‹ Histoire générale du IVe siècle à nos joursChapitre 84 sur 219 · LES HÉIUTIEHS DE 1MEKKE LE (1HAND · texte numérisé non relu

LES HÉIUTIEHS DE 1MEKKE LE (1HAND

commence. Ce gouvernement, issu d'une révolution, aura longtemps à se défendre contre de nouvelles tentatives révolulionnaires. Ceux qui n'ont pas eu part au butin, à la distribution de grades, d'argent, de domaines, de faveurs de toute nature, épient une occasion semblable : d'où la tentative du lieutenant Mirovitch, en 1764, pour faire évader le jeune empereur brunswickois, détenu à Scblusselbourg; la tentative n'aura d'autre résultat que le meurtre d'Ivan VI par ses gardiens, puis l'exécution de Mirovitch. Mais combien d'autres complots, que de révoltes môme, tantôt au nom du grand-duc Paul exclu du trône par sa mère, tantôt au nom de l'empereur Pierre III prétendu ressuscité! Non moins embarrassants pour la nouvelle tsarine sont ceux qui, ayant cependant reçu leur salaire, ne se trouvent pas assez récompensés : de là les împorlunités d'Ivan Belski, la brouille avec la princesse Dachkof, la rupture avec les Orlof en 1772. La Russie, de plus en plus, apparaît à l'Europe comme un pays d'aventures, où tout peut arriver, où tous les régimes sont instables : tant de révolutions depuis la tentative oligarchique de 1730 jusqu'au meurtre de Paul Ier en 1801 ! L'oukaze de Pierre le Grand (1721) qui soumit l'ordre de succession à l'arbitraire du souverain régnant fut pour beaucoup dans ces catastrophes. La Russie n'a retrouvé quelque fixité dans le pouvoir que du jour où elle en est revenue au droit successoral de l'Occident.

La civilisation russe sous Anna et sous Élisabeth. — Le gouvernement russe, depuis Pierre le Grand, s'était donné la plupart des institutions administratives et militaires de l'Occident. Les hautes classes s'étaient résignées à porter le costume européen, qu'on appelait « l'habit allemand » ; mais les culottes courtes, les souliers à boucles, les perruques poudrées, et, pour les dames, les mouches et les paniers n'avaient presque rien changé au naturel primitif. La Russie, même dans ses hautes classes, restait un peuple asiatique. Les courtisans russes ne seraient pas dépaysés à la cour du Grand- Mogol : même cupidité, même insolence dans la prospérité, même bassesse dans la disgrâce, môme atrocité dans les vengeances. Dans les rapports entre propriétaires et serfs, ce n'est

LA RUSSIE

qu'oppression, abus effroyable de l'autorité domaniale, prodigalité de mauvais traitements et de supplices. Dans les rues de Moscou, les équipages des seigneurs, bravant les prohibitions réitérées de la police, luttent de vitesse, écrasant les passants. Il faut des règlements, à Moscou même, pour empècber les propriétaires d'avoir des ours qui ne soient pas attachés; d'autres règlements pour interdire les bains publics communs aux deux sexes.

Dans l'immense empire il n'y a pour ainsi dire pas d'écoles, pas même pour les prêtres. C'est au favori d'Elisabeth, Ivan Chouvalof, qui fut comme son ministre de l'instruction publique, que la Russie doit la fondation de l'Université de Moscou : pour honorer la science aux yeux du peuple, il accorde à tout étudiant le droit de porter l'épée et le dixième rang du tchin; à tout professeur, le huitième rang. Il proposait de créer deux autres Universités, à Pétersbourg et à Batourine, un gymnase par gouvernement; il ouvrit des écoles dans les confins militaires du Sud; une à Orenbourg pour les enfants d'exilés. Il fut aussi le créateur de l'Académie des Beaux-Arts de Pétersbourg.

