LIVRE II, CHAPITRE II
fications, dont la plupart étaient en germe dans la forme primitive. Distinguant plus nettement les voyelles et les con-/ sonnes, les Grecs et les Italiotes furent amenés à dégager pleinement la valeur de voyelles qui était en puissance dans les lettres aspirées de l'alphabet sémitique. Ce changement même, ils l'accomplirent peu à peu, et l'on ne saurait dire s'il n'avait pas déjà commencé à s'opérer chez les Sémites. La lettre hé joue souvent, dans l'orthographe sémitique, le rôle de la voyelle e. La lettre ayin, qui correspond à Yomicron de l'alphabet grec , devient quiescente dans le dialecte punique. Le^Je^à^ qui est l'^tojdes Grecs , reste longtemps une aspiration chez les Attiques, et garde toujours ce rôle chez les Italiotes. Le vav, qui devient de plus en plus voyelle chez les Sémites , se maintient comme aspiration chez les Ëoliens, et devient F chez legJLatans. Une foule d'autres analogies , qu'il serait trop long de développer ici, établiraient que les plus délicates nuances de l'alphabet dont nous nous servons aujourd'hui ont leur origine dans la manière dont les anciens Sémites comprirent la représentation graphique de la Foix.