‹ Histoire générale du IVe siècle à nos joursChapitre 82 sur 219 · Voir ci-dessus, p. 233 el sniv · texte numérisé non relu

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LA RUSSIE

trice s'éveilla : Apraxine fut rappelé de l'armée (octobre), Bestoujef arrêté et mis en jugement (février 1758), la grandeduchesse très compromise, Poniatowski expulsé de Russie, ses amis emprisonnés ou exilés. De nouveau elle faillit être renvoyée en Allemagne. Elle ne se tira d'affaire qu'en s'humiliant profondément devant l'impératrice irritée, et dut renoncer pour quelques années à jouer un rôle politique. Son mari, pendant cette crise, l'avait abandonné©, dénoncée. Elle eut contre lui un grief de plus.

Le règne de Pierre III (1762). — Quand mourut l'impératrice Elisabeth (janvier 1762), Pierre avait trente-quatre ans, Catherine trente-trois. La mésintelligence entre les deux époux élait plus marquée que jamais : Catherine avait pour principal favori Grégori Orlof; Pierre s'était donné le luxe d'une maltresse, Elisabeth Vorontsof, une nièce du chancelier. Notre chargé d'affaires Bérenger la dépeint comme « une servante d'auberge de mauvais aloi ». « Elle jurait comme un soldat, louchait, puait et crachait en parlant » (Scherer). Elle s'enivrait avec le Isar et parfois le battait.

On a déjà vu le brusque revirement que Pierre III imprima à la politique étrangère 1 : d'alliée de l'Autriche, d'adversaire de la Prusse, la Russie devint l'alliée de celle-ci contre celle-là; les territoires conquis sur Frédéric II, le prix de tant de sang versé par les armées russes, furent restitués sans condition; à la guerre autrichienne allait s'ajouter une guerre danoise, pour venger les injures du duc de Holstein, empereur de toutes les Russies.

La politique intérieure de ce prince, pendant son règne si court, paraît lui avoir été inspirée par le secrétaire Volkof. Il rendit un oukaze affranchissant la noblesse du service public : ce qui donna satisfaction aux nobles, mais menaçait de désorganiser l'armée et l'administration. Il abolit la Chancellerie m'vHe : mesure d'humanité, mais qui le laissait sans défense contre les conspirations. Il protégea les raskolniks, alléguant qu'on tolérait dans l'empire même les musulmans et les idolâtres, tandis que les raskolniks sont des chrétiens. Il annonça

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