LIVRE I, CHAPITRE I. IT
divisent euï-mêmes en d'autres dialectes. Chez les Sémites, au contraire, la famille se divise immédiatement en dialectes qui ne diffèrent pas plus l'un de l'autre que dans l'intérieur de la famille indo-européenne les variétés d'un groupe donné, du groupe germanique par exemple (teutonique, néerlandais, Scandinave). La civilisation sémitique de même n'a qu'un seul tj'pe, et ne tarde jamais à rencontrer sa limite : on a remarqué avec raison que la domination arabe a exactement le même caractère dans les pays les plus éloignés où elle a été portée, en Afrique, en Sicile, en Espagne. L'infini, la diversité, le germe du développement et du progrès semblent refusés aux peuples dont nous avons à parler.
En toute chose, on le voit, la race sémitique nous apparaît comme une race incomplète par sa simplicité même. Elle est, si j ose le dire, à la famille indo-européenne ce que la grisaille est à la peinture, ce que le plain-chant est à la musique moderne; elle manque de cette variété, de cette largeur, de cette surabondance de vie qui est la condition de la perfectibilité. Semblables à ces natures peu fécondes qui, après une gracieuse enfance, n'arrivent qu'à une médiocre virilité, les nations sémitiques ont eu leur complet épanouissement à leur premier âge, et n'ont plus de rôle à leur âge mûr. L'Arabie, il est vrai, conserve encore toute son originalité, et mène sa vie propre, de nos jours, à peu près comme au temps d'Ismaël; mais cette énergie de la vie nomade ne saurait être d'aucun emploi dans l'œuvre de la civilisation moderne ; elle n'aboutira sans doute qu'à créer un dernier boulevard à l'islamisme, qui finira ainsi par où il a commencé , par n'être plus que la religion des Arabes n selon l'idée de Mahomet.
13 HISTOIRE DES LANGUEs'sÏmITIQUES.