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LIVRE III, CHAPITRE I

tiques de l'ancien araméen. M. Béer a soutenu que ces curieux textes sont d'origine juive et que la langue y est mêlée d'hébreu ^ L'inscription de Carpentras, relative au culte d'Osiris; celle du vase rapporté du Sérapéum par M. Mariette , qui constate une offrande adressée à Sérapis^; un autre monument du même genre provenant d'un prêtre d'Osiris*; enfin un papyrus impliquant le culte de Phtah et d'Osiris*, rendent ce sentiment difficile à défendre ^ ; mais , en tout cas , il est impossible d'attribuer à ces monuments une haute antiquité. Lanci et Gesenius rapportent celui de Carpentras au temps des derniers Ptolémées^; quant à l'inscription que nous devons à M. Mariette , bien qu'elle ait été trouvée parmi des monuments du temps de Darius, on ne peut rien conjecturer sur sa date; car il ne paraît pas que le vase sur lequel elle est écrite ait été primitivement destiné à la recevoir. On doit avouer, d'ailleurs, que pour des inscriptions d'époque ou de provenance incertaines, écrites dans des idiome^, imparfaitement connus , la distinction

' Conf. E. F. F. Béer, Itucripùone» etpapyri veteret temitici, quotquot in jEgypto reperti sunt, editi et mediti, recentiti et ad originem hebrœo-judaicam relati, parlicula I; Lipsise, i833.

* Je l'ai démontré dans ie Journal asiatique, avril-mai i856. M. Ewald s'est depuis rangé au même sentiment {Jahrb. pour i856, p. i36, et Gœtt. gel.'Anz. 1857, p. 33o). M. Lévy est arrivé à la même lecture sans avoir connu mon mémoire {Zeitschrift der d. m. G. 1857, p. 65 etsuiv.).

' F. Lenormant, Compte» renda» de l'Acad. de» vucript. 1 1 octobre 1861.

* Barges , Papyrus égypto-araméen , appart. au Musée du Louvre ( Paris ,1869).

* On possède, en grec, des prqscynèmes adresses par des Juifs à une divinité égyptienne, avec quelques réserves destinées à satisfaire aux scrupules du monothéisme. (Letronne, Recueil des inscriptions grecques et latines de l'Egypte, t. II, p. 3 5 3 et suiv.) Mais, dans les inscriptions araméennes, il n'y a aucune réserve de ce genre.

' Lanci , Ossei-v. sul bassorilievofenico-egizio che si conserva a Carpentrasso ; Roma , 1895. — Gesenius, Monumenta phœnicia, p. 67 et suiv. 996 et suiv. — Cf. Barthélémy, Mém. de l'Acad. des insci-ipt. et belles-lettres, t. XXXII, p. 737 et suiv.

rigoureuse des dialectes est impossible , surtout dans une famille où les traits secondaires sont aussi flottants que dans le groupe sémitique. S'il est un dialecte qui offre une analogie réelle avec le style des monuments susdits, c'est le samaritain. La plus authentiquement araméenne des inscriptions jusqu'ici connues est celle qui se lit sur un talent de bronze trouvé à Abydos^; la langue de cette inscription est tout à fait celle du fragment d'Esdras. Une monnaie que l'on possède d'Abd-Hadad est aussi certainement un monument syrien^.

C'est donc aux Juifs que nous devons tout ce qu'il est possible de savoir sur l'ancien idiome araméen. Sans renoncer à l'hébreu comme langue savante, les Juifs, dès l'époque de la captivité, composèrent en araméen des ouvrages importants, même sur des sujets sacrés'. Déjà les livres hébreux écrits avant l'exil nous offrent deux très-courts fragments en cette langue : 1° dans la Genèse (xxxi, /iy) , le nom de iy'?3, rendu en araméen par Nnnn^ ")3'', traduction qu*il faudrait se garder de faire remonter jusqu'à l'âge patriarcal , et qui n'a de valeur que pour l'époque de la dernière rédaction du Pentateuque , c'està-dire pour le viii' siècle au plus tard; q° dans Jérémie (x , 11), un verset qui nous représenterait l'état de l'araméen vers l'an 600 ; mais la présence de ce verset araméen au milieu d'un ouvrage hébreu, sans que rien l'annonce ou l'exige, est si singulière, qu'on est tenté de croire que le targum a été par inadvertance substitué au texte pour ce verset*. La forme xpK , pourKy")N, qu'on y trouve, est propre aux targums. Le dernier

' M. de Vogué, dans la Revue archéol. janvier 1862. — Levy, Gesch. derjûd. Mûnzen, p. i53. — Geiger, Zeitsch-ift fur Wiss. und Leben, 1869, p. ap/i et suiv.

' De Luynes, Numismat. des Satrapies, p. 89. — Levy, dans ie Zeitschrift, 1 858 , p. 310. — Waddinglon, Mélanges de numismat. p. 90 et suiv.

^ Ewald, Gesch. des V. Isr. III, 3' part, p, 3o5.

* La disposition des manuscrits oui '•anferment ie texte hébreu et le targum

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