LIVRE m, CHAPITRE III
imitée d'abord de celle des Grecs , est , chez les derniers écrivains que nous venons de nommer, modelée sur celle des Arabes.
S IV
La langue syriaque, bien que remarquable par son homogénéité , présentait néanmoins , dans sa forme vulgaire , quelques différences locales. La trace de ces variétés, qui tenaient surtout à la prononciation des voyelles, est difficile à saisir dans le style écrit; elle ne se retrouve guère que chez les glossateurs Bar-Ali et Bar-BahluP, qui, cherchant à imiter les lexicographes grecs et en particulier Hesychius , se bornent presqtie à citer des expressions dialectiques. En classant les particularités obtenues parle dépouillement de ces deux auteurs, M. Larsow est arrivé à reconnaître l'existence de trois dialectes principaux : dialecte araméen, c'est-à-dire nabatéen ou chaldéen '( JLio f ) JLliÉ^) ; dialecte protnncuï/ ou rustique ( )L 9 1 1 JUjÈ^) ; dialecte des hauts pays ou des montagnes, probablement du Dailem (^^^^f JLLi^); sans parler de variétés particulières aux villes d'Edesse, de Mossoul, d'Antioche, et à la province de Beth-Garmai.
Barhebraeus, dans son Histoire des Dynasties et dans les Scolies de sa grammaire métrique ^, classe un peu différemment les dialectes syriaques; il en reconnaît trois : i° le dialecte araméen (iiA^Ujill)', le plus élégant de tous, parlé par les habitants
» Voir sur ce sujet la savante dissertatioa de M. Larsow, De dialectorutn Ungua tyriacœ reUquiù; Berlin, i84i.
* Hitt. dyn. p. 16-17 (édit. Pococke). — Assem. Bibl. orient, l, 476. — Ber- Iheau, ad Barhebraei GrammaU syr. métro ephrcemeo, p. 91-93. — Nœldeke, Ueber die Mundart der Mandœer, p. 77-78.
* Celte dénomination est en contradiction avec celle de JLa^9( , par laquelle Bar-Bablul et Bar-Ali désignent le chaldéen } mais il faut se rappeler que le nom
itlh HISTOIRE DES LANGUES SEMITIQUES.
d'Edesse, de Harran et de ia Mésopotamie; 2° le dialecte />«- /esf/mWi (iCAi^kM^Àil), parlé dans ia Syrie proprement dite, à Damas, dans le Liban; 3° le dialecte chaldéo-nabatéen (AjûltXAiTl ^SskAÂJl), le plus corrompu, parlé dans les régions montugneuses de l'Assyrie et dans les bourgs de l'Irak.
Cette divergence n'a rien qui doive surprendre ; il est évident qu'au milieu des nombreux patois locaux de l'Aramée il n'y avait que deux variétés bien caractérisées : je veux dire le syriaque occidental, ou syriaque proprement dit, et le syriaque oriental, ou chaldéen. Barhebraeus, dans le texte de sa grammaire métrique \ ne distingue que ces deux dialectes : d'une part, «le syriaque proprement dit, ou dialecte d'Edesse»: jLot9o2 JL^9CLC0 ootf Juj;.^ ^^ )JL>v>ov>; de l'autre, le dialecte « des Orientaux, descendants antiques des Chaldéens » :
JL»N.O? JL^«J9 jLid jLl*j«.^ ^9 IoMâo.1. On peut dire que les dialectes araméens, le mondaïte excepté, ne dif-, fèrent réellement entre eux que par la prononciation. La particularité la plus essentielle du syriaque proprement dit, l'emploi du noun comme préformante de la troisième personne du futur, est de peu de conséquence, et ne se rattache à aucune analogie vraiment étendue. Les différences dans le système des voyelles sont encore moins importantes : elles tiennent à certaines habitudes d'organe et à la diversité des moyens employés pour la notation des sons vocaux. En somme, le chaldéen et le syriaque ne s'éloignent pas plus l'un de l'autre que le dorien de l'éolien, et Michaëlis a pu dire, sans trop d'exagération, que les chapitres chaldéens du Livre de Daniel pacte jLœ9 i désignait aussi le« Harraniens. ( Voy. Chwoisolin , Die Ssabier, I , i Gy, 3i5,/i39, /i/i3.)
' Giamm. syr. métro ephrœmeo, p. 3-4 (édil. Berlheau). -■.