LIVRE II, CHAPITRE II
riaque p{scari\ en héhrenvenari; — hvpcra, nom de la citadelle de Carthage, = 1),;.*^, forteresse. — Comme le samaritain et le dialecte mendaïte , le phénicien a une certaine tendance à confondre les gutturales, surtout n ety. — Enfin la particularité du dialecte maronite d'après laquelle a se prononce 0, surtout dans les syllabes emphatiques, se retrouve en phénicien : Qovpoj z= n-jin , Aepxero5= ) JftsJi^ j],^, Eïpcofxos = Dyn ^. Je répète qu'il faut hésiter à regarder toutes ces particularités comme appartenant réellement au phénicien. Ainsi la grande inscription d'Oumm-el-Awamid , qui n'est peut-être pas fort antérieure à l'ère chrétienne, est en hébreu parfaitement pur. Le nom du dieu Beelsamin s'y lit cDS^-'pya*. Une inscription bilingue récemment trouvée à Athènes, et qui est de cent ou deux cents ans avant J. C. offre, au contraire, quelques traces des particularités qui constituent le néo-punique ^.
3° Arabismes. Emploi du verbe | y = ^J^, comme verbe substantifs On a cru, mais à tort, reconnaître l'article ba sur une monnaie de Tarse et dans la composition de quelques mots "'.
4° Caractères propres à la langue phénicienne. E?N , forme du pronom relatif, reconnue d'abord par M. Quatremère; — emploi fréquent du participe pour les temps définis*; — d:'7î<= alo-
* Orelli, Sanchon. fragmenta , etc. p. 18. —Justin, HisL XYUI, ni, h.
* Michaelis, ad Castelli Les. syr. p. 975-976.
' Movers, art. Phônizien, dans Ersch et Gruber, p. 434-435.
* Journ. a«iat. août 1862.
* Ann. de VInst. arch. de Rome, l. XXXIII ( 1861 ), p. Sai et suiv.
* Munk, mém. cité, p. 484, âaô. — DeLuyaes, mém. cité, p. 80. — Frankel, dans la MonaUtchrift fur Gesch. und Wiu. des Judenthutm (Leipiig, déc. i856), p. 459, note.
' Gesenius, Monum. phœn. p. 283 , 336, 437. — Kopp, BMer und Schriften derVorzeit,\, 21Z 534.
' Dietrich, op. «t p. 1 1 a-i 1 3.
nm pour les dieux^. Ainsi que nous l'avons dit précédemment, il ne faut recourir qu'avec la plus grande sobriété à l'hypothèse de formes propres à la langue phénicienne. Quelques particularités d'orthographe et de prononciation peuvent seules être constatées avec certitude. En général les Phéniciens prononçaient l'a des Hébreux comme o, Vé comme i, ïo comme ou^. Le trait essentiel de l'orthographe phénicienne est l'absence complète des lettres quiescentes, même dans les cas où elles semblent le plus fortement réclamées par les lois grammaticales des langues de la même famille. C'est là un caractère de haute antiquité, et qui assure à l'écriture phénicienne la priorité sur toutes les autres écritures sémitiques; en effet, plus on se rapproche des temps modernes, plus on voit les lettres quiescentes se multiplier, surtout dans le samaritain et les dialectes du Liban, avec lesquels le phénicien offre d'ailleurs tant d'analogie. On a supposé que le y jouait en phénicien le rôle de voyelle ; il est certain qu'il en était ainsi dans le dialecte carthaginois^. Aussi voyons-nous les Grecs, lorsqu'ils adoptent l'alphabet phénicien, faire de cette lettre la voyelle o. En samaritain et en mendaïte, le y semble aussi parfois devenir quiescent*.
L'âge des monuments phéniciens qui nous sont parvenus est fort douteux. La plupart des inscriptions connues jusqu'à ces dernières années appartenaient à l'époque des Séleucides et à
'■ Premier vers du V acte du Pœnultu. — ItucripUon d'Eschmunatar, 1. 9 et 22.
* Movers, art. Phon. p. U^h et suiv.
^ Gesenius, Monum. phœn. p. i3i. — Judas, Etude démonstrative, p. 928, etc. Voir les inscriplions rapportées par M. l'abbé Bourgade , Toison d'or de la langue phén. p. 36 et suiv. et surtout rinscription biliugue, p. U2 ; a' édit. — Cf. Ëwald, dans les Go'tt. gel. Anz. i852, p. 1721-1722.
* Uhlemaan, Instit. lingue samarit. p. 4 , 64 et suiv.