SAMARITAIN
C'est au VI* siècle avant l'ère chrétienne que nous trouvons, dans le sein des langues sémitiques, la première révolution dont l'histoire ait le droit de s'occuper. L'araméen^ absorbe
* Le nom d^Aram est resté presque inconnu aux Grecs et aux Romains. Strabon, qui prenait ici ses renseignements dans le Syrien Posidonius , est ie seul écrivain ancien qui l'applique clairement aux Syriens (I, u , 34; XIII, it, 6; XYI, it, 37), L'identification, déjà proposée par Strabon, des Araméens avec les kpifiot d'Homère(n. B. 788) et d'Hésiode ( Théog. 3o4), etavec les Èpé(iëoi {Odyts. A, 84), est douteuse {Mém.de VAcad. des nuer. nouv. série, XVII, a'part. p. 19a, note). Le nom à'Aram, vers l'époque des Séleucides, fut remplacé, même en Orient, par celui de "Zvpin, lequel n'est qu'une forme écourtée d^kaavpii, mot vague, sous lequel les Grecs désignaient toute l'Asie antérieure. Le nom dî'Aram ne se perdit pourtant pas entièrement ; il continua de désigner, en Orient , ceux des Araméens qui n'adoptèrent pas le christianisme , tels que les Nabatéens et les habitants de Har-
toutes les langues sémitiques antérieures , l'arabe excepté , et devient, pour douze cents ans, l'organe principal de la pensée sémitique.
Cette prépondérance décisive de la langue araméenne vint de l'importance politique que prit à cette époque , en Orient , le bassin du Tigre et de l'Euphrate. Jusqu'au viii* siècle avant notre ère , tous les noms propres de la région de Damas et de Soba , lîî^inn , ]in , ]vm , ^^Tba , pDiaiD , mnia , pya , bam , |"»2") , sont purement hébreux. La conquête des Assyriens, vers 'jko (II Reg. XVI, 9; Is. viii, h; x, 9; xvii, 1 et suiv.), semble avoir eu sur la Syrie proprement dite un effet décisif: à partir de ce moment, nous la voyons inféodée aux grands empires de l'Aramée orientale [Is. ix, 1 1 ; II Reg. xxiv, a ; Jer. xxxv, 1 1 ) et suivant toutes leurs destinées.
Nous nous sommes expliqué ailleurs (p. 58 et suiv.) sur les races qui paraissent s'être croisées pour produire la civilisation assyrienne. Cette civilisation est pour nous le résultat du mélange des Cbamites ou Couschites avec les Sémites et les Ariens sur les bords du Tigre, comme la civilisation phénicienne est le résultat du mélange des Sémites et des Cbamites sur les côtes de la mer Rouge et de la Méditerranée. Il y a, en effet, dans ces deux civilisations, une foule de traits qui ne se laissent expliquer ni par le caractère sémitique ni par le caractère arien pris isolément. Nulle part nous ne voyons les Sémites arriver d'eux-mêmes à un développement d'art, de commerce, de vie politique. Le paganisme sémitique, qui a
ran. C'est ainsi que le mot JLa^9) est devenu, pour ies lexicographes syriens, synonyme àe païen. (Conf. Quatremère, Mémoire $ur les Nabatéetu, p. 70 et suiv. — Larsow, De dialectorum lingnœ syriacœ reltquiis, p. 9 et suiv. — Knobel, Die Vœlkertafel der Genesis, p. 299, 280. — Chwolsohn, Die Ssabier und der Stabiimus, I, p. 439-/1/48).