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celle des Romains. Beaucoup de monnaies portant des légendes phéniciennes sont de l'époque persane ^ L'inscription bilingue du Pirée semble contemporaine d'Alexandre. L'inscription de Sidon nous fait, ce semble, remonter à une plus haute antiquité. Je pense , avec M. le duc de Luynes , qu'il faut la placer au vi' siècle avant notre ère ; le style rappelle exactement celui des auteurs hébreux qui ont écrit peu avant l'exil. Cependant le roi Tabnith ressemble fort au roi Tennès, contemporain d'Artaxercès Ochus, et peut-être M. Levy est-il dans le vrai en rapportant notre inscription à l'an 336 ou à peu près^. Quant à l'inscription de Marseille, sa date est tout à fait incertaine. Ce long tarif, écrit sur une pierre de Provence, comme une loi officiellement promulguée, avec les noms des siiffètes, ferait supposer, au premier coup d'oeil, que les Phéniciens étaient souverains du pays quand il fut écrit. Il faudrait, dès lors, en reculer la date au delà du VI* siècle , époque de l'arrivée des Grecs sur le littoral de la Gaule. Telle est, en effet, l'opinion de M. l'abbé Barges et de M. Boudard. M. Movers^, M. Munk* et M. Ewald ^ au contraire, pensent que le texte a été gravé sous la domination grecque ; mais ils diffèrent en ce que le premier suppose que les suffètes nommés sur la pierre sont ceux de Carthage, et que l'inscription de Marseille représente un décret émané de l'autorité carthaginoise, tandis que M. Munk et M. Evvald croient que le décret émane du comptoir phénicien ou carthaginois de Marseille , auquel les Grecs pouvaient très-bien laisser son
' De Luynes , Numismat. des satrapies et de la Phénicxe sous les rois aéhœmétàdes, Paris, 18/16. — Gesenius, Monum. ■phœn, p. SSg.
* Levy, Phôn. Studien, I, p. /io et suiv.
' Dos Opferwesen der Karthager, Commentar zur Opfertafel von Marseille; Breslau, 18/17.
* Joum. asiat. novembre-décembre 18/17, p. SaS, 53o.
' Jahrbiicher der biblischen Wissenschaft , t. I, p. 217 et siiiv. 18/19.
administration propre et ses suffètes (juges) ^ Des formes telle» que Bed-esmoiin , analogue à Bodastor, portaient en tout cas vers l'hypothèse d'une origine carthaginoise plutôt que phénicienne. Cette hypothèse est devenue une certitude depuis que M. Davis a découvert à Carthage un exemplaire d'un tarif tout semblable^. / L'influence grecque, si profonde et si continue sur les côtes /de la Phénicie sous les Séleucides et les Romains, amena peu à peu , au moins dans les villes , l'extinction de la langue indigène^. Il paraît cependant que, même à l'époque romaine, on écrivait en phénicien pur; on trouve des médailles avec des inscriptions phéniciennes jusqu'à l'époque des Antonins*. Le fait qui s'était passé en Palestine se passa d'ailleurs en Phénicie, quoique plus tardivement. La langue finit par s'assimiler à i'araméen. Un siècle avant l'ère chrétienne, Méléagre de Gadare, né dans le pays, distingue très-nettement le phénicien du syriaque ^, tandis qu'au v* siècle Cyrille et ïhéodoret identifient expressément l'un et l'autre *". Lucien semble encore attribuer de son temps une existence individuelle au phénicien ^.
^ Telle parait être aussi l'opinion de M. de Saulcy, Mém. de l'Acad. des itucr. et bellet-lettres , t. XVII, i"part. p. 819.
* Carthage and her remains , p. 278, 296 et suiv. — Conf. Judas, Sur un tarif de taxe», etc. Paris, 1861. — Bïau,dans\a Zeitschriftderd, m. G. 1862, p. 638 et suiv.
' Conf. Movers,dans VEncycl. d'Ersch et Gruber,art. Phmizien, p. A33etsuiv.
* Gesenius, Monum. Phœn. p. 389.
Brunck, Analecta vet. poet. I, p. 37.
ÀÀA' e/ ftèv Supos êaai, SeAo'f*' et S' oZv au je ^oïvt^, ACSovis' ei S' EXXr]v , Xaîpe* to J' «wtô Çpâaov. Sur la formeAv(îo>;/s, comparez Pœnu/u«,act. Y, se. 11, v. 5. Cf. Kenrick, Phœnicia (Londres, i855), p. i83.
* Ô<jpor}vol xai 'S.vpot xxl EvÇipaTijaioi xac <bo'tvixtt r^ ^Cpa>v yi^pûvtcu (^uvrj. ( Theodorelus , Quœst. 19 in Judices.) T^ yï.ûiaaT) t»j •^(xva.vitiSi , tovt' éalt irj ILxipasv, iJTOt 7^ xanà rriv llaXaiaT ivriv fxiâi yàp Xalovai y'k'jjaar} ^oivixes xvi lla- )aialivol. (Cyrillus, In Isaiam; 0pp. t. IV, p. 393.)
' Passoge cité ci-dessus, p. 170, noies.