‹ Histoire générale du IVe siècle à nos joursChapitre 47 sur 219 · DISSOLUTION DE LE.MPIHK MONGOL 2G · texte numérisé non relu

DISSOLUTION DE LE.MPIHK MONGOL 2G

Bataille de Panipat (1761) : la « reconquête indoue » arrêtée. — Les Mahrattes n'avaient pu empêcher cette mainmise de l'envahisseur musulman sur la capitale; mais ils rassemblaient une grande armée pour la lui reprendre.

Le premier des Péshva héréditaires, Baladji-Visvanath (mort en 1720), avait eu pour successeur Badji-Râo. Celui-ci avait réorganisé l'armée des Mahrattes. A l'ancienne cavalerie irrégulière, celle que commandaient les Silihdars, Badji-Râo avait joint les Bargirs, cavaliers réguliers et soldés. Des aventuriers lui avaient formé une infanterie et une artillerie dressées à l'européenne. C'était ce Badji-Râo qui avait soumis les opéralions, jusqu'alors désordonnées, des Mahrattes à un plan régulier de conquête et de domination. Il venait de mourir, laissant le pouvoir à Baladji II. Celui-ci confia le commandement de ses forces à son cousin Sheodâsheo-Râo, plus connu sous ce nom : • le Bhâo ». Le Bhâo était alors engagé dans une guerre contre le Nizam du Dekkan, auquel il venait d'enlever Ahmednagar. Sur les nouvelles arrivées de Dehli, il se hâta d'accorder la paix au Nizam, qui s'estima trop heureux de sauver le reste de ses Etats par la cession des provinces déjà conquises.

Parmi les chefs qui commandaient sous les ordres du Bhâo marchaient Visvas-Râo, fils du Péshva; trois chefs de la dynastie Sindhia, Dattâdji, Jankodji, et celui qui devait être un jour le plus illustre représentant de cette dynastie, Madhava- Râo; le Ilolkar, Malhâr-Râo; le Guikovar, Appadji; Souradj- Mall, le plus puissant chef des Djauts; Goviad Panth, un des plus puissants du Boundclkhand ; enfin nombre de chefs des Radjpoutes. Les Djauts mis à part, c'était comme une levée en masse du paganisme indou contre l'envahisseur musulman. L'armée des « idolâtres », enrichie des dépouilles du Dekkan, présentait l'aspect le plus imposant : « Une multitude d'éléphants, des étendards de toute forme et de toute couleur, les plus beaux chevaux, magnifiquement harnachés ». Elle comptait 80 000 hommes; sa force principale consistait en 20 000 cavaliers d'élite, en un train de 200 canons, en un corps de 10000 fantassins ou artilleurs, organisés en bataillons et batteries de campagne. Ce corps était dirigé par un aventurier

L'INIHHISTAN

musulman, Ibrahim, qui avait appris la tactique française avrc Bussy 1 et qui, ayant commandé à Haïderabad la garde de cet officier, en avait gardé le surnom de Gardi.

Entre les chefs de celte armée s'élevèrent des divergences d'opinion sur la tactique à suivre. Le Ilolhar et Souradj-Mall insistaient pour qu'on ne revint pas à la vieille guérilla mahratle et qu'on se contentât de harceler l'ennemi sans risquer aucune bataille. Le Bhao, confiant en son artillerie et en ses forces régulières, résolut de pousser droit à l'ennemi. On eut d'abord un succès : en décembre 1760, Dehli fut repris de force sur la garnison afghane. Pendant ce temps le Dourani, campé à Anoupshahr sur le haut Gange, s'occupait à grouper et organiser toutes les forces musulmanes de la région. Il s'était assuré le concours des Rohillas et du souverain de l'Aoude, Shoudjaud-Daoula; il avait appelé à lui nombre de recrues turques ou afghanes. 11 disposait de 28 000 cavaliers afghans à cuirasse; d'un nombre égal de cavaliers rohillas; de 38000 fantassins armés de mousquets ou de piques; de 80 gros canons. A son approche, les Mahrattes se retranchèrent dans une forle position non loin de Delhi; mais le manque de vivres les contraignit à se risquer en plaine. Dans une escarmouche, le Sindhia Dattadji fut tué; le Holkar, surpris auprès de Sikandra, s'échappa presque nu.

Enfin la grande affaire s'engagea le 17 janvier 1761, à Panipat. l'ancien champ de bataille de Bàber.

Le Bhao, avec sa cavalerie d'élite, commandait au centre; la droite comprenait la cavalerie du Holkar, du Guikovar, des Sindhia; les troupes régulières d'Ibrahim-Gardi formaient la gauche. Dans l'armée de Dourani, de gauche à droite, s'alignaient des contingents rohillas, les troupes du nouvel empereur sous les ordres de îSadjib, les 2000 cavaliers envoyés par le nabab-vizir d'Aoudc, un gros de cuirassiers afghans, d'autres contingents rohillas, enfin un corps de cavalerie persane; en arrière et en réserve, l'élite de la cavalerie afghane cuirassée. Dans une des armées, on invoquait Vichnou et Siva; dans

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