LIVRE IV, CHAPITRE II
lectes arabes, dans les noms de tribus miD^K, umrh (jCwiaJi ), cDiV"? (ro^iJl, les kxXvfjuxtôjTai de Ptolémée)\ peut-être n'Jiba [Gen. XXV, 4), qui figurent parmi les plus anciens souvenirs de géographie des Hébreux, et dans le nom de divinité AXx- XoT, conservé par Hérodote ^. Cette même forme d'article se retrouve, comme arabisme, dans quelques mots hébreux : D'.pVx = («yi^i, c?"'33'7î< = cr^', et même dans quelques noms araméens ou nabatéens : e?p'?K, patrie du prophète Nahum, = (jiyi^J, ville près de Mossoul; el-keroa (^jy^), nom vulgaire que saint Jérôme donne comme l'équivalent syriaque et phénicien de l'hébreu î"l"'p''p*; HX;(,a<Ta/ = ^-»^, nom d'un hérésiarque nabatéen des premiers siècles.
Les noms propres arabes de l'époque grecque et romaine fournissent des preuves bien plus décisives encore. Les inscriptions grecques de la province à^Arabie proprement dite (l'Auranitide) renferment un grand nombre de noms qui offrent les idiotismes arabes les plus caractérisés, par exemple l'emploi fréquent des diminutifs en oai, qu'on ne trouve pas dans les autres dialectes sémitiques^ : il suffit de citer Ovaivos = Honeyn, XôXat^os :=: Koîeyb^, lafiXt^os = landik, MoafiéSrjs =
* Conf. Joum. asiat. août i838, p. 917-218. Rapprochez encore le nom des îles kXaXaiov ( Arriani Peripl. mar. Erytkr. p. 3 , éd. Hudson) ; les kXthuot (Aga- Iharchidis Peripl. p. 60 , edid. Hudson. — Diod. Sic III, &5);ÀA;^ai^afju>$,nom d'unscheikharabe (Slrab.p.64i,edid. Mûller). — L'assimilation du {ams'est faite dans les noms des kaaaSoi et des Ao-o-a;i^aA?rai (^j.^L«j|, habitant du rivage) de Ptolémée et de Marcien d'Héraclée (Miller, Suppl. aux petit» géogr. p. ià6).
> Hérodot Hist. III, 8.
' Gesenius, Lehrgeb. der hebr. Spr. p. 198; Lex. num. à ces mots.
* Cf. Niebuhr, Description de l'Arabie, i" part. chap. xxv, art. 3. — Winer, Bill. Realwœrt. au mot Wunderbaum.
' BuUetin archéol. français , sept 1806. — Zeitschri/t der d. m. G. 1861, p. 437 et suiv. — Wetzstein, Reisebericht uber Hauran, p. 75 et suiv.
* Ce nom se retrouve comme celui d'un scheikh arabe dans le Périple prétendu d'Arrien (C. Millier, Geogr. gr. min. I, p. i'jk).
34â HISTOIRE DES LANGUES SÉMITIQUES.
Mohammed, OctiOekos =: Wàthil, etc. Il en faut dire autant du nom d'Àp^ra? (e^jU*.), qu'on retrouve dès l'époque des Macchabées (II Macch. V, 8; II Ccr. xi, Sa), et qu'on voit porté par plusieurs rois de Pétra, ainsi que le nom à'ÈXvfxaç ((A^), que prenait le magicien Barjesu [Act. xiii, 8)^ Plusieurs des expressions données par leTalmud comme arabes se rapportent également à l'arabe koreischite ; quelques-unes cependant semblent appartenir à l'himyarite ou à l'éthiopien 2.
Les singulières inscriptions qui se lisent sur les rochers de certaines vallées du Sinaï, et dont le déchiffrement est assez avancé, grâce aux recherches que MM. Béer, Credner, Tuch^ Levy'S Blau^, ont apporté des lumières inespérées au problème des origines de la langue arabe. Il résulte du beau travail de M. Tuch que la langue de ces inscriptions n'est pas l'araméen (comme le supposait M. Béer, qui les rapportait aux Nabatéens de Pétra), mais bien un dialecte arabe, légèrement infléchi vers l'araméen. Les mécanismes les plus essentiels de l'arabe se retrouvent dans la langue de ces inscriptions : ainsi les voyelles finales, qui formaient jusqu'ici un trait si exclusivement propre à l'idiome littéral qu'on avait été tenté d'y voir une invention des grammairiens, y sont notées par (Jes quies-
' Rapprochez aussi le nom des Bavt^oftevels (Beni.l) dans Diod. Sic. III, 44.
' Delitzsch, Jesurun, p. 77-79, note.
' E. F. F. Béer, Inscriptiones veteres liUei-is et litigua hucusque incognilis ad montem Sinaîmagno numéro sei'vatw. Fascic. I; Lipsifc, i84o. — Credner, dans les Heideîb. Jahrbûcher (i8i i), p. 908 et suiv. — F. Tuch, dans la Zeitschrift der d. m. Gesellschaft, t. III (1849), p. 129 et suiv. — Bunsen, Outlines, I, 281 et suiv. — M. Lepsius {Denkmœler aus yEgypten und Mthiopien. Inscript, feuilles 1 4ai), M. Lottin de Laval [Voyage dans la péninsule arabique du Sinaï, planches) et le père Porphyrius {L'Orient chrétien, en russe, Saint-Pétersbourg, 1857) ont publié un grand nombre de nouvelles inscriptions.
* Dans la Zeitschrift der d. m. G, 1860, p. 363 et suiv.
* Ibid. 1862, p. 33 1 et suiv.