SI
Autant îa partie profane de la littérature araméenne nous est parvenue d'une manière obscure et fragmentaire, autant la partie chrétienne de cette littérature nous est connue avec détail et par des monuments authentiques. On donne le nom de syriaque à l'araméen ecclésiastique, cultivé dans les écoles d'Edesse et de Nisibe , et qui est resté jusqu'à nos jours la langue sacrée de quelques chrétientés d'Orient. Ce développement, un des mieux connus du sémitisme, est, il faut l'avouer, un des moins intéressants pour les études sémitiques elles-mêmes. C'est au point de vue des études grecques et chrétiennes que le syriaque présente une importance capitale. Presque tous les docteurs de l'église grecque , hérétiques ou orthodoxes , ayant été traduits en syriaque , et les Syriens , de leur côté , ayant pris la part la plus active aux controverses de la théologie grecque, une foule de textes intéressants pour l'histoire des premiers siècles du christianisme ont été rendus à la critique par les manuscrits syriaques , surtout depuis la découverte et le transport au Musée britannique de la bibliothèque de Sancta-Maria- Deipara. La littérature grecque profane peut même avoir beaucoup à glaner dans cette précieuse collection^; mais, ce qu'il
* Voir le Journal asiatique, avril iSSa , p. 298 et suiv.