‹ Histoire générale et système comparé des langues SémitiquesChapitre 188 sur 281 · LIVRE IV, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE II

ce caractère, en tant qu'alpliabet arabe. J'admets volontiers, avec M. François Lenormant ^, que l'écriture neskhi dérive du caractère sinaïtique et que l'écriture arabe a deux origines, l'une syrienne (le couûque sorti de l'estranghelo), l'autre sinaïtique, si l'on peut s'exprimer ainsi. En tout cas, il est devenu impossible d'admettre, comme on le croyait autrefois, que le coufique soit une réforme du neskbi ou le neskbi une dégradation du coufique. Ce sont là deux alphabets indépendants par leur origine , bien que parents à un degré plus éloigné dans l'ensemble de la famille sémitique.

Il faut reconnaître aussi qu'avant l'emprunt fait à Moramer plusieurs alphabets étrangers étaient usités dans l'Hedjaz. L'Arabie, à cette époque, oifrait le spectacle singulier d'un pays où toute la culture intellectuelle était entre les mains d'étrangers. Les Juifs, les Syriens, les Himyarites, les Abyssins, y écrivaient dans leur langue et dans leur alphabet : l'exemple de Grégentius , évêque de Zhafar, prouve même que le grec était usité en Arabie. Quelques Arabes éclairés s'instruisaient auprès de ces étrangers, et appliquaient à la langue indigène les divers alphabets qu'ils voyaient pratiquer autour d'eux ; mais ces applications n'avaient aucune régularité : les Arabes eux-mêmes l'ont reconnu, et unanimement ils ont fait remonter l'origine de leur alphabet propre à l'école d'Anbara. Je ne citerai pour le prouver qu'un seul passage d'un poëte kindien , dont j'emprunte la traduction à M. Fresnel :

Ne méconnaissez pas le service que vous a rendu Bisclir ' ; car il fut pour vous un bon conseiller, un génie lumineux.

Ce fut lui qui vous apporta le caractère djazm, à l'aide duquel vous pouvez retenir ce qui était confusément éparpillé,

' hum. asiat. janv. iSSg, p. 53 et suiv.

* Le Kindien qui apprit à écrire de Moramer*

Constater ce qui était perdu dans le vague , ressaisir ce qui vous écha[>pait et vous en assurer la possession.

Depuis lors, vous faites aller et venir les kalâms, et vous avez des écrits dig-nes d'être opposés à ceux de Chosroès et de César';

Et vous pouvez vous passer du Musnad de Himyar et de ce que les kalâins himyarites alignaient sur des feuillets.

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