LIVRE III, CHAPITRE II
progression croissante de folie, La doctrine de la HktItj 2o(p/a deValeutin nous apparaît, dans Irénée et dans Origène, comme assez grave; au contraire, la rédaction copte qui nous est restée de cet ouvrage est tellement chargée de rêveries, qu'on a peine à croire qu'un homme sensé ait jamais pu la prendre au sérieux.
J'en ai dit assez , ce me semhle , pour prouver que la Chaldée, avant l'islamisme, posséda une culture indigène, et qu'en dehors des ouvrages chaldéens composés par les Juifs, et de la littérature chrétienne de la Syrie, il a existé une vaste littérature araméenne profane et païenne , qui a presque entièrement disparu. C'est là un côté du développement sémitique qui a été beaucoup trop négligé, sans doute à cause de la manière incomplète dont nous le connaissons. Je pense, pour ma part, qu'il est possible, dans l'état actuel delà science, de tracer les traits essentiels d'une histoire intellectuelle de Babylone. A défaut de monuments indigènes, le Talmud, la cabale, le gnosticisme , le mendaïsme, les écrivains grecs, arabes, arméniens, syriens fourniraient de précieuses lumières. Une foule de données de provenance inconnue qui circulent parmi les Arabes viennent de là. La cabale est une application de la philosophie babylonienne au judaïsme, comme les doctrines de l'école juive d'Alexandrie sont une application des idées grecques au judaïsme : avec elle, nous sommes à l'égard de la philosophie de Babylone à peu près dans la même position que si, pour restaurer l'hellénisme, nous étions réduits aux ouvrages de Philon le Juif. La publication de V Agriculture nabatéenne, et celle des différents ouvrages arabes relatifs à l'histoire des sciences, des religions, des sectes philosophiques, ouvriront sur le même sujet des horizons nouveaux.