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Histoire générale. VU.
LOI 1S XV
des Gaules ». A sa tôle est le premier gentilhomme île la chambre, le fameux duc de Richelieu, qui, sous ses brillants dehors de grâce, d'esprit et de bravoure, cache la pire dépravation. On aperçoit à côté de lui : le comte d'Argenson, dissimulé, caressant et patient; le sec et futile Maurepas, rompu à toutes les intrigues, capable de toutes les méchancetés, redoutable à tous par ses épigrammes et ses chansonnettes; un autre méchant, le duc d'Ayen (plus tard maréchal de Noaillcs), capitaine des gardes du corps, le triste héros de Dcttingen, confident très secret du roi qui lui accorde, sur les fonds du grand aumônier destinés aux veuves et aux orphelins, 10 000 livres de pension; l'orgueilleux prince de Beauvau, un mécontent; le duc de Nivernois, acteur consommé, le plus brillant de ces hommes d'esprit de haut parage qui se piquaient de libéralisme, jusqu'à la suppression des droits féodaux exclusivement. Cependant la fortune de ces puissants favoris est toujours à la merci des cabales. D'Argenson, Richelieu, Maurepas, seront sacrifiés à Mmo de Pompadour. Pour un ambitieux qui parvient, combien d'autres s'agitent, se dépensent en belles paroles ou en petits complots! A travers les groupes, dans les coulisses circule, s'insinue le grand abbé de Broglie, hardi, moqueur et mal vélu. La cour ressemble à une scène de théâtre semée de trappes perfides et dont les décors branlants menacent toujours de tomber sur la tête des acteurs.
Influence des femmes : les maltresses; la duchesse de Châteauroux. — Dans celte cour luxueuse, désœuvrée, débauchée, les femmes ont pris une importance prépondérante. Le cercle de Mesdames, plus discrètement celui de la reine et celui de la dauphine, sont des foyers d'intrigues. Dans les événements les plus graves comme les plus futiles, cherchez qui joue le principal rôle ; c'est une madame d'Estrades, capable des plus singulières conspirations; c'est la jolie Mm" de Mirepoix, joueuse enragée, amie du roi, et qui avant tout veut lui faire payer ses dettes; c'est M,no de Marsan, avocat passionné des Jésuites et l'une des plus méchantes femmes de la cour; c'est Mmo de Tcncin, ambitieuse sèche, libertine impudique et qui, sous son apparente bonhomie, aspire à diriger
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l'État. Peu après le début du règne avait apparu un autre type : celui des grandes dames complaisantes pour les amours du roi, la comtesse de Toulouse, M,le de Charolais, etc. Elles sont de toutes les parties, accompagnent partout le roi, à ses chasses, à ses continuelles promenades, et môme à ses petits soupers, pour en masquer l'indécence. Entre temps, elles se chargent, comme Mmp de Béarn, moyennant 100 000 livres, de présenter h la cour les favorites.
La faveur de la reine n'avait duré que onze ans; le gouvernement des maîtresses en dura trente-huit. A partir de 1736, avec les sœurs deNesle, c'est l'aristocratie qui se dispute l'honneur de donner une maîtresse au roi. Ensuite (1745), c'est une bourgeoise, Mm0 de Pompadour, qui règne. Enfin, pendant les dix dernières années, la majesté royale achève de s'avilir, au Parc-aux-Cerfs et avec Mme du Barry, dans ce que la plèbe a de moins pur. Toujours ce sont les femmes qui gouvernent.
D'abord les sœurs de Nesle. Fleury vivait encore. La cour était lasse de ce vieillard. Une intrigue savante jette le roi dans les bras de l'une d'elles, Mme de Mailly, dame du palais, bonne fille endiablée et sans conséquence (1736). Sa sœur, MmB de Vinlimille. grande, laide, mais pétillante d'esprit et grisée d'ambition, s'était juré de conquérir le roi et d'en faire un héros. Elle triomphe, puis soudain elle meurt en couches (1741) et, tandis <jue son cadavre est insulté par la populace, Louis XV, d'abord inconsolable, revient par esprit de pénitence à Mme de Mailly. Puis il s'en fatigue : une troisième de Nesle, la belle marquise •le La Tournelle, bientôt duchesse de Ghàteauroux, supplante sa sœur et, après avoir posé durement ses conditions, entreprend de gouverner. Fleury venait de disparaître : Mme de Tencin souffle à la favorite un rôle patriotique. « Vous me tuez », dit Louis XV, quand celle-ci lui parle de politique et de guerre. — « Tant mieux, réplique-t-elle, il faut qu'un roi ressuscite. » Kl il obéit, il se rend à l'armée des Flandres. Soudain il tombe malade à Metz 1 : la peur de la mort le saisit, et voici la « concubine » congédiée sur l'ordre de l'évêque de Soissons,