I. Voir ci-<lessiis. t. VI. p. 080 el M
LA RUSSIE
invité par son père à une de ses assemblées, il disait : « J'aimerais mieux être forçat sur une galère ou attraper une bonne lièvre que de me rendre là. »
Cette instinctive antipathie pour son père se changea bientôt en une véritable haine. Alexis en vint à s'intéresser au fameux pamphlet de Talilski, où le tsar était dénoncé comme l'Antéchrist Il se laissait dire par le prince Vladimir Dolgorouki : « Tu es plus sage que ton père : tu connais mieux les hommes. » Le feld-maréchal Chérémélief lui conseillait d'entretenir des espions dans l'entourage du tsar. Le prince Kourakine l'avertissait de se méfier de sa belle-mère Catherine, qui sûrement le haïrait dès qu'elle-même aurait un fils. Il écoutait avec complaisance les messages qui lui venaient du couvent de sa mère : on y avait eu des songes; le tsar ne pouvait tarder à mourir. Il avouait à son confesseur Ignatief : « Je désire la mort de mon père. » Et le prêtre lui répondait : « Nous la désirons tous. » Il confiait à ses intimes qu'à son avènement il ferait empaler les ministres de son père, couper la tète aux auteurs du mariage brunswickois. Il confiait à sa maltresse qu'il réduirait l'armée, supprimerait la flotte, rendrait aux Suédois les provinces conquises, ne se mêlerait plus d'aucune guerre européenne, abandonnerait Pétersbourg, passerait l'hiver à Moscou et l'été à Iaroslavl.
Le tsar soupçonnait ce qui se passait dans l'esprit de son fils. A plusieurs reprises, il l'avertit : « Si lu ne changes de conduite, sache que je te priverai de ma succession. Pour la patrie et pour mes sujets, je n'ai ménagé ni ne ménagerai ma vie : crois-tu que je ménagerais la tienne? J'aime mieux pour héritier un étranger, qui soit bon, que mon propre sang qui ne vaut rien » (octobre 1715). A ce moment-là, Charlotte de Brunswick venait de mourir en couches, laissant au tsarévitch un fils, qui devait être l'empereur Pierre II; mais peu de jours après, Catherine donnait au tsar un lils, Pierre Pétrovitch. La rivalité entre le fils aîné du tsar et sa marâtre allait s'envenimer.
I Voir ci-dessus, t. VI, p. 714.
LES HÉKITIEHS flK IMEHKE LE <îK ANU 37!'»
Alexis, mis au pied du mur par la sommation do son père, répondit par une courte lettre, où il se déclarait prêt à renoncer à ses droits d'héritier, souhaitant longue vie à son frère nouveau-né. A la réception de cette lettre, le tsar eut un entretien avec le prince Vassili Dolgorouki, et celui-ci crut pouvoir informer le tsarévitch qu'il venait de le sauver de la mort. En janvier 1716, le tsar tomba malade, puis guérit. Il adressa au tsarévitch Alexis une nouvelle sommation, plus pressante que la précédente : ou le tsarévitch s'amenderait, ou il se ferait moine. « Autrement, disait Pierre, mon esprit ne peut ôtre en repos, d'autant plus que maintenant je suis souvent malade. » Il menaçait de le traiter comme un « malfaiteur ». Toutefois le tsar n'osait aller jusqu'aux dernières conséquences de ces prémisses; d'une part, il lui était dur de ne plus pouvoir compter, pour sa succession, que sur un enfant nouveau-né et il espérait encore que le fils ainé pourrait s'amender; d'autre part, il craignait que la renonciation d'Alexis à l'héritage, môme son acceptation de la vie monacale ne fussent point sincères. Pourtant il ignorait ce que le confident Kikine disait au tsarévitch, pour l'encourager à accepter provisoirement le cloître : « On en sort, disait Kikine; on ne vous cloue pas le klul>oul; (bonnet de moine) sur la téte. »
Kikine donnait au tsarévitch des conseils encore plus dangereux, l'engageant à solliciter la permission de se rendre aux eaux de Karlshad. De là, lui disait Kikine, il pourrait se ménager, dans quelque cour d'Europe, un asile contre le courroux de son père, de manière à pouvoir gagner du temps, à laisser s'accomplir les prédictions des visionnaires et les pronostics des médecins, annonçant la mort prochaine de son père. Il l'engageait à demander cet asile à Louis XIV, « qui sait protéger même les rois ». Kikine se rendit lui-même en Occident, annonçant à son jeune maître qu'il allait travailler à lui assurer un asile. A Karlshad, se rendit aussi Maria Alexiévna. Une autre tante, Nalalie Alexiévna, sur son lit de mort, engageait son neveu à réclamer la protection de l'empereur Charles VI.
