'abbé finit par revenir au bout de six mois : six mois pendant lesquels la France refusa de mettre à profit la bonne volonté tardive des Ottomans et laissa succomber les dernières chances de Stanislas. Durant ccUe période, comme aucun secours n'apparaissait à l'horizon, le découragement et la défection achevèrent de ruiner son parti. Tour à tour, les principaux chefs posaient les armes, traitaient avec le vainqueur, s'éloignaient d'une cause perdue. En 1735, la Pologne entière se plia au joug, et,

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SUCCESSION DE PO L (Kl NE ET GUERRE DORIEXT

durement foulée par h>s armées russe et saxonne, fit une fois de plus l'apprentissage de la servitude.

//. — La guerre franco-autrichienne.

Chauvelin et l'Italie . — Vaincue par les Russes dans la personne de son protégé, la France prenait sa revanche sur l'Autriche. La Pologne avait été l'occasion de la lutte : l'Italie en devint l'objet. Chauvelin avait de grands projets sur l'Italie. Ce ministre entreprenant et hardi, qui se croyait de taille à recommencer Richelieu ou Mazarin, poursuivait comme eux l'abaissement de l'Autriche. Le principal moyen qu'il avait en vue était de fortifier ce que l'on appelait « le tiers parti », c'està-dire de multiplier le nombre des États secondaires qui, indépendants de la France et de l'Autriche, subiraient en fait l'influence de la première par peur de la seconde et pourraient, en se groupant, opposer aux Habsbourg un faisceau redoutable. La régénération de la Pologne, de la Suède, de la Turquie, faisait partie intégrante du système; mais quel renfort pour le tiers parti si l'on pouvait créer de nouveaux Etats en Italie, arracher la Péninsule à l'Empereur, qui y conservait le Milanais, les Présides de Toscane, les Deux-Siciles, et substituer partout à la domination autrichienne des souverainetés locales! L'Italie « libre jusqu'à l'Adriatique », obtenant l'indépendance dans le morcellement, tel était le premier article du plan formé par Chauvelin et que le marquis d'Argcnson, ce précurseur de la philosophie appliquée à la politique, développait avec pédantisme.

Pour s'assurer des auxiliaires actifs, on s'était adressé à l'Espagne, seconde puissance de la Méditerranée, à l'ambitieuse maison de Savoie, maîtresse du Piémont et de la Sardaigne. A Elisabeth Farnèsc, qui régnait à Madrid sous le nom de Philippe V, on promit les Deux-Siciles pour son aîné, don Carlos, qui céderait au cadet Parme et Plaisance, avec ses droits à la succession de Toscane. A ce prix, le concours de l'armée et de la marine espagnoles nous fut assuré (traité de

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