Un des caractères du règne d'Elisabeth, c'est qu'à la période de culture allemande, celle de Pierre le Grand et des règnes suivants, succède une période de culture française. Les institutrices et maîtres français se multiplient dans les maisons des nobles. Il y a un théâtre français à Pétersbourg, sous la direction de Sérigny, et les courtisans sont tenus, sous peine d'amende, d'assister aux représentations. Ivan Chouvalof a mis en vogue les modes françaises et fait venir de Paris ses habits et ses meubles. « Il est Français à brûler », a dit de lui Frédéric II. Si nombreux sont les étudiants et voyageurs russes à Paris (parmi eux Alexandre Vorontsof, qui servit dans les chevau-Iégers du roi), qu'on y élève une chapelle orthodoxe. Pour la princesse Dachkof et tous les Vorontsof, pour beaucoup d'autres, le français devient comme une seconde langue maternelle. L'ambassadeur Kanlémir est, à Paris, un ami de Montesquieu. Ivan Chouvalof entre en relation avec Voltaire, le fait nommer membre correspondant de l'Académie des sciences, lui fournit des matériaux pour écrire son Histoire de Pierre le Grand.

LES HERITIERS DE PIERRE LE GRAND

Les arts. — Les professeurs de la nouvelle Académie des Beaux-Arts sont presque tous des Français : les peintres Lorrain et Lagrénéc, le sculpteur Gillct, l'architecte Valois. De 1757 à 1159 séjourna Tocqué : il fit les portraits de Cyrille Razouraovski, de Michel Vorontsof. Le Prince y resta de 1758 à 1764, y étudia les types et les costumes, en rapporta son Corps de garde (aujourd'hui au Louvre), son Baptême russe, son Réveil des enfants, sa Halle de Tarîmes, son Parti de Cosaques, sa Vue de PélersOourrj, sa Guinguette de Moscou, etc., qui, exposés pour la plupart au Salon de 1764, y obtinrent un grand succès et méritèrent les éloges de Diderot. En revanche, c'est un Italien, Rastrclli, qui éleva la plupart des monuments dont Pétersbourg s'embellit pendant celte période : le Palais d'Hiver, le monastère de Smolna, le Palais de l'Académie, et, non loin Je là, le palais de Tsarskoé-Sélo. — Assez rares sont les noms d'artistes russes : citons Vechniakof, qui lit le portrait d'Elisabeth.

Littérature russe. — Le Wespthalien Mûller, quoiqu'il ait écrit en allemand, mérite une place dans l'histoire littéraire des Russes. Il passa vingt années en Russie (1765-1783), accompagna Gmelin dans son voyage scientifique de Sibérie, fut membre de l'Académie et historiographe de l'empire, et mourut à Moscou. Tatichlchef, gouverneur d'Orenbourg, un des disgraciés du règne d'Anna, écrivit la première Histoire de Russie (de 1761 à 1784) qui mérite ce nom dans cette littérature : elle va des origines au règne d'Alexis Mikhaïlovitch. On lui doit la publication de la Pravda de Iaroslaf et du Code d'Ivan le Terrible, un Lexique russe (1793), etc. Son œuvre la plus originale est son Testament, qui, tout aussi bien que le Domostroï pour le xvi" siècle, donne pour le xvni0 siècle la formule de la morale russe.

Trédiakovski (1704-1769) était fils d'un pope d'Astrakhan. Il lit ses premières études, toutes scolastiques et théologiques, dans un couvent de Moscou. Puis il visita la Hollande, de là se rendit en France à pied et fut élève de la Sorbonne. 11 eut la patience de traduire Y Histoire ancieune de Hollin (et à deux reprises), ainsi que d'autres œuvres françaises. Au temps de

LA RUSSIE

Catherine II on tournait en ridicule son poème de la Têlémakhide; mais il rendit à la littérature russe de très grands services : il acheva de dégager du vieux slavon le russe vivant; il fixa les règles de la versification. Ce fut un Malherbe sans génie, peut-être sans talent.

