LA GUERRE EX ITALIE ET EN ECOSSE
en 1800 par Masséna. Cette série de noms était sans doute présente à la pensée dos Génois en 1814, lorsque, pour sauver leur indépendance, ils demandèrent au congrès de Vienne de former une principauté, sous un cadet de la maison de France.
Campagne de 1747 :l'Assiète. — Les Gallispana étaient, de leur côté, rentrés en campagne. Belle-Isle avait repris une partie du comté de Nice; mais il craignit, malgré les instances de l'Espagnol La Mina, de s'aventurer au secours de Gènes dans l'étroit défilé que forment plus loin les Alpes et la mer. Il méditait une diversion par le Dauphiné qui menacerait Turin et forcerait Charles-Emmanuel à venir au secours de sa capitale. Louis XV, appelé à juger entre les deux généraux, comprit que Belle-Isle avait raison, mais lui donna tort, uniquement pour ne pas mécontenter l'Espagne. Pendant ce temps, Belle-Isle, ne doutant pas de gagner sa cause, avait réuni au pied des Alpes, sous le commandement de son frère le chevalier, 25 000 hommes. Cette seule démonstration saisit de crainte Charles-Emmanuel; il rappela des tranchées de Gènes toutes ses troupes, et les Autrichiens, hors d'état de continuer l'investissement de la ville, se retirèrent. Le chevalier de Belle-Isle n'en continua pas moins son mouvement et pénétra dans la vallée de la Doire jusqu'à Exiles. Au delà, au pied du mont de l'Assiète, il se heurta à une longue ligne de palissades et de redoutes en maçonnerie bien défendue, devant laquelle il périt avec une foule d'officiers et 4000 soldats (19 juillet).
Au printemps de l'année suivante, le duc de Richelieu se disposait à couvrir le territoire génois contre un retour possible des Autrichiens. Chacun des belligérants restait en armes sur ses positions, lorsque la paix générale fut rétablie à Aix-la-Chapelle.
Charles-Édouard en Écosse. — Cependant la guerre, détournée de son but primitif, s'était étendue bien au delà des limites, non seulement de l'Allemagne et de l'Italie, mais de l'Europe. Dans les Indes orientales et occidentales, la France et l'Angleterre étaient aux prises; on verra plus loin le récit des luttes soutenues de part et d'autre dans l'Indoustan et au Canada. De plus la guerre dynastique, ouverte à la fin du règne
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do Louis XIV entre les Stuarts et leurs compétiteurs protestants, se rallumait sur le sol même de la Grande-Bretagne.
En 17i3, Charles-Edouard, petit-fils de Jacques II, quitta Rome en secret et vint demander à la France les moyens de revendiquer en Ecosse la couronne de ses ancêtres. On l'appela « prince de Galles » ; on rassembla en sa faveur quelques troupes à Dunkerque; mais le bruit de l'expédition projetée se répandit: une escadre anglaise vint croiser devant le port, et Louis XV oublia quelque temps encore cet héritier d'une maison chère à son bisaïeul pour porter toutes ses forces en Flandre et en Italie.
L'année suivante, Charles-Edouard dut s'embarquer clandestinement à Nantes, sur un navire fourni par un négociant irlandais de cette ville. Il aborda en Ecosse, suivi seulement de quelques gentilshommes (juin 1144). A défaut des chefs de clan, quelques centaines de montagnards se groupèrent autour de l'étendard arboré par le descendant de leurs anciens rois. Charles-Edouard entra en triomphe à Edimbourg (17 septembre), recruta dès lors de nombreux partisans et se vit à la tète d'une armée. Après avoir lancé un manifeste contre la maison étrangère de Brunswick, il défit à Preston-Pans le petit corps anglais de Cope et s'avança jusqu'à Derby, à quarante lieues de Londres. Les Anglais, indifférents entre leur roi hanovrien et le prétendant papiste, semblaient devoir laisser faire. Leur gouvernement rappela des Pays-Bas la moitié des troupes qu'il y entretenait encore, et les Hollandais envoyèrent ceux de leurs soldats pris dans les places de la Barrière qui s'étaient engagés à ne pas servir contre la France. Pour les uns et les autres il s'agissait de soutenir l'œuvre politique et religieuse de Guillaume III.
Les secours fournis par Louis XV à Charles-Edouard étaient de bien moindre importance. Un envoyé officieux, le marquis d'Eguilles, apporta des armes et des munitions; on annonçait l'Irlandais Lally avec 3000 Français, puis Richelieu et 8000 autres; ni les uns ni les autres ne vinrent. Cependant les milices anglaises ayant repris Edimbourg derrière lui, Charles- Edouard dut rétrograder, repoussa encore ses adversaires à
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Falkirk (4 février 1746) et vit son armée dispersée et détruite à Culloden par le duc de Cumberland (27 avril). Après une fuite pleine d'angoisses poignantes et d'épisodes romanesques, où certains dévouements féminins s'illustrèrent au service du royal vaincu, il réussit à regagner la France.
Les Anglais se montrèrent impitoyables envers les partisans des Stuarts et la nation écossaise. En France même, ils prirent un semblant de revanche et jetèrent sur les côtes de Bretagne fiOOO hommes (octobre), qui faillirent s'emparer de Lorient. L'année suivante, ils enlevèrent, en vue du cap Finistère d'Espagne (2 mai) et de Belle-Ile (14 octobre), deux escadres françaises.