Le tsarévitch hésitait lorsqu'une nouvelle lettre de son père, plus menaçante encore, vint le trouver à Pétershourg. C'était une
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sommalioii datée de Copenhague aoul 1716) : se faire moine sur-le-champ, ou venir trouver son père. Alexis répondit qu'il irait voir le tsar, mais il prit ses mesures pour se rendre secrètement à la cour de Charles VI. De Pétersbourg il s'achemina sur Lihau, où il trouva sa tante Maria et son conlident Kikino. Là on tint conseil : Kikiue assura le tsarévitch que son |K-re ne l'appelait auprès de lui que pour trouver un moyen de le faire périr. C'est de là aussi que le tsarévitch osa s'adressera Gœrtz, le confident de Charles XII, pour lui demander le secours de la Suède ». La réponse s'étanl fait attendre, tout à coup le tsarévitch disparut. On ne h» revit ni sur la route «le Copenhague ni sur celle de Pétersbourg. En grand secret, il reparait à Vienne, avec une faible suite, où se dissimulait sa maîtresse Euphrosine, travestie en page. Il y obtient du vicechancelier Schœnhorn une audience secrète, où il accuse son père d'en vouloir à sa vie et sollicite un asile. Les ministres autrichiens, espérant que la chose resterait secrète, cachèrent le tsarévitch d'abord au château d'Ehrenberg, dans le Tyrol, puis au fort Saint-Elme, dans le royaume de Naples. Les émissaires du tsar, Houmiantsof et Tolstoï, un moment dépistés, ne tardèrent pas à retrouver la trace du fugitif. Tolstoï parvint à forcer les consignes de Saint-Elme; il eut avec le tsarévitch un entrelien où il le terrifia par l'annonce de la prochaine arrivée de son père, l'étourdit de menaces et de promesses, lui arracha le consentement au retour. Les ministres autrichiens, voyant leur secret découvert, craignant que le tsar ne fit entrer une armée en Bohème ou en Silésie, n'osèrent pas s'opposer à cel enlèvement. Pierre, qui était alors à Spa, lit tomber les dernières résistances de son fils en lui promettant sa grâce, s il faisait des aveux complets. Il laissa même dire qu'il lui permettrait de vivre en simple particulier et d'épouser sa maîtresse. Le relourdu fugitif se (il. donc assez tranquillement, l'n moment,
1. (> fait ne fui connu du Uar que heaucoup plus lard, en ao.ïl après la
mort du tsarévitch, il est allote par l<> documents que produit r'ryxell dans >oii //i.W.w/v { hui lts A//. (i»rrl/, après la fuite du Isaréxileh en Italie et miii anw tation au Toi t Sainl-Klnie.se plaignit a Charles XII qu'on eût laisse échapper une si helle occasion: l>- roi, ayant entre Nés mains le lils du tsar, aurait pu ohlenir de- conditions .1,- |,ux beaucoup plus avantageuses.
LES IIKIUTIKHS l)K IMBHItK LK «IHAM» :\''
Euphrosine lui conseilla de se réfugier dans Home, sous la protection du pape : conseil qui ne fut pas suivi.
