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OUVERTURE DE LA SUCCESSION

Traité de Nymphenburg. -— Au même moment, le parti de la guerre l'emportait en France. Flcury s'engageait à son tour, malgré lui et à fond, contre l'Autriche ; il répondait insidieusement à Marie-Thérèse n'avoir garanti la Pragmatique que sous réserve des droits des tiers. Belle-Isle, nommé maréchal de France, partait pour Francfort comme ambassadeur extraordinaire, chargé d'y préparer, en faveur de la maison de Bavière, l'élection impériale. On le vit, suivi d'un brillant cortège, à Mayence, à Trêves, à Cologne, à Dresde, quêtant ou achetant des voix en faveur de son candidat; puis engageant, sans autorisation, mais avec la certitude de n ôtre pas désavoué, une partie plus grave. Il présida à la conclusion du traité de Nymphenburg près de Munich (18 mai), entre la France, l'Espagne et la Bavière, traité auquel accédèrent ensuite la Saxe et la Sardaigne. Les contractants se promettaient réciproquement d'enlever à la succession autrichienne, au profit de l'un ou de l'autre d'entre eux, la Haute-Autriche, la Bohème, la Moravie, les possessions d'Italie.

Au traité se superpose la convention du 7 juin, conclue quelques jours plus tard entre la France et la Prusse. Frédéric eût voulu obtenir la conlirmation de sa récente conquête par la médiation britannique, mais ses efforts avaient avorté, Marie- Thérèse ne se sentant pas encore réduite à céder même un pouce de terre. Alors il se décida, comme pis-aller, à lier partie avec la France. En promettant sa voix à Charles-Albert et en renonçant à Berg et à Juliers, il obtint de Louis XV, pour l'avenir, la garantie de la possession de la Silésie et l'envoi immédiat des armées françaises en Allemagne.

Théâtres de la guerre. — Des bords de l'Oder la guerre allait s'étendre successivement aux bords du Danube, de l'Elbe, du Po, puis de l'Escaut et de la Meuse, et par delà les Océans. La Prusse, la Saxe, la Bavière, la Hollande, la Bussie n'y prirent qu'une part tardive et intermittente. Parmi les puissances qui furent constamment en lice, la France, jusqu'en 1744, resta officiellement en paix avec la reine de Hongrie, tout en secourant contre elle la Bavière; de même avec l'Angleterre, tout en combattant le roi George II, Electeur de Hanovre.

Les hostilités se poursuivirent sur trois théâtres : 1° L'Allemagne, où Marie-Thérèse, tardivement appuyée par les Anglais, eut à combattre, sur ses domaines et dans l'Empire, les Électeurs de Brandebourg et de Bavière, soutenus par la France;

2° L'Italie, où l'Autriche, attirant à elle la Sardaigne, défendit le Milanais et les duchés de Parme et Plaisance contre les Bourbons d'Espagne, assistés de leur cousin de France;

3° Les Pays-Bas, champ principal d'une lutte où se renouvela la rivalité tant de fois séculaire de la France et de la Grande-Bretagne.

//. — La guerre en Allemagne et en Bohême.

Les Français en Allemagne. — Dans le té de 4741, deux armées françaises, de 40 000 hommes chacune, passèrent le Rhin.

La première, sous le maréchal de Maillebois, se dirigea vers le nord pour obliger l Élccteur-roi de Hanovre à ne point inquiéter Frédéric II et à garder une stricte neutralité. L'Electeur se soumit, s'engageant à ne point contrecarrer la candidature bavaroise (28 octobre); mais Maillebois continua à occuper la Westphalie, l'œil sur la Hollande, qu'il fallait aussi maintenir, et sur les Pays-Bas, par où pouvait déboucher une armée anglaise.

Belle-Isle, sans renoncer à son ambassade, eut le commandement nominal de la seconde armée, auxiliaire des Bavarois. Celle-ci comptait dans ses rangs un frère naturel d'Auguste de Saxe, le comte Maurice, duc dépossédé de Gourlande, destiné à devenir, en France, le Turenne du xvme siècle 1 ; le lieutenantcolonel Chevert, ce type populaire de l'officier de fortune au temps où la naissance suffisait à faire les généraux, et un simple capitaine, Vauvcnargues, qui devait mourir des suites de

\. Voir ci-ilf-sws, p. 09.

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