CHAPITRE II
L'ARAMAÏSME PAÏEN (^NABATÉEN, SABIE?i),
Nous avons déjà fait okserver qu'on v.e possède aucun monument d'une littérature araméenne proprement dite; tous les textes écrits en araméen avant l'ère chrétienne appartiennent aux Juifs. Le développement désigné spécialement comme syriaque, et dont nous aurons bientôt à nous occuper, n'est araméen que par la langue; pour le fond, il est purement hellénique et chrétien. Ne resterait-il pas cependant quelque trace d'une culture vraiment araméenne ? Les notions que nous possédons sur les Nahatéens et les Sabiens\ les livres de la secte encore existante de nos jours sous le nom de Nasoréens, Sahiens, ou Mendaites, ne recéleraient-ils pas quelque souvenir d'une langue et d'une littérature indigènes de la Mésopotamie et de l'Irak? C'est ce que nous allons examiner en profitant des savantes recherches de MM. Quatremère, Larsow, Kunik,Chwolsohn sur ce point délicat des études sémitiques.
Le nom des Nahatéens ne prend une grande importance que
^ Je me servirai toujours de celte forme pour rendre le nom des Q^/oLa de l'Irak , afin d'éviter toute confusion avec les Sabéens ( N3 y , NIlD , \j^ ) de l'Arabie méridionale et de l'Ethiopie. Celte confusion, consacrée par les noms de sahéisme et de religion sahcenne, a produit bien des méprises. ( Voy. le savant ouvrage de M. Chwolsohn, Die Ssahier und dei- Ssahismus; Saint-Pélerbourg, i856.)