A peine Alexis fut-il arrivé en Russie qu'aussitôt commencèrent les vengeances du tsar. Dans une assemblée solennelle, tenue au Kremlin de Moscou (février 1718), le tsarévitch parut sans son épée. 11 dut renoncer à tous ses droits au troue. Le jeune Pierre Pétrovilch fut proclamé prince héritier. Le tsar informa son peuple de ces résolutions par un manifeste où étaient exposés tous ses griefs contre son lils : Alexis, par tant de « crimes », avait mérité la mort, mais le souverain lui faisait grâce. Celle grâce n'était accordée au tsarévitch qu'à la condition qu'il ferait des aveux complets et dénoncerait ses complices et mauvais conseillers. Il dénonça aussitôt Maria Alexiévna. Kikine, les princes Viay.emski et Yassili Dolgorouki, le c onfesseur Jacob ïgnatief. etc. A leur tour, ceux-ci, mis à la torture, prononcèrent d'autres noms. Les arrestations prirent des proportions de plus en plus colossales; sur Moscou, sur Pétersbourg, sur toute la Hussie plana une terreur qui rappelait celle de 1G98, signalée par l'effroyable boucherie des slreltsi. C'était le même parti, celui de la vieille Hussie, que le tsar retrouvait conspirant contre son œuvre. Elle n'était plus en armes comme4 en 1(>(J8; elle avait été écrasée, réduite au silence par vingt ans d'impitoyable despotisme; Pierre le Grand n'avait plus affaire à des conspirateurs, mais à de simples mécontents, dont les manifestations se réduisaient à des plaintes, à des espérances placées sur la téle du tsarévitch, à des vœux pour que les jours de leur tyran fussent abrégés, non pas même par une main régicide, mais par la loi de la nature, par ses maladies et ses propres excès. Pourtant , contre ce parti sans organisation ni cohésion, contre ces haines inaclives et presque muettes, contre ce mécontentement épars et impuissant, Pierre se montra inquisiteur aussi féroce et bourreau non moins impitoyable qu'en 1G98.
Au cours du procès, l'ancienne tsarine Ludoxie, la « nonne Hélène » fut de nouveau mise en cause : elle avait entretenu des correspondances avec Maria Alexiévna et son malheureux fils; dans son couvent de Sousdal, elle avait repris au bout de
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quelques semaines le vêtement séculier et s'était entourée d'un»' sorte de cour; dans l'église du Pokrovski, on avait prié pour elle comme pour la tsarine légitime. Le couvent avait été une officine de rêves, de visions et de prophéties relatives à la tin prochaine du tsar; l'un des prophètes avait été le métropolite de Rostof, Dosithée, tandis que l'archimandrite Pierre, à force de prières et de prosternations devant les images, espérait hâter la délivrance. A ces superstitions et dévotions hizarres s'était associée une intrigue d'amour : la tsarine avait pour amant le major Gliéhof, qu'elle comptait épouser après la mort de Pierre. C'est sur ce groupe de conspirateurs que tomba tout d'abord la colère du tsaret que sévirent les tortures. La tsarine-nonne Eudoxie fui fouettée, puis internée plus rigoureusement dans le cloître de Staraïa-Ladoga, auprès de la forteresse de Schlusselbourg (d'où elle ne sortit qu'en 1727). Dans cette forteresse fut enfermée la tsarévna Maria (pourtant elle devait obtenir sa liberté en 1721 et mourir à Pétersbourg en 1723). Leurs complices furent plu* cruellement traités : Gliébof fut empalé, Dosithée et Kikine condamnés au supplice de la roue; Abraham Lapoukhine, frère de la tsarine, torturé et décapité; cinquante nonnes du Pokrovski fouettées; une trentaine de personnes soumises à des supplices divers. Parmi les complices du tsarévitch, le seul qui eut montré quelque volonté d'agir, c'était le scribe Dokoutine. Il avait rédigé la formule du serment qu'on prêterait au tsarévitch et la protestation secrète contre l'acle qui le dépouillait de ses droits. 11 périt dans les tortures. En mars 1718, le tsar quitta Moscou pour Pétersbourg; c'est dans celte capitale qu'allait se continuer le procès.
