‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 184 sur 281 · LIVRE IV, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE II

centes, mais omises à l'état construit : nn = *5^— !?>, WMi = yfji, nhVk uin = 4Ml (jiji, ■•n'jN D^n = aM! jJ^j, etc. M. Tuch fait observer avec raison que la même particularité se remarque dans le nom propre arabe npi ou iî:u3, conservé dans le Livre de Néhémie (vi, i, 6). Plusieurs de ces inscriptions sont d'origine chrétienne^; toutes remontent aux premiers siècles de notre ère. Cosmas Indicopleustès , qui les vit en 535, les représente comme écrites en caractères inconnus.

L'étude des inscriptions de Pétra et d'une certaine classe de celles du Hauran^ mène exactement au même résultat que l'examen des inscriptions sinaïtiques. Le caractère de toutes ces inscriptions est à peu près le même. M. Blau a démontré que la langue des inscriptions de Pétra est l'arabe, et que les Nabatéens de cette ville, que M. Quatremère regardait comme d'origine araméenne ', sont en réalité une population arabe *. Les noms nabatéens yLaki^as^, ApeTas, ZâSSriXos

* F. Lenonnanl, /©«m. o«a(. janvier, février-mars iSSg et août-scpt. i86i. Les inscriptions grecques qui sont mêlées aux inscriptions sémitiques (Bœckli, n* 4668-/1669; Lollin de Laval et Lepsius, loc. cit.) renferment des noms juifs et chrétiens {Moïse, Samuel, Aaron , Zacharie, Cosmos, etc.), à côté de noms arabes ^Aftëpos, \âXSas, etc.) identiques à ceux des inscriptions sémitiques, et dont quelques-uns sont certainement païens, tels que TapfiaXêdX. On trouve une fois la forme plurielle Carmalbalin {Zeitschrift der d. m. G. 1860, p. liû-j).

* Cf. Welzstein, Reisebericht , p. 66 et suiv. Quant aux insciiptions d'apparence himyarilique qu'on trouve au Ilauran, il faut attendre la publication des beaux résultats de MM. Waddinyton et de Vogué. Cf. Zeitschrift der d. m. Geseli 1861, p. 437 et suiv,

' Mém. sur les Nabat. p. 8i-8a. — G. Rilter, Erdkunde, XII , p. 1 1 1 et suiv.

* Zeitschrift der d. m. G. i855, p. 280 et suiv. Cf. ibid. p. 737-789, et 1 858 , p. 708 et suiv.

* Périple attribué à Arricn (C. Mûller, Geogr. gr. min. I, p. 97a ). Hirtins (De hello Alex. c. i) et Dion Cass'us {Hitt. rom. xltiii, lii\ xux, 3a) donnent a ce nom la forme Malchtu.

(>Jt <y^j), sont arabes : le dernier se retrouve dans les inscriptions du Hauran (Bœckh, n° /i/i83). Enfin la numismatique de la région de Sinuï et de la Mesène a jeté des lumières décisives sur la page de l'histoire du sémitisme qui nous occupe en ce moment ^ Toute cette préface du développement arabe, sur laquelle les auteurs arabes se taisent, toute cette grandeconquête arabe du Hauran , de la Cœlésyrie , de la région palestinienne et sinaïtique aux premiers siècles de notre ère , s'éclaire , par les monuments, d'un jour tout nouveau. L'idiome des monnaies nabatéennes peut paraître, il est vrai, de l'hébreu; mais la langue numismatique est trop peu variée , et les langues sémitiques sont trop ressemblantes entre elles pour qu'on puisse tirer de là aucune conséquence. Les monnaies et les noms propres de la Mésène , de Palmyre et d'Edesse, présentent la même physionomie; un trait caractéristique des monnaies de Pétra et d'Edesse, c'est la finale ou comme désignation du nominatifs. L'arabe se distingue de tous les autres dialectes sémitiques par une délicatesse , une richesse de mots et de procédés grammaticaux qui causent la plus grande surprise à ceux qui passent de l'hébreu et du syriaque à l'étude de l'idiome littéral. Les philologues arabes ont imaginé, pour expliquer cette richesse, une hypothèse peu acceptable assurément d'après les principes de la philologie moderne, mais qui, cependant, mérite d'être prise en considération pour la part de vérité qu'elle renferme. La langue arabe, s'il fallait en croire Soyouthi', serait le résultat

* De Luynes, dans la Revue numismatique , imWel-août et sept.-oct. i858. — Levy, dans la Zeitschrift der d. m. G. 1860 , p. 363 et suiv. — Langlois, Numismatique des Arabes avant l'islamisme , Paris, iSSg.

* Langlois, op. cit. p. 12 et suiv. p. 199 et suiv.

' «Jlf ic J y>^t c>Ui=»,ch. ix{suppl. arab.n' i3i6»,t. I,p. ii6v*, 117). Voici ie passage entier de Soyouthi, que nous donnons comme un curieux

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