I. Voir ci-dessus, t. VI. p. 732, noir
HlftTOIHE r.ÉXÉHM.E. VII.
-14 L'EUKOPK AU LENDEMAIN DES TRAITES D'iTHECHT
absorbent ce qui reste d'activité. C'est un prêtre aragonais, Molinos, qui développe une doctrine, digne d une société décrépite, celle du quictisme ou de l'anéantissement de la volonté humaine en Dieu1. L'érudition ne présente que deux grands noms isolés : ceux du bibliographe Nicolas Antonio et du cardinal d'Aguirre, l'auteur de la collection des conciles espagnols. La littérature nationale agonise. L'art dramatique, avec Diamanle, Candamo, Zamora, Canizares, vit de l'imitation servile de Lope cl de Galderon. A peine peut-on citer deux poètes qui eurent quelque originalité : Juan de la IIoz et Matos Fregoso. La prose est infectée par le cullismc s. Un nouvelliste, Sanlos (y 1700), et surtout l'historien Antonio de Solis, dans son Historia de la conquista de Mejico (1684), qui a mérité de rester classique par la beauté du style plus que par l'originalité du fond, sont les derniers représentants de la grande époque. Sous le règne de Philippe V la stérilité arrive à ses dernières limites. On ne peut, pendant les quinze premières années de son règne, mentionner que deux institutions utiles : la création de la Bibliothèque Royale et du Cabinet des médailles à Madrid (1712), et celle de l'Académie du langage (1713), due au marquis de Villena et destinée à épurer la langue castillane. 11 faudra encore de longues années à la société espagnole pour se relever de la léthargie matérielle et morale où IVplongéc le lourd, despotisme des Habsbourg.
//. — Traités de La Haye et d'Amsterdam.
Situation troublée de l'Europe. — Les traités de 1713 et de 1714, tout en pacifiant l'Occident, avaient laissé le Nord en proie à la guerre; et cette guerre du Nord, qui intéressait maintenant non plus seulement la Russie, la Suède, la Pologne, le Danemark, la Turquie, mais aussi la Prusse, le Hanovre, presque tout l'Empire germanique, risquait de raviver les hos-