Il restait à décider sur le sort du tsarévitch. Quand arriva en Russie; sa maîtresse Euphrosine, dont une maladie avait retardé le voyage, le tsar voulut l'interroger en personne. C'est d'elle qu'il apprit beaucoup de propos tenus par Alexis, le projet d'une proclamation destinée aux sénateurs et aux évèques, la joie du malheureux prince à la nouvelle d'une mutinerie dans l'armée russe de Mecklembourg, sa résolution d'abandonner, dès son avènement, toute l'œuvre du tsar. etc. Les aveux du tsarévitch à son père n'avaient donc été ni complets ni sincères? La révé-
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hûion de ces nouveaux « crimes » dégageait le tsar île sa promesse de grâce. C'est ce que Pierre le Grand annonça au peuple par un second manifeste. D'ailleurs il sentait bien que, pour sauver l'avenir de son œuvre, il devait aller jusqu'au bout : il ne servirait à rien de coifler Alexis du klobouk, puisqu'il « ne se clouait pas sur la tète » ; il fallait empêcher que le vieux parti russe pût jamais faire de lui un tsar ou un régent pendant la minorité du nouveau tsarévitch. Pierre avait à garantir non seulement l'avenir de son œuvre politique, mais le nouvel ordre de succession au trône, mais la vie même de sa seconde femme et des enfants qu'elle lui avait donnés. Le procès du tsarévitch se poursuivit avec les mêmes procédés barbares qui avaient délié la langue de ses complices.
Le tsar invita les dignitaires de l'Etat et les chefs de l'Eglise à faire connaître leur sentiment sur la culpabilité de son fils, promettant que personne ne serait jamais inquiété à raison de l'opinion ainsi manifestée : cela ne rassura personne. Le Saint-Synode osa se déclarer incompétent dans une cause pareille. Le Sénat consentit à se constituer en haute cour; mais les interrogatoires devant celte assemblée n'aboutirent à rien. Alors, dans un des cachots de la forteresse Sainl-Pierrc- Saint-Paul, on recourut à l'application de la torture par le knout. Le 19 juin, Alexis reçut 25 coups de ce terrible instrument et avoua ce qu'il avait dit à son confesseur (ses vœux pour la mort prochaine de son père). Le 22, il reconnut avoir souhaité le concours des troupes de l'empereur Charles VI. Le 2 1. il reçut 15 coups de knout et convint avoir écrit au métropolite de Kief, dans le dessein d'exciter une rébellion en Oukraine. Le 25, une commission, formée de 127 dignitaires, le déclara coupable d'avoir souhaité la mort de son père, d'avoir tenté de le renverser à l'aide de rébellions à l'intérieur ou avec l'appui de troupes étrangères. Il fut condamné à la peine capitale. Le lendemain, sur le registre de la forteresse, on pouvait lire cette mention : « Le 2(i juin, à huit heures du matin, se sont rassemblés le tsar, le prince Monchikof... (suivent les autres noms); il y eut application de la torture; après quoi, à onze heures, on se sépara. Le même
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jour, à quatre heures de l'après-midi, esl mort dans sa prison le tsarévitch Alexis Pétrovitch. »
Sur la façon dont mourut celui-ci, les récits contemporains présentent une intinilé de variantes : décapité, noyé, empoisonné, étouffé sous des coussins, etc. Cette mention du registre semble mettre fin à toute controverse. Il parait certain que le tsar, en présence d'un certain nombre de dignitaires, lit subir une dernière fois la torture à son fils, moins pour lui faire compléter ses aveux, qui ne laissaient plus rien à désirer, que pour en finir avec lui. On sait qu'un seul coup de knout, appliqué dune certaine façon, peut entraîner la mort immédiate : or combien de 'coups a reçu le tsarévitch? H parait avoir survécu sept ou huit heures à son supplice. On peut donc admettre le récit qui nous le montre expirant dans les bras de son père. Tel est ce drame effroyable, digne pendant de celui qui se passa entre Philippe 11 et son fils don Carlos1, et où Ton vit un chef d'Etat sacrifier son propre sang: à la sécurité d'un ordre de choses politique.
