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LIVRE III, CHAPITRE IV

hébraïques sous Barchochébas^, les monnaies juives présentent, en quelque sorte, le tableau des luttes de la Palestine pour son indépendance. Après la catastrophe qui mit fin à l'existence de la synagogue de Jérusalem , l'antipathie des Juifs d'Orient pour l'hellénisme devint de plus en plus déclarée^. L'anathème fut prononcé contre celui (pii enseignerait à son fils les lettres grecques (n"»:i"' nD2n)'. Cette étude ne fut permise qu'aux femmes, en guise de parure*, et il ne resta d'autre trace de l'influence grecque et romaine en Judée qu'un certain nombre de mots grecs et latins engagés dans la langue de la Mischna et du Talmud ^.

Il est remarquable, du reste, que les mots introduits dans les langues orientales par l'effet de la conquête grecque sont transcrits, non suivant la prononciation de la langue classique, mais suivant les analogies du dialecte macédonien, qui se rapprochait, comme on sait, des patois grossiers de la Béotie et de l'Eolide^; ainsi l'y y est toujours rendu par ou : i^^JÈpiD = avfxÇicûvia {Dan. m, 5, i5); •.COOJO^JJD == xivSvvos, comme ^-ouyctTrip, xovves, en éolien et en béotien. La

' DeSauIcy, Reeh.tur la numismatique judaïque (Vans, i85/i),p. il 5, i5i, i56, etc. Zeittchi-ift der d. m. G. (1857), p. i55-i56.

* Cf. Ernesti, De Judœorum odio advenus literas grœcas; Lipsiae, 1768, in-i'. ' Voir la curieuse fable rapportée à ce sujet dans le Talmud, Baba Kama, 8 a ,

9; Sota, Itg, 3; Menachoth, 6li, a.

* nV îD^tTDH N'ins; •':2D n^iv ira nx idV? dix'? nmo- (Talmud de

Jérusalem, Peah, 3, 1.)

* Conf. Geiger, Lehrbuch zur Spraehe der Miseknah, p. i& et suiv. — Dnkes, Die Spraehe der Mischnah, p. 5, 9. — Landau, Geixt und Spraehe der HebravTy p. 7 1 et suiv.

* Voir, pour plus de développements, mes Eelaireissements tirés des langues sémitiques sur quelques points de la prononciation grecque (Paris, 18^9), p. 19, 96 et suiv. et G. Seyffart , De pronuntiatione vocaUum grœcarum veteribus Sertptttri» SacrtB interpretibus usitata, particula prima; Lipsiae, sine anno. ■'■•

diphthongue ot est de même rendue par ou : clL-»M = kpiavot. Or on sait que les Béotiens changeaient régulièrement oi en y, et que cet y, ils le prononçaient ou; en sorte qu'ils disaient xakô pour xaXot, xaXî/jpour xaXo7s^. Les mêmes particularités se remarquent dans les mots grecs empruntés par le copte-; ce n'est qu'à une époque plus moderne que la prononciation complètement iotaciste l'emporta dans les transcriptions de i'Orient ^.

t' L'Euphrate peut être considéré comme la limite approximative des progrès de la langue grecque en Orient. En Mésopotamie, en Arménie, en Perse même, les études helléni ques furent souvent florissantes; mais, si l'on excepte les villes fondées par les Séleucides, jamais la langue grecque n'arriva, Idans ces contrées, à l'importance qu'elle obtint dans la région /plus rapprochée de la Méditerranée. Tandis que les inscriptions î grecques abondent dans la Syrie en deçà de l'Euphrate , à peine ' le recueil de MM. Bœckh et Franz* en fournit-il deux ou trois,

' Apollonius, De pronomine, p. 96, 12a, etc. (edid. Bekker); Kuval. Olxovôfios, Uepi Tvs yvi\alae ■Bpo(^opâs rîis éXXrivixris yXûtTans, Tf/. j3, x£<p. j3, 8 <• (Sainl-Pélersbourg, i83o.)

* Voy. Quatremère, Journal des Savants, juillet 18/19, p. io7-4o8.

' De bonne heure cependant on y voit poindre les tendances qui ont triomplié dans la formation du grec moderne. Ainsi la terminaison tov est presque toujours rendue par jn ; ^IîÛjDD == ^aXTi\ptov {Dan. m, 7), ^'^llHiD =■ avvéêptov, ^JJilX^ = ^aXxeïov, etc. comme paSSiov devient paSSi et, dans des transcriptions latines du moyen âge, rahdin. (Ms. d'Avranches, n° a5io, ad calcem.)

* Cwpus Inscript, grœc. vol. III, p. 377. Il est remarquable pourtant que plurieurs fleuves de Mésopotamie et d'Assyrie portent un double nom, grec et syriaque : ^*? ou Daïsan = 'S.xipros (Assem. Bibl. or. I, p. 119, 4i2, note);

Zab = Lycus; Zabate = Caprus. (Voy. ci-dessus, p. 70.) Ces deux derniers noms paraissent associés dans le mot KAnPOZABAAAIÎiN d'une inscription de Trêves (E. Leblant, Inscript, chrét. de la Gaule, I, p. 82/1 ). La région du Zab fournissait à l'empire une foule de gens exerçant les petits métiers (Syrus), et dont

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