LIVRE II, CHAPITRE II
leur sortie de ce pays. Il est remarquable, du reste, que la plupart des mots ainsi adoptés sont transcrits de façon à montrer que l'auteur israélite leur prêtait une étymologie hébraïque et voulait leur assigner un sens dans sa propre langue, conformément à une habitude très-commune chez les peuples étrangers à la philologie ^
En revanche, on cite quelques mots empruntés par le copte aux langues sémitiques : !iS2>.JW.0'Tf A = Vd: = xdfjLtjXos ; nOOJEp = im, aigle; ESO'^X = V^^K, cerp; XOJW- = D^, la mer; Philœ ou Elephantine ■= V"'?, nom sémitique de l'éléphant; sans parler des mots, tels que Xi.z>t = D";p, etc. par lesquels on prétend prouver l'affinité primitive du copte et des langues sémitiques. Le nom de mesure /^tuâ, dont l'origine sémitique n'est pas douteuse, se trouvait aussi en Egypte'. Le nom diocuTts ou avourts, enfin, pourrait bien être identique à Wadi, et provenir ainsi des Sémites nomades qui habitaient le désert.
II. Les mots empruntés anciennement par les langues indoeuropéennes, et en particulier par le grec, aux langues sémitiques *, sont :
a. Des noms de végétaux et de substances, venus pour la plupart de l'Orient en Occident : 2Y>ii = iitraùmos ; Dè?3 = ^QX(7a.fjL0v\ i^^-Q zz= (pûxos; 'j^S :^ hvlla; yu = ^vaax)s\ C^an = ëSevos; nn)n ^ yaà£(ivD [galbanum); |Ô3 = xviuvov; ^SS = xvTrpos; "iDâ = xv-Trapiao-os ^ cupressus; riJi"? = Xt^osy Xiôxv&rros; \ûb = Xt}Sov, Xtj'Savov, )M$apov\ lÛ (forin« \
' Gesenias, Lekrgeb. der hebr. Spr. p. 5s i.
* Bœtticher, Wttrzelforschungen, p. 7.
* Lepsius, Einleitung zur Chronologie der /Egypter, p. 9 9 3.
* Gesemus^jGesch^dffr^^ t8, 1; Monum. phœn. p. 383-38à. — Movers, art. Phœnizim dans YEitcycl. d'Ersch et Gruber, p. 358,
araméenne îT^d) (xv^pa.^; "inJ = vhpov\ njp^ :^ xdwa, xâvvti xdvïi; canna; n^'''i'\> =■ xacrtr/a; |'lD3p = xtvvafxov, xtvvctfxa}- [Ji-ov; nDî?U^ = avxdixivos; |D = ixavva; |^*1^ =r aova-ov (mot peu ancien); 12^ = arixepa-, nets: = véTwirov; le verbe t<- 6ai^w(7<ju, dans Homère (^Odyss. XIII, 106), paraît venir de tî^?"! , par l'addition du redoublement t< ; n^p) = Îolo-ttis ; T^SD = a-o[7r(p£ipos ', ripia = (JLctpaySos, (XfxdpciySos , H^=hn ; T»P2^ = o-i^tTpfs (?) ; Cd'^D = fAaX^)7, m«Ma (?) ; b^ûyH = xap- TaXXo<r(?); >;^ = ptStîov (?); peut-être yinn = X-P^o-i^^; bna = (xéXvSSos ; 'jîûD = [jiéraXXov'^. Il semble que les expressions de métallurgie viennent des Phéniciens: adxxos, aaxxéw =. ppî ou 'p'p^. AppdËuv, arrhabo, i>p}\£x= Ji^iy est sans contredit un mot provenant du commerce phénicien. M. Bertheau ' , remarquant que la plupart des mots précités sont étrangers à la langue homérique, en conclut qu'ils n'ont été introduits en Grèce par les Phéniciens que vers le viif siècle avant J. G. Ljéty^molqgie notoirem^^ sémitique de qûërquesuns (Centre eux, tels que *Î''DD, np")3, prouve qu'il s'agit d'objets qui ont été dénommés pour la première fois par des Sémites.
' On remarquera que dans ces emprunts fort anciens les sons ou et 0 correspondent à Vu grec. De même dans les noms propres : T)^ = \CSoi; D''3l'7 = AlSves', •i'7 = \iSSct; ']^^ii = Àcro-yp/a; T12Î = Tvpos , etc. comme du grec au latin : vv^= nox ; oi = tu. (Voir mes Eclaircissements tirés des langues sémitiques sur quelques points de la langue grecque , p. 18-19.)
* M. Oppert propose également des étymologies sémitiques pour ^a.Xx6s ei ;^o(Au>|/; mais les hypothèses émises par le même philologue {Journal asiatique, février-mars, 1857, p. lig, 191-192; reproduites dans {'Expédition scientif. de Mésopot. ti II;cf. Joum. des 5o». juin 1869, p. 366-867) sur l'origine sémitique de (j.6Xu€Sos, àxeavosi ■ffXempov, me paraissent inadmissibles. M.ôXmQSos est identique kplumhum; ùxectvôs se rattache au groupe indo-européen «yrfr, augha, désignant les grandes masses d'eau. (Humboldt, Cosmos, II, p. 5o9-5o3. — Windischmann , Ursagen der arischen Vôlker, p. h etsuiv.)
' Zur Getch. der Isr. p. 5-6.