LIVRE III, CHAPITRE II. 2/i
la lune; de petits poèmes, en forme d'épigrauime, sur des sujets de fantaisie ^ M. Chwolsohn affirme avoir trouvé, dans les fragments qui nous ont été conservés de ces divers écrits, des spéculations de philosophie et d'histoire naturelle d'une grande élévation, et une législation politique et sociale fort remarquable. 11 y est question de bibliothèques : toutes les branches de littérature religieuse et profane, histoire, biographie, etc. y apparaissent comme fort développées^.
L'époque de la composition de ce curieux ouvrage donne lieu aux divergences les plus singulières. Dans les parties que M. Quatremère examina, ce savant orientaliste ne rencontra aucune citation d'auteur grec , aucun nom de villes grecques , telles que Séleucie, Ctésiphon, etc. aucun trait relatif au christianisme; il y trouva, au contraire, de nombreuses mentions de Ninive et de Babylone comme encore existantes, des allusions aux plus anciennes religions de l'Orient. M. Quatremère en conclut la haute antiquité de l'ouvrage, et osa même le rapporter aux époques florissantes de l'ancienne monarchie assyrienne, à l'époque de Nabuchodonosor^. Gela peut paraître étrange; mais ce qui le paraîtra bien davantage, c'est que M. Chwolsohn suppose à l'ouvrage dont nous parlons une antiquité plus haute encore*. J'ai exposé ailleurs mon avis sur
* Quatremère, op. cit. p. 108 et suiv. (Conf. Ibn Abi-Oceibia, Hitt. de» médecin», c. I, traduit par M. San{juinelti , dans \& Journal asiatique, mars-avril i854, p. 263.)
* Veber die Véberrette der altbabylonischen Literatur in arabischen Uebertelzungen (Saint-Pétersbourg, iSSg).
' Op. cit. p. 109-110.
* Op. cit. Cf. Die Ssabier, I, 705 et suiv. II, 910-911, et dans la Zeitschrift derd.m. G. (1867), p. 583 et suiv. — Ewald, Jaftrft. pour i8û6,p. i53, 290- 291. La supposition de M. Paul de Lagarde, d'après laquelle V Agriculture nabatéenne serait une traduction des Géoponiques grecques est tout à fait erronée. (De Geop.vert.tyr.Bcrïin, i855,p. 18, 19, 2/1.)
ce pointa La place qu'occupent dans V Afp'icuUure nahatéenneXeh patriarches bibliques , qui ne furent à la mode en Orient que dans les siècles quiprécèdent immédiatement l'ère chrétienne , et plusieurs traits qui rappellent l'époque syncrétique de Bérose et de Sanchoniathon , constituent, à mes yeux, une objection décisive contre l'opinion de M. Ghwolsohn. Il est vrai que le rôle attribué à ces patriarches , Adam , Noé ou Hénok , Seth , est fort différent de celui qu'ils jouent dans la Bible; mais la même singularité se remarque dans V Histoire phénicienne de Sanchoniathon , oii il est difficile de méconnaître une influence des traditions juives, bien que l'auteur n'eût certainement pas lu la Bible. J'admets seulement volontiers que Y Agriculture nabatéenne a eu pour noyau un livre de l'ancienne Babylonie.
Au premier coup d'œil, c'est un phénomène tout à fait extraordinaire qu'une littérature scientifique et industrielle se développant à une époque aussi reculée. Les Sémites purs et les Ariens auraient cru profaner l'écriture en l'appliquant à ces sortes de sujets. Avant l'école d'Alexandrie , aucune branchpjde la race arienne n'a eu d'ouvrâge&' techniques ^^î^si^otéftiiéSidâns le genre de ceux d'Hésiode , ni même les oUJ^ragfeS'^èÉfsiatttiéMaies écoles de philosophie ne méritent ce nomy^<q)iaîitiàtt^'S<édiheb, si l'on excepte les Carthaginois et peut-êt^êle^'Pli^nÙiieriBi'^ui sortent à tant d'égards du type sémitique, ils ne sont arrivés à ce genre de littérature que vers le viii'isiède de, notre. ère.,: jusque-là il ne paraît pas que ces peuples aient envisagé Fé^ criture comme pouvant servir à autre cHose'qu'à la religion, à la poésie, à la philosophie, à l'histoire. Le$jÇ|iyîoi^ii|iiJ,NCon-
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ï Màn. de l'Acad. des inicr. t. XXIV, i" part. M.^i-EeCkit^clmiid ^t«rÂ\'fîà des résultats analogues. {Z.derd. m. G. 1860, p. xéi 8tliv.'^Vbit*iausW'<fe'«fi>i<(ts articles anonymes dans le Times (3i janv. i%&i) et^éimUfÛ^^thfii^JièWnàMurature, avril 186a. i . v^» ' .niXvA .-v^s .vr^'i .'.i^!.