‹ Histoire générale du IVe siècle à nos joursChapitre 37 sur 219 · CKKHRE DE SEPT ANS · texte numérisé non relu

CKKHRE DE SEPT ANS

voyer de Pétersbourg. La correspondance secrète entre les deux souverains se continua grâce surtout à Michel de Konen, un négociant français établi à Pétersbourg et qui faisait souvent pour ses affaires le voyage de France.

Le traité anglo-russe de Pétersbourg. — Le grandchancelier Bestoujef était plus ennemi encore de la Prusse que de la France. Dès 1714, il la signalait à sa souveraine comme plus dangereuse, « «à cause du voisinage et de l'accroissement de ses forces ». En mai l"î>3, il avait remis à la tsarine un mémoire où il montrait le péril que faisait courir à la Russie l'augmentation de l'armée et des revenus prussiens. A l'approche d'une guerre européenne, c'était donc surtout contre la Prusse qu'il entendait se prémunir, et c'est contre elle qu'il sollicitait l'appui et les subsides de l'Angleterre. Le 30 septembre à Pétersbourg, il signait avec le chevalier Williams un traité par lequel la Russie s'engageait à fournir contre les ennemis de l'Angleterre en Europe un contingent de 80 000 hommes, en échange d'une somme de 500 000 livres et d'un subside annuel de 400 000 livres sterling. Bestoujef avait oublié de stipuler que ces ennemis de l'Angleterre, ce seraient précisément les Prussiens. La tsarine détestait le roi de Prusse lout autant que le craignait son ministre. Frédéric II avait fait écarter la Russie îles conférences d'Aix-la-Chapelle (1748), sous prétexte qu'elle n'était qu'une puissance mercenaire. C'était un voisin turbulent, agité, « outrecuidant ». 11 se gaussait volontiers à table entre amis <le la dévotion superstitieuse et de la galanterie facile de la tsarine. 8a langue lui causait parfois comme à Louis XI « moult dommage ». Il devait expier durement ses sarcasmes et ses fanfaronnades. Les Russes allaient se lever contre lui pour une guerre vraiment nationale. Sans se séparer des Autrichiens, leurs vieux alliés, ils semblaient devoir marcher de concert avec les Anglais contre les rois de France et de Prusse unis comme dans la précédente guerre.

Politique française : le « secret du roi ». — Par quel revirement la Prusse devint-elle donc l'ennemie et l'Autriche l'alliée de la France? Pour expliquer cette volte-face subite, on a rappelé les sanglantes railleries de Frédéric II contre les

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