Plus génial est Àntiochus Kantémir, le fils de l'hospodar moldave de 1711. Né à Conslantinople (1709) d'une mère grecque, il savait à dix ans les langues anciennes et lut devant Pierre le Grand un éloge en grec de saint Démétrius. Il a parlé onze langues vivantes. Son éducation s'acheva à Moscou : il fut officier au Préobrajenski, ambassadeur à Londres, puis à Paris, où il mourut en 1744. Il a traduit les Lettres persanes de Montesquieu et les Entretiens de Fontenelle. Il a laissé un poème épique, la Pétrétde, des fables, des odes, mais surtout neuf Satires qui restent son principal titre de gloire; encore qu'elles ne soient pas tout à fait dégagées de l'imitation de Boileau, elles abondent en traits originaux, mordants, et vraiment russes. Telles ses sorties virulente* contre Tévèque Dachkof. l'archimandrite Varlaam, etc.

Le théâtre russe. — Il y eut, sous Anna Ivanovna, une troupe d'opéra italien, envoyée par Auguste de Saxe: une troupe dramatique allemande, appelée parle favori Lynar(1737) ; sous Elisabeth, la troupe française que Pierre III le Ilolsteinois s'empressa de congédier.

Une des gloires du règne d'Elisabeth, c'est la naissance d'un théâtre russe, avec des acteurs russes et des pièces russes, non plus des espèces de Mystères comme autrefois, mais abordant les sujets profanes. Le fondateur de ce théâtre fut Alexandre Soumarokof (1717-1777), dont Catherine II a dit : « C'est notre quasi Corneille. » Encore élève au Corps des cadets, il se passionna pour le théâtre français, savait par cœur Corneille, Racine, une partie du théâtre de Voltaire. Passé ofticier, mais resté au Corps des cadets, il écrivit la tragédie de Khorev, qui eut un grand succès de salon. Elisabeth entendit parler de Khorer et voulut le faire jouer devant elle, laissant mettre sa garderobe au pillage pour costumer les acteurs, tous des cadets; abillant de ses mains impériales le cadet Svistounof, qui deva i

LES HÉRITIERS DE PIERRE LE iïRAXIï

jouer le rôle féminin iYOsnelda. Soumarokof, encourage, mit à la scène quatre tragédies à sujet national (entre autres un Faux Dmïtri), une traduction iïllamlet, un opéra lyrique, une douzaine de comédies. Il fit jouer aussi des pièces de Trédiakovski et Lomonossof.

Presque en même temps, Feodor Volkof, élève de l'Académie ecclésiastique de Moscou, fils d'un marchand de Iaroslavl, fit dans celte dernière ville un essai de théâtre. Enrôlant ses frères et des camarades, transformant en salle un des hangars de la lannerie paternelle, se faisant directeur, régisseur, architecte, décorateur, machiniste, il joua devant le gouverneur delà ville, le très lettré Moussinc-Pouchkine, la Clémence de Titus. Sur le bruit de ce succès, la tsarine Elisabeth fil venir toute la troupe, quatorze acteurs, tous de jeunes hommes, même pour les rôles «le femmes. Elle les fit presque tous entrer au Corps des cadets, qui décidément devenait une espèce de Conservatoire : ils y apprirent la littérature, les langues et le a maintien ». Bientôt elle leur donna une vraie salle de théAtre et leur adjoignit des actrices. Sur cette scène on joua non seulement du Soumarokof, mais presque tout notre répertoire français, tragédie el comédie, traduit en russe. Après Pétcrsbourg, Moscou eut également son théAtre, que, par ordre d'Ivan Chouvalof, les Volkof allèrent y organiser (1757).

