‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 164 sur 281 · LIVRE III, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IV

sur la ressemblance de deux mois grecs une des preuves de sa mission ^

Quant à l'influence de la langue latine, elle fut toujours presque nulle chez les peuples sémitiques. C'est un fait général que la conquête romaine ne put détruire l'usage de la langue grecque dans aucun des pays oii elle le trouva établi. Tandis que, du côté de l'Occident, le latin s'étendait sans obstacle jusqu'au fond de la Bretagne, il ne réussit pas à franchir la ligne des colonies grecques du midi de l'Italie. En Orient, de même, la langue grecque avait de trop profondes racines pour qu'elle pût être expulsée par l'influence d'un pouvoir dont le centre était si éloi jné. Aussi le latin , réduit à un usage purement officiel ^, n'introduisit-il dans les diverses langues sémitiques qu'un petit nombre de mots techniques '. II est remarquable que les mots relatifs au gouvernement et à l'administration romaine ont passé en svriaque dans leur traduction grecque : »û>qJK^oJ^? = àv6v^na^os = proconsul; \\^Oic>y =: rmeipa. ■=. colwrs, jUQ:^a^ot= vysfjLcSv ^= prœses, etc.* Les mots qui sont empruntés plus réellement au latin le

• Conf. d'Herbelol , Bibl. orient, au mol Faraclitha. — Reinaud , Monum. arabe$ , turcs et persans du cabinet du duc de Blacas, l. II, p. 78.

• Valère Maxime , II , 11 , a . — Saint Aug. De eivit. Dei, la , 7. — Conf. Cramer, De itudiis tfuœ veteres ad aUarum gentium eontulerint linguas, p. 8 et suiv. Le fait d'un palimpseste latin-syriaque découvert au Muséie britannique est .sin^ilier (K. A. F. PerU, Gai Grani Lieiniani Annalium qtue supersunt, Berlin, iSSj).

^ Le passage du Midrasch Tehillim, «il y a trois langues, le latin pour la Rgoerre, le grec pour Tusage ordinaire, l'hébreu pour la prière,» a trop peu de précision pour qu'on puisse en tirer de conséquence rigoureuse. Divers passages de Josèphe {De bello jud. V, u, a; VI, 11, 1 ; VI, ti, a) prouvent que le latin était fort peu compris en Palestine au 1" siècle de notre ère. D'autres passages {Antiq. XIV, 1,2; XIV, xii, 5) établissent seulement que les décrets des lîomains concernant la Judée étaient rédigés en grec et en lalin.

• Conf. Quatremère, dans le Journal des Savants, juiil. 18&9, p. hoS.

sont au moins dans une forme grecque : jJL^iâ = <Ppa.yéXkiov =jlagellum; yO-is^^ = Xeyéuv = legio, etc.^ Les noms propres latins sont de même transcrits dans leur forme grecque :

ainsi, Gains = Tdïos = ^jsqq^\^J Clemens ■= KXtj(J^vs = . fvs^Nf^X. f> Quelques mots pourtant semblent pris directe-

ment du latm; amsi, quœstionarius = (♦ tt>Kt^e>. cnald.

')J"'DD1p ; ji^o = veïum; j\iaJ<i =z centenarium^; mais alors la forme est, en général, très-altérée , et souvent même elle a traversé, sans qu'on s'en doute, le grec byzantin : ^cdJLiouiJ = âvvcova, etc.^. Les inscriptions latines ne sont pas rares en Syrie; mais toutes sont administratives ou viennent des colonies romaines établies en Orient. Orose , et peut-être quelques auteurs d'agronomie \ sont les seuls écrivains latins qui aient été traduits dans les langues sémitiques , et encore ces traductions ont-elles été faites en Espagne. L'existence même de Rome est comme un mythe pour les Orientaux, et son nom (jRoM/n) désigne pour eux le monde byzantin.

' Il en est de même dans la Mischna. ( Voy. Geiger, Lehrhuch zur Spr. der Miscknah, p. 32.)

* Conf. Wiseman, Horœ syr. a* part. S 5 , note. — Jahn, Elem. aram. Unguœ, Si8,iT.

2 Hoffmann, Giam. syr. p. aa.

* De Sacy, Relation de l'Egypte par Abdallalif, p. igô, 5oo. — Wenrich, De auct. grœc. vers. syr. arab. etc. p. 92 et suiv. Il est douteux que l'ouvrage allribué par lis Arubcs à Paul Orose fût authentique.

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