Le supplice du tsarévitch et de sa famille maternelle est le dernier épisode de la lutte soutenue par Pierre le Grand contre les forces du passé : elle avait commencé par la défaite de Sophie (1C89); elle s'était continuée par l'extermination des streltsi (1G98), les sanglantes répressions exercées contre les Kosaks du Don ou du Dnieper, les persécutions contre les ras/iofniks, l'asservissement de l'Eglise à l'Etat.
La captive de Marienburg. — Après la première disgrâce de la tsarine Eudoxie (HW8), Pierre le Grand s'était abandonné à la vie la plus dissolue, à des amours de matelot et de troupier, à des vices plus abjects. Tout lui était bon, filles «le nobles ou servantes, cl rien ne durait. Ses liaisons passagères relèvent à peine de la chronique, encore moins de l'histoire. Citons cependant deux traits, parce qu'ils sont caractéristiques. En 1098, à son retour d'Occident, une de ses premières visites avait été, à la Slohotle allemande de Moscou, pour Anna Mocns, tille d'un marchand de vin ou d'un joaillier 11a-
». Voir ci-dessus, i. \\ p. ».J.
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mand. Il l'installa dans une maison près de la Slobode, lui donna des bijoux, des terres, la gratifia de son portrait. Il retrouvait chez elle son cher Occident; elle était assez intelligente, et I on a des billets d'elle où elle félicite le tsar sur ses succès militaires. En 1704, voulant faire une fin et très éprise de Kevserling, envoyé de Prusse, elle se laissa persuader par le prince Menchikof, son ennemi secret, de rédiger une lettre au tsar où elle lui demandait l'autorisation de se marier. Armé de ce papier, le favori courut chez son maître et lui dit : « Vous pensez qu'elle vous aime plus que tout au monde : <jue diriezvous si ce n'était pas? » Et il lui remit la lettre. Pierre, qui avait trente-deux ans, jaloux comme un jeune amoureux, entra en fureur. II reprit à sa maîtresse bijoux et domaines, lui reprit son portrait a puisqu'elle avait préféré à l'original un misérable esclave », et la fît jeter en prison avec sa sœur, la générale Balk. Il semble d'ailleurs que ces femmes avaient abusé de leur faveur pour aider à toute sorte de concussions. Trente personnes furent arrêtées pour cette aflaire (1707). — L'autre épisode est celui d'une certaine Hamilton. Ayant eu du tsar un enfant, elle l'avait fait périr. Pierre la laissa juger, condamner à mort et exécuter. Longtemps il conserva sa tète dans un bocal, parmi les curiosités de son cabinet d'anatomie.
Nous voyons ensuite Pierre flirter avec les demoiselles d'honneur de sa sœur Nalalie, avec trois filles Tolstoï, avec deux sœurs de Menchikof. Le favori courut un moment l'espoir de faire épouser l'une d'elles à son maître, et, dans ce but, il recommandait à sa sœur d'apprendre l'allemand. Si ce mariage n'eut pas lieu, Menchikof ne put s'en prendre qu'à lui-même, car il est l'inventeur de la « captive de Marienburg ».
Au sac de celte ville, en 1702 ', parmi les prisonnières, se trouvait une jeune femme, Catherine, sur la race et la famille de qui les récits contemporains ont infiniment varié. Il parait probable qu'elle était fille d'un paysan lithuanien, probablement serf d'un propriétaire baltique, et nommé Samuel Skavronski. Il ne serait pas impossible que son vrai père fût ce noble pro-