Lomonossof. — L'intelligence russe la plus originale de ce temps, c'est Michel Lomonossof, à la fois dramaturge, poêle lyrique, poète épique, prosateur remarquable, grammairien et historien, et enfin le premier « scientifique » qu'ait possédé la Russie. Sa vie n'est pas moins étonnante que son œuvre. Né en 1711 au village de Denissovka, dans une lie de la Dvina, non loin de la mer Blanche, il eut pour père un pauvre pécheur. Celui-ci s étant remarié, sa marâtre contraria les goûts de lecture que lui avait donnés la vraie mère, une fille de diacre. Maltraité, il dut fuir à Moscou, s'y fit passer pour fils de pope, oblint son admission à l'Académie ecclésiastique. Il y travailla vigoureusement, un peu honteux de se trouver, si Agé déjà, parmi déjeunes élèves. Ajoutez à cela qu'il était de taille gigantesque, si bien que ses condisciples le traitaient de « grand

imbécile ». En 1734, nous le trouvons à l'Académie de Kief, où les éludes étaient meilleures, puis au gymnase de l'Académie de Pélersbourg, enfin en Allemagne, où le gouvernement russe l'a chargé d'étudier l'art des mines. Le plus souvent, on le laissait sans argent : son professeur de Frcyberg le mit à la porte. Alors il mena une vie errante et misérable, parfois affamé, parfois ivre-morl, se mariant à la fille d'un tailleur de Marburg, puis, à Dusseldorf, enrôlé dans un moment d'ivresse par les racoleurs prussiens, parvenant à s'évader de la forteresse de Wesel, enfin reparaissant en Russie, où nous le trouvons à l'Université de Fétersbourg, avec un petit emploi de 300 roubles dont on lui relient la majeure parlie pour le logis, le bois, l'éclairage (1741). A ce prix il devait enseigner la géographie physique, la chimie, l'histoire naturelle des mines, la versification et le style russes. Alors lui, le « Russe natif », ayant conscience qu'il est chez lui et que ces gens y sont des intrus, se prend de querelle avec les professeurs allemands, les traite de voleurs, de propres à rien, de drogues; quand il a bu, il entre chez eux, rosse maîtres et domestiques, fait sauter tout le monde par la fenêtre. 11 terrifie jusqu'au brûlai prince Ioussoupof. Pour ses méfaits, le Sénat le condamne à une détention de neuf mois. L'avènement d'Elisabeth le tire d'affaire : plus encore que son ode sur \a. Prise de Khotin au temps d'Anna Ivanovna, son ode à « l'Astrée » libératrice le met en lumière. Ivan Chouvalof le prend sous sa protection. Pas assez efficacement cependant pour que Lomonossof, avec sa femme toujours malade, ne sente la misère. 11 postule une place de professeur : il allègue qu'il a traduit des livres de physique, de chimie, de poésie; qu'il en a traduit du latin, du français, de l'allemand, etc. Enfin il est nommé professeur « de chimie et d'éloquence russe » (1745). C'est l'époque de sa plus grande activité littéraire et scientifique. Il est à la fois censeur, correcteur des publications d'Etat, traducteur de manuels, collaborateur à la Gazelle et à l'Almanach, etc. Par ses odes, il est un des plus grands poêles qu'ait eus la Russie, et c'est un « savant de génie ». En 1753, il manqua d'être tué dans une expérience d'électricité atmosphé rique, analogue à celle que lenla Franklin,

et où son collaborateur, le professeur Hicbmann, tomba foudroyé. La Russie avait contracté envers lui une dette : elle s'en est acquittée récemment en dressant à Arkbangel la statue de Michel Lomonossof.

BIBLIOGRAPHIE

Recueil» île document». — Collection complète des lois russes (40 vol.), t. IV et suiv. — Recueil des traités et lettres des tsars, t. IV el suiv. — Beaucoup de documents dans les coll. de V Archive Vorontsof, de l'Archive Russe. •lu Dix-huitième siècle, tous trois édités par P. Barténief. dans V Antiquité" Russe (Rousskata Starina), depuis 1870 en cours de publication, dans Y Anvienne et Xouvelle Russie (Drevnaia i Novaia Rossiu), etc. — F. de Martens. Recueil des traités et conventions de la Russie, t. I de chacune des séries Allemagne, Autrkhe, Anylclerre. — Dans la Collection de la Société Impériale d'histoire de Russie, les tomes suivants sont surtout à consulter : t XXIV. XL, XLIX, LV. LVIII, LX1V\ LXXXI, XCII, XCVI. Correspondance «les envoyés île France (Campredon, Magnan, Villardeau. abbé Langlois, La Chétardiê jusqu'à 17W); t. LV, LM, LXII1, LXIX. LXXIX, LXXXIV, XCIV. Papiers du Haut Conseil Secret de 1720 à 172»; t. L. LXI. LXVI. LXXVI, LXXXV, Corresp. des agents britanniques (de 1708 à 17 H); t. XV, Corrcsp. de Mardereldt (1721-1730); t. 111 et V, rapports de Lefort, envoyé saxon [1721-1727). — La Cour de Russie il y a cent ans. extraits des dépêches des ambassadeurs anglais et français. Leipzig et Paris, 1800. — A. Rambaud. Instructions aux ambassadeurs français.... en Russie, 2 vol., Paris, 1890.

HI«tolrew et l>lojçi*«t|»hlc» niMMCM. — Voir ci-dessus, t. M. p. 721 : les derniers volumes de Golikof, Actions de Pierre le Grand; S. Solovief, L XVII à XXV; dans N. Kostomarof. Hist. par biographies, études sur le tsarévitch Alexis, Mcnchikof, Féolane Prokopoviteh. — Le t. VI d'Oustriaelof est consacré au tsarévitch Alexis. — Dm. Korsakof. Personnages russes du XVIIIe s., Kazan, 18»l (Catherine I" et Moëns. Les Dol gorouki. Dmitri Galilzyne, A. Volynski et ses Confidents. V. TalichtchelY

— Bestoujef-Rioumine, Tatirhtchef (fans Ane. et Souv. Russie). — N. Popof, Tatkhtthef. Moscou, 1861 . — Dm. Korsakof, Biren (Ibid.).-G. Tchistovitch. Fane Prokopoviteh (Travaux de l'Acad. Russe), Pét.. 1808. — Morozof, Fèofane Prokopoviteh. Pét., 1880. — Morachkine, Féofilukte Lopatinski, Pét.. 1880.

— Andréef, Les dépositaires de la puissance publique après Pieire /, Pét.., 1871. — Choubinski, Esquisses et récits historiques, Pét., 1809. — Barsoukof Récits d'histoire russe au XVI IF s., Pét.. 188.1 — Vladimirski-Boudanof. L'État et lu civilisation dans la Russie du XVIII* s. (de P. le G. à Catherine 11), laroslavl, 1874. — La vie intérieure de la Russie (en 17*0-1741), public, du Ministère de la Justice, Moscou, 1886. — Bantych Kamenski, Diction, des hommes illustres de la Russie, Pét., 1847, 3 vol.

IliMtoljrc*» jçéiiéralc» eu laiiffiiea «rOccl«lcitt. — Levesque, t. V, Paris, 1812. — Strahl et Herrmann, t. Vet VI. — Th.-V. Bernhardi. Leipzig, 1875. — A. Rambaud, 4e édit., 1893. — Helbig (secr. de la légation d«- Saxe, sous Catherine 11), Die Russische Gtinstlinge, Tiibingcn, 1809. — L. Pingaud, Les Français en Russie et les Russes en France, Paris, 1880.

LA RUSSIE

MemoIrcM ruN»e«. — Voir ci-dessus, t. VI. p. 720. sur la coll. Toumanski. — Néploulef, mémoires (jusqu'à 1773). dans les Mémoires patriotiques. 1823-1820, et Archive Russe, de 1871 ; nouv. édit. Souvorine, Pét., 181»i.

— V. A. Nachtchokine, Mémoires, Pét.. 18*2. — N. D. Khanenko. Diarius ajournai Particulier (de 1710 à J7oi), édit. Bodianski. — Natalia Borissovna, princesse Dolgorouki. sur les malheurs de son mari, Ivan le favori, en français dans les Mémoires du prince Dolgoroukow (voir ci-dessous).

— Ernest Munich, fils du fcld-maréehal (l'original allemand s'est perdu». Mémoires écrits pour ses enfants, Pét., 1817. — Le prince J. P. Chakovskoï Mémoires (régnes d'Anna et Elisabeth). Moscou. 1810. — M. B. Danilof. major d'artillerie. Mémoires (vont jusqu'au 1761). édit. Stroef. 18*2. — A.-T. Bolotof, Mémoires (régne d'Elisabeth), édités par YAntiq. Russe. 4 vol., Pét., 1871-187j, et Souvenirs des temps écoulés (règne de Pierre 111 >. Moscou. 1875. — Stœhlin, Porochine. voir ci-dessous (Révolution de 1762 1.

— Même pour 1762 consulter la Bibl. du chap. suivant : Catherine II. Mémoires, récit», corrc»|H>ntltuiccK, eu lonfnieci tTOeoldeiit

(contemporains). — Weber (résident de Brunswick de 1711 à 172»). Dus Verxnderte Russland, 1721 et 1738 1740. — Basse witz (résident de Holstein. depuis 1713j, Éclaircissements sur plusieurs faits arrivés sous P. le G., édit. dans le Mayazin de Bùsching, t. IX. — Bergholtz, chanibellan de Holstein (lég. de 1721 à 1723), ibid., t. XIX-XX1I; en russe, édit. Amon. Moscou, I8o0-1800, 4 vol. — Pour la polémique entre Neugebauer et Huyssen (tous deux précepteurs du tsarévitch Alexis), voir Mintzlof, P. le G. dans la littérature étrangère, Pét.. 1872. — Le duc de Liria, amb. d'Espagne i tilde Berwick et pi*tit-HIs de Jacques Ilj, Mémoires, Paris, 1788; trad. russe, Pét., 1845 ; dépêches de lui dans le Dix-huitième siècle, t. II et 111. — Rondeau, minisire d'Angleterre, dépêches en russe dans les Lectures; plus complètes, en anglais, dans les t. LXIII, LXXIII, LXXX, de la Société Impériale. — Lady Rondeau, femme du précédent, Lettres, éd. russe, Pét.. 1836. — Le fcld-maréehal Munich, Ébauche }wur former une idée sur le gouvernement de la Russie (ce sontdcs mémoires et aussi des appréciations sur la période 1725-1702), 1774. — Manstein (1711-1757;, l'aide de camp de Munich, Mémoires historiques, politiques et militaires sur la Russie (vont jusqu'à 17 iV), Londres, 1772; réédit. dans Bibl. pol. et russe de Franck, 2 vol., Paris, 1860. — Le comte Lynar, envoyé saxon (favori d'A. Léopoldovna), Hinterlassencn Staatschriflen, 1703 (voir G. Jansen. (iraf zu Lynar, Oldenburg, 1873). — La Messelière, Voyage à S.-Pét., Paris, 1803.— Le prince Pierre Dolgoroukow, Mémoires, Genève. 1867-1871, 2 vol. (écrits de notre temps, mais pleins de souvenirs de famille sur le xvin* siècle;.

— La princesse Dachkof, Mémoires, 4 vol., en anglais. Londres, 1810: en français, Paris. 1850 (Bibl. polonaise et russe). — Alexandre Vorontsof. Autobiographie, dans Y Archive Vorontsof, t. Y (séjour à la cour de Louis XV).

— Semai Vorontsof, récit de Ja révolution de 1762. t. VIII, ibid. — La princesse Dachkof, Corresp. avec son frère Alexandre, dans Archive Vorontsof, t. V. — J. Pauzié (joaillier français de Cath. Ni, dans lMaf/tf. Russe, t. I, 1870, trad. du manuscrit original français, qui n'a pas été publié. — Le comte Hordt, Mémoires d'un gentilhomme suédois, Berlin. 1788. -- Asseburg, Mémoires, édit. par Varnhagen von Ense. Berlin, 18«2.

Pierre le Gruitd, le tfsnrévltcb AIcxIm, Catherine lr* 1 — Correspondance de Pierre le Grand et Catherine 1", dans les Lettres des

I. Nous rappelons que les livres ou travaux indiqués ici comme publiés dans des villes russes ou dans des reeueils russes sont, à moins d'indication contraire, en langue russe.

souverains russes, t. ï. Moscou, 1861. — D'autres Lettres îles mêmes dans l'Anliq. Russe, août 1880. — Le tsarévitch Alexis, Correspondance avec son confesseur Jacob Ignatief, découverte seulement en 1720 par P. le G., retrouvée aux Archives par Essipof et publiée par Pogodine , Moscou, 1 80 1 . - Oustriaelof, t. VI de VHist. de P. le G. : Le tsarévitch Alexis, Pét.. 1 8.*i« : Irad. fr. par C. de White. Leipzig, 1800 ( Voir M. de Vogûé. Le fils de P. le Gt: dans ft. des D. Mondes, 18S(|). — Guerrier, ÏUe Kronprinzcssin Cfuirlotte (de Brunswick), Bonn, 187;j. — N. Doubrovski, Les dernières années de In tsarine Eudoxie i Lapoukhine). dans Lectures, etc., 180ij. — Slavski. Une tsarine divorcée ( vie, procès et mort d'Kudoxie Lapoukhine i. dans Souvelle Hevue, Paris, 1880. — N. Kostomarof, Catherine K, dans l\l. et S. Russie, t*77, t. I. — Ibid., Bytchkof, Étude sur son mariage avec P. le G. — Sémevski. La tsarine C. /'" et Anne Wilhelm Mocns, Pét.. 18S»; et La famille Muens, Pét.. 1802. — V. Mikhnévitch. les favoris; Chronique d'une famille historique (les Skavnmskii, Pét.. 188"). — N.-A. Popof, Le comte P.- A. Tolstoï < lOi.i-1720), dans l\t. et X. Russie, t. I. — E. Herrmann, Zcitgcnœssischc licrichtc zur (iesch. Russlands : Peter d. G. und der Zarevitsch Alexei (d'après les Archives de Hanovre ; Corresp. de Fr.-Chr. Weberi. Leipzig. 1880.

Pierre II. — N. Kostomarof, Un enfant autocrate, dans VA. et A. Russie, 1*78. t. I. — Voir ci-dessus pour Mcnchikof et les Dolgorouki.

Anna Ivanoviia et Anna Liéo|M»l<lovna. — Anna Ivanovna. Lettres dans V Archive Russe de 1873, t. II, et 1877, t. III, et VAntiq. /lusse, de 1***. — Dm. Korsakof, Unrènemcnt de l'impératrice Anna Ivanovna, Ka/.an, IHSO. — Zagoskine, Les oliqarqucs et la noblesse en il 20, Kazan, 18*1. — A. BrUckner, Les Rrunsuick en Russie Pét.. 1870. — S.-A.-V. Halem. Ltbensbescht: des rttss. G encrai- fcldmarsehalls Munich, Oldenhurg. 1803. — Voir ci-dessus pour les Dolgorouki, Biren. Volynski, Tatichlchef, etc.

EllMnbctli. — Lafermière (précepteur du grand-duc-Paul i. La Cour de Russie en 4161 , dans VAntiq. Russe, t. XXIII. — Weidemayer, Revue des principaux événements, etc., et Règne d'Elisabeth Pétrnvna, Pét., 183."> et ÎHiO. — Sémevski, Èl'isabeth, dans le Rousskoe Sfovo de 1830. — E. Herrmann. Der russische Ilofuntcr Kaiser in Elisabeth, dans Hist. Ttischenhtch, Leipzig, 1882. — Pékarski. Le marquis de La Chctardie en Russie (IT»0-17»2), Pét.. 1802 (extraits et traduction des dépèches pcrlustn'cs). — Mémoires de Timkovski, sur Ivan Chouvalof, dans V Archive Russe de 187», I. — Barténief, Ivan Chouvalof fans la Rousskaia Résiédn de 18.">7, t. I.

— Schaefer, .-lus den letzten Taqen derKaiserin Elisabeth, dans Hist. Zeitschr., t. XXX VI. — A. Vandal, Louis XV et Elisabeth de Russie, Paris, 1802. — A. Rambaud. Russes et Prussiens (pendant la guerre de Sept ans», Paris. 181>.J. — Du même, La Russie épique (chap. sur les Impératrices), Paris. 1>S70. — Vassilchikof, La famille des Razoumovski, Pét.. 180k — Histoires de la littérature russe, Polévoï, Porphirief. voir ci-dessus, t. V. p. 70t, cl t. VI, p. 723. — Biliarski, Matériaux pour la biographie de Lomonossof, Pét., 1865. — Tatichtchef, Testament, trad. fr. J. Marlynof, Paris, 1800.

— Pierre de Corvin, Le théâtre russe depuis ses oriqines, Paris. 1800. — Arapof, Chronique du théâtre russe, Pét.. 1801. — Longhinof, Le théâtre russe à Pét. et à Moscou, Pét.. 1873.

Pierre 111 et la révolution de 1702. — Pierre III, Correspondance avec Frédéric II, dans VAntiq. Russe, t. III; Corresp. avec Ivan Chouvalof, dans V Archive Russe de 1860. — Voir ci-dessus pour les Mémoires de Semen Vorontsof et de la princesse Dachkof. — Volkof. secrétaire de Pierre II F, Mémoires, dans VAntiq. Russe, t. XI. — Du même. Correspon-

LA RUSSIE

dancc. Ibid., I. XI. — Catherine II. Lettre à Poniatouski (sur la révolution de 1702», dans La Cour de Russie il y a cent ans. — Frédéric II, Histoire de mon temps (appréciation do la révolution do 1762). — Un Diplomate espagnol, Relation de la Révolution de Rusia (1702), dans The Academy, avril 1875. — Ange Goudard, Mémoires pour servir à l'histoire de Pierre ///, Francfort. 1763. — Le Pour et le Contre de Pierre ///, addition à la 2* édil. do Goudard. — C. F. L. de La Marche (en réalité Chr.-Fr. Schwan . Nouveaux mémoires ou anecdotes du régne et du dt'trônemcnt de Piene Ut, Berlin et Drosdo. 1761». — Stœhlin, Mémoires (sur Piorre III). dans les Lectures, olc, 1806. — S. Porochine, Mémoires (sur Pierre III), Pét., 18>i. — M. Ranft. Die merkwùrdiye Lebengeschichte des unylùcklichen Kaisers Peters ///, Leipzig. 1773. — Histoire de Pierre III, Londres, 177*. — Rulhière, Hist. et anecdotes sur la révolution de Russie en 1762. Paris. 1797. — Saldern, Hist. de la vie de Pierre ///, Francfort, 1802; Metz et Paris, 1803. — Helbig (on lui attribue), Biographie Peters des Hritlen, Tiïbiiifc'en, 1808. — Lavaux, Histoire de Pierre ///, Paris, 1809, 2 vol. — A. Schumacher, Gesch. d. Thronensetzuny u. d. Todes Peters ///, Hambourg, 18.»8. — Chtchébalski, Système politique de Pierre ///, Moscou, ls